Le bilan de l’année 2007 réalisé
par l’Observatoire national interministériel
de la sécurité routière consacre un chapitre
à la situation dans les pays européens. Il nous
permet de comprendre les évolutions de l’accidentologie
au fil des années et du développement des États
membres de l’Union. Et de voir le chemin qu’il
reste à parcourir. Les statistiques officielles disponibles
s’arrêtant à l’année 2006,
elles ne prennent pas en compte la Roumanie et la Bulgarie,
entrés dans l’Union européenne le 1er
janvier 2007. Établies sur 25 pays membres [1]
donc, elles ont enregistré cette année-là
1,270 million d’accidents corporels et 39 435 décès.
Malgré ces chiffres impressionnants, la tendance est
à la baisse (- 4,8 % de tués entre 2005 et 2004,
- 4,6 % entre 2006 et 2005). Mais cette tendance est fragile
comme le montrent les résultats provisoires 2007 (-
0,2 % par rapport à 2006). Et les trois quarts de ces
améliorations sont dus aux efforts de quatre pays seulement
: la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal…
alors que la mortalité augmente sur les routes d’autres
pays, membres récents de l’Union européenne.
Des évolutions divergentes
Ces mouvements contraires ne doivent pas surprendre, comme
le montrent les travaux de l’Institut de recherche en
sécurité routière des Pays-Bas (SWOW).
Ils suivent une évolution logique du développement
des États. Dans les pays les plus riches, où
l’essor de l’automobile est déjà
ancien, la circulation est dense et les villes fortement encombrées.
De ce fait, des politiques de transports en commun et de sécurité
routière y ont été développées
: elles ont influé sur les comportements et entraîné
des baisses des accidents de la route.Pour ce groupe de pays,
le ratio « tués par million d’habitants
» est un peu inférieur à 80. Dans les
pays plus pauvres, si le taux de tués par million d’habitants
est très bas (moins de 30), c’est que la motorisation
est encore faible et que les déplacements, peu nombreux,
se font surtout en transports collectifs. C’est dans
les pays qui sortent de la pauvreté que la situation
est la plus mauvaise. La forte hausse de la circulation, conjuguée
à des infrastructures souvent médiocres et à
des usagers peu sensibilisés au problème de
l’insécurité routière, fait grimper
l’indicateur « tués par million d’habitants
» au-delà de 200 ! Précisons que celui
de la France est à 76,5, quand celui de la Lituanie
s’envole à 223,2 et celui de la Lettonie à
177 [2]
! Il est à craindre que ces derniers connaissent la
même évolution que d’autres, comme la Hongrie,
le Portugal ou la Pologne qui ont vécu un semblable
« pic » de mortalité routière autour
de 1990 avant de redescendre progressivement vers des ratios
plus faibles. Le groupe des pays riches est loin d’offrir
un tableau homogène : les pays nordiques présentent
un taux de tués plus faible que celui des pays latins.
Les Pays- Bas sont à 44,4, la Suède à
48,6 et le Royaume-Uni à 54,1, alors que l’Italie,
elle, affiche 96,2, l’Espagne 92 et la Grèce
148,3 ! Le comportement des habitants d’Europe du Nord
serait plus « citoyen » que celui des habitants
d’Europe du Sud. Mais si l’on compte le nombre
de tués par milliard de kilomètres parcourus,
les derniers de la « classe » européenne
sont la Tchéquie et la Grèce.
- Un nouveau commissaire
européen en charge des transports
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Le 16 juin 2008, Antonio
Tajani a été nommé vice-président
de la Commission européenne en charge des Transports,
succédant à Jacques Barrot. C’est devant
le Parlement européen, à Strasbourg, que le
nouveau commissaire des Transports a énoncé
ses priorités d’actions. « Malgré
des progrès substantiels, on déplore encore
en 2007 quelque 43 000 tués sur la route, a affirmé
Antonio Tajani. Des efforts supplémentaires doivent
être consentis pour atteindre notre objectif de réduction
de moitié du nombre des victimes de la route d’ici
à 2010. » Parmi les moyens envisagés :
l’information et la sensibilisation, en particulier
celle des jeunes, pour lutter contre l’alcool et les
drogues au volant, le renforcement de la sécurité
des infrastructures, mais aussi une harmonisation sur le plan
législatif. « Nous devons faciliter l’application
transfrontière des sanctions afin que certains contrevenants
ne puissent plus profiter du morcellement des systèmes
nationaux », a-t-il déclaré. La France,
qui a pris la présidence de l’Union européenne
depuis le 1er juillet 2008, en a fait une de ses priorités,
et mettra tout en œuvre pour parvenir à un consensus
fin 2008.
- PFUE : Deuxième
journée européenne de la sécurité
routière : pour des villes plus sûres
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Le 13 octobre 2008, se tiendra la 2e
Journée européenne de la sécurité
routière, organisée à Paris par la
Commission européenne. point d’orgue de cette
journée, le colloque qui se déroulera à
la défense sur le thème de «la sécurité
routière dans nos villes». présidée
par le Premier ministre français et le vice-président
de la Commission européenne en charge des transports,
ce colloque s’articulera autour de trois sessions :
quel état des lieux et quelle opinion des citoyens
? Comment mieux aménager les villes ? et enfin, comment
améliorer les comportements des usagers ? Coorganisée
avec le ministère de l’Écologie, de l’Énergie,
du développement durable et de l’aménagement
du territoire, cette rencontre s’inscrit dans le cadre
de la présidence française de l’union
européenne.
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