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Les méthodes de production de l'analyse conjoncturelle

Améliorer les méthodes de suivi des résultats conjoncturels et la façon dont on communique sur ce sujet pour diffuser l'information la plus complète et de la manière la plus transparente est un objectif essentiel pour la Sécurité Routière.

De l'analyse des « week-ends de circulation intense » … Traditionnellement, les résultats conjoncturels étaient présentés mensuellement sur la base d'une exploitation du fichier accident.

Compte tenu des délais pour obtenir ces données détaillées (deux à trois mois), un système de remontées rapides limité aux nombres d'accidents, de tués et de blessés (les ATB) est mis en place pour un certain nombre de week-ends de circulation intense (24 week-ends soient 85 jours en 2000).

Or ces chiffres ne sont pas très significatifs : si on compare les résultats de ces week-ends aux autres jours de l'année, on s'aperçoit qu'ils n'ont rien de vraiment exceptionnel.

Par ailleurs, la méthode consistant à comparer un week-end au même week-end des années précédentes n'est pas correcte car elle ne tient pas compte de la météo, du trafic et des effets calendaires qui jouent un rôle très important sur l'accidentologie. De plus, les résultats sur un week-end sont très aléatoires : la comparaison des week-ends conduit à des évolutions fortes d'une année sur l'autre (entre -30 % et + 10 % par exemple), sans lien avec une évolution réelle des comportements.

…au calcul de « l'équivalent-annuel »

Il était donc nécessaire de renouveler les méthodes d'analyse conjoncturelle. Cet effort a porté sur trois points :
-  la généralisation du système de remontées rapides,
-  le calcul de l'effet météo particulier du mois,
-  la prise en compte de l'effet de saisonnalité.

L'ensemble de ces informations est synthétisé sous la forme d'un équivalent-annuel permettant de comparer directement chaque mois aux mois précédents.

a) s'agissant des remontées rapides, en dehors des week-ends de circulation intense, celles qui étaient disponibles, ne concernaient que la gendarmerie et en conséquence étaient partielles et surtout très typées (rase campagne et autoroutes de liaison). La généralisation progressive du système de remontées rapides de la gendarmerie nationale aux services de la police nationale a permis de porter le taux d'échantillonnage pour le nombre de tués de 72,6 % avec les seules données du SAGAC à 97,1 %, la différence avec 100 % résultant pour l'essentiel de la différence entre les tués sur le coup et les tués à six jours ;

b) l'effet météo  : les données mensuelles du fichier accident étaient livrées brutes sans tenir compte des conditions météo. Le graphique suivant montre l'importance de l'effet météo qui atténue les variations d'un mois sur l'autre :

c) la saisonnalité : les données mensuelles sont affectées par un fort coefficient de saisonnalité comme le montre le graphique suivant :

Les mois d'hiver traditionnellement faiblement accidentogènes, sont suivis d'une lente progression au cours du printemps avec un maximum pendant les trois mois d'été et une lente décrue à l'automne. Cette saisonnalité ne permet pas de comparer directement un mois au mois précédent.

La prise en compte de ces trois éléments (remontées rapides , effet météo et saisonnalité) permet le calcul d'un indicateur mensuel qui se définit comme un « équivalent annuel » qui a une valeur intrinsèque et que l'on peut comparer directement au mois précédent comme on le verra dans le paragraphe suivant.

La mise en place de ces outils a permis de faire évoluer la communication des résultats au cours de l'année 2000.

Progressivement, les communications sur les week-ends de circulation intense ont diminué pour être remplacées par la communication régulière et rapide dès le 10 de chaque mois des résultats mensuels.

et son application à l'analyse conjoncturelle de l'année 2000

L'application de cette méthodologie à l'année 2000 permet de comparer les résultats de chaque mois à un objectif annuel comme dans le graphique suivant qui compare les résultats CVS à la moyenne de 1999 et à un objectif de 7 500 tués.

On voit par exemple que si mars 2000 n'enregistre aucune progression par rapport à mars 1999 ce qui n'est pas a priori satisfaisant, la méthode de l'équivalent annuel permet de voir que ces deux mois étaient des mois plutôt bons se situant à un niveau de 7 500 tués par an.

Globalement le graphique plus haut permet de comprendre que l'année 2000 a été marquée par deux périodes bien distinctes :

-  les 4 premiers mois (janvier à avril) : quasi-stabilité (voire même légère augmentation) de tous les indicateurs se traduisant par une tendance CVS à 8 202 tués, au dessus de la moyenne de 1999 ;
-  les 8 mois suivants (mai à décembre) : forte diminution du nombre de décès avec une tendance CVS à 7 044 en moyenne, nettement en dessous de la moyenne 1999 et un mois d'août exceptionnel se traduisant par une tendance CVS à 6 120 tués ;
-  On voit également que l'année 2000 est beaucoup moins régulière que l'année 1999.

L'analyse sur une longue période (janvier 1994-octobre 2000 ) L'examen de la tendance sur la période janvier 1994 - octobre 2000 permet de décomposer cette période en deux parties :

1 ) la première allant de janvier 1994 à janvier 1999 correspond à une période de stagnation du nombre des tués autour d'un niveau annuel d'environ 8 200 tués par an.

2 ) la seconde allant de janvier 1999 à octobre 2000 correspond à une période de baisse du nombre des tués. En effet ceux-ci passent progressivement du niveau initial de 8 200 morts par an au niveau final de 7 000 morts par an environ.

L'analyse du trafic sur l'ensemble du réseau national montre qu'il a pratiquement cessé de croître en 2000, suite à l'augmentation du prix des carburants qui est intervenue début 2000, ce qui explique une partie de la baisse du nombre des tués.

Le modèle GIBOULEE d'analyse conjoncturelle

Le SETRA exploite le modèle GIBOULEE qu'il a élaboré avec l'aide du SES (DAEI) et de l'INRETS. La série « c.v.s » est corrigée des variations saisonnières c'est à dire de :

-  1) la saisonnalité régulière qui est la prise en compte des effets des caractéristiques propres aux différents mois de l'année et se répétant de façon régulière d'une année sur l'autre.
-  2) des effets météorologiques calculés à partir d'une base de données météo (source Météo - France).
-  3) des effets du calendrier (jour de la semaine, week-end, fêtes, etc...). Ces effets intègrent les variations ponctuelles du trafic (par exemple le fait qu'il y ait davantage de trafic pendant les jours de fête que pendant les week-end ordinaires). _ La série c.v.s. est donc telle que tous les mois sont comparables entre eux.

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