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L’État et les partenaires : une mobilisation à poursuivre

l’Éducation nationale est chargée de décliner le « continuum éducatif », qui doit être dispensé dès le plus jeune âge. Et de nombreux partenaires s’investissent pour compléter cette formation avec des opérations de sensibilisation.

photo : chaque année, les élèves de 3e passent l’attestation scolaire de sécurité routière, obligatoire pour se présenter à l’épreuve du permis de conduire.
La sécurité routière est aujourd’hui inscrite dans les programmes des différentes disciplines à l’école, suivant un « continuum éducatif » ponctué par l’APER à la fin de l’école primaire, et par les ASSR au collège (lire cet article), lesquelles sont obligatoires. « Si les tests sont passés et les validations accordées, la préparation de ces étapes est très inégale d’un établissement à l’autre », observe Georges Ascione, conseiller technique Éducation nationale auprès de la déléguée interministérielle à la Sécurité routière (DISR). Parmi les stratégies, il est possible de recourir aux partenariats. « Ceux-ci permettent, en complément des enseignements dispensés à l’école, de mettre sur pied de belles opérations de sensibilisation qui s’appuient sur l’adhésion des enseignants et non sur l’obligation », ajoute Georges Ascione.

« Permis piéton » et « Permis cycliste »
Exemple ? Le « permis piéton », mis en place en octobre 2006 par la Gendarmerie nationale, avec le concours de Generali Assurances. Chaque année, 750 000 enfants de 7 à 11 ans sont sensibilisés par les enseignants avec le concours des gendarmes à la circulation piétonne, ses règles, ses dangers, et au sens de la responsabilité individuelle. À l’issue de la formation, l’enfant reçoit, en présence des enseignants, parents, gendarmes, élus, un « permis piéton » lors d’une cérémonie à l’école, qui officialise son engagement à mettre en pratique ce qu’il a appris. dans la même optique, un « permis cycliste », associé à une opération baptisée « ensemble à vélo », va être lancé pendant la Semaine de la sécurité routière. Une opération montée par l’association Prévention MAIF avec le soutien de la DISR, du ministère de l’Éducation nationale et de la Gendarmerie nationale pour promouvoir la sécurité à vélo et les modes de déplacement doux. L’objectif est de transmettre chaque année à 800 000 élèves de CM2 les règles et les bons comportements pour une pratique responsable du vélo. Les enfants recevront leur « permis cycliste » à l’issue de la formation, lors d’une remise officielle avec les enseignants, les parents et tous les acteurs de cette formation. Puis enfants et parents participeront à un pique-nique à vélo, organisé en juin. Chaque enfant devra, au préalable, obtenir l’engagement de cinq adultes de son entourage à limiter l’usage de la voiture pour leurs trajets courts, et à participer au pique-nique. Ces opérations prennent appui, pour les connaissances et les compétences, sur les parties pertinentes du référentiel APER.

l’Éducation au risque routier
Pour la tranche d’âge des collégiens, l’Éducation nationale a souhaité initier une démarche de prévention de la conduite à risques en introduisant l’usage du simulateur de conduite de deux-roues. Grâce à cet outil et à sa capacité à offrir des mises en situation réalistes, il est possible pour les jeunes de mieux s’approprier les règles. L’Éducation nationale a acquis 28 simulateurs de conduite en 2008, un pour chaque académie. Les établissements peuvent emprunter le simulateur auprès du CRDP (Centre régional de documentation pédagogique). Les référents académiques sécurité (lire ci-dessous) ont été formés à l’utilisation de cet outil et sont missionnés pour former à leur tour des relais dans leur académie. L’objectif est de permettre à chaque jeune de collège, mais aussi de lycée, lycée professionnel ou centre de formation d’apprentis (CFA), de se confronter aux risques encourus par un deux-roues, motorisé ou non, sur la voie publique, d’apprendre à les éviter et de développer son sens des responsabilités.

Objectif : un référent dans tous les établissements
Des progrès à amplifier pour consolider une véritable culture sécurité routière dans les lycées, les lycées professionnels, les CFA : c’est un des objectifs du comité interministériel de sécurité routière (CISR) du 13 février 2008, qui a décidé de généraliser à ces établissements la désignation de personnels «référents sécurité routière». L’Éducation nationale a, en effet, tissé un réseau de correspondants académiques sécurité. Un correspondant est nommé dans chaque académie. Son action est appuyée et relayée par un correspondant au niveau départemental. enfin, chaque établissement est fortement incité à désigner un référent. Tous ces acteurs ont pour mission de se rapprocher des pôles d’animation et des chargés de mission du réseau de la Sécurité routière pour bâtir avec eux un plan d’action. en jetant un pont entre l’Éducation nationale et la Sécurité routière, ces correspondants et référents jouent donc un rôle majeur.

Gros plan sur les apprentis
Agir dans les CFA est une priorité, car il s’agit d’une population cible. C’est pourquoi, en 2006, la Sécurité routière a signé une convention avec l’Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM), qui pilote un réseau de 75 CFA. L’année suivante, l’APCM a mis en place un concours intitulé « Apprenti : apprends la route comme ton métier », en partenariat avec la dISR et MAAF Assurances. Ce titre illustre bien la volonté des partenaires de lutter contre le risque routier professionnel dès la formation initiale des jeunes. Tous les CFA du réseau sont invités à réaliser un projet sur la sécurité routière sur un support laissé au libre choix des jeunes : Bd, blog, affiche, clip vidéo… Pour l’année 2007- 2008, une vingtaine de productions ont été réalisées. Le premier prix – des billets pour participer au Grand Prix de Formule 1 en juin 2008, ainsi qu’un chèque de 3 000 euros – est revenu à l’école des métiers du Lot.

Mobiliser parents et collectivités
Si les initiatives en milieu scolaire se multiplient, elles peuvent encore se développer en associant davantage certains acteurs, comme les collectivités locales. « Il faut aussi impliquer les parents. Si des opérations comme le “vélobus” ou le “pédibus” fonctionnent, c’est grâce à l’action des parents », indique Georges Ascione. en 2007, la Sécurité routière a signé une convention avec la PEEP, une fédération de parents d’élèves, pour inciter ceux-ci à être acteurs de la sécurité routière, à proposer des actions au PDASR et au comité d’éducation à la sécurité et à la citoyenneté (CESC) qui existe dans chaque établissement… des conventions similaires avec deux autres fédérations, l’Unapel et la FCPE, sont en préparation.

> Pour en savoir plus : www.permis-pieton.com

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  • Réformer le permis de conduire : une priorité

« Je souhaite qu’une véritable réforme soit engagée pour que les jeunes puissent passer leur permis à des frais et dans des délais raisonnables », a déclaré le président de la République le 24 juillet dernier, lors d’un déplacement à Batz-sur-mer (Loire-atlantique). et de poursuivre : « C’est pour moi une priorité. Si j’en juge la mortalité des jeunes, ce parcours du combattant n’est pas garant de la sécurité. » La mise en œuvre d’une réforme du permis de conduire a été demandée par Nicolas Sarkozy lors du Conseil restreint de sécurité routière du 21 décembre 2007. Trois objectifs ont été fixés : améliorer la sécurité routière, faciliter l’accès des jeunes à la conduite et améliorer la qualité du service.


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