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Trop jeune pour mourir

L’accidentalité routière des jeunes générations reste un fléau qu’il faut combattre et une des priorités de la Sécurité routière en 2008. en fixant l’objectif de passer sous la barre des 3 000 morts sur les routes d’ici à 2012, le Président de la République a également fixé comme autre objectif de diviser par trois le nombre de jeunes tués en France. c’est pourquoi les enfants et les jeunes sont au cœur de la 9e édition de la semaine de la sécurité routière, du 13 au 20 octobre prochain.


Photo :  les accidents d’enfants piétons se produisent plutôt sur le trajet domicile-école, et le plus souvent près du domicile.

Les chiffres restent toujours aussi préoccupants [1]. Pour la tranche d’âge 0-14 ans, les résultats du bilan de l’année 2007 affichent une augmentation de 25 % de tués. Cette catégorie est directement concernée par le risque piéton et les garçons victimes sont deux fois plus nombreux que les filles. Les 15-24 ans représentent, quant à eux, 13% de la population française, mais 27% des tués sur la route [2]. Période délicate de cet âge qui aime prendre des risques ? Indéniablement, comme l’ont souligné les chercheurs qui travaillent sur ce sujet depuis plusieurs années. Mais le manque d’expérience est également en cause et constitue un facteur de risques important, la conduite requérant un ensemble très divers de savoir-faire et savoir-être (cf. l’article sur la matrice GDE, Revue n°153).

Pourquoi un sur-risque chez les garçons ?
Photo : statistiques sur la mortalité des jeunesLe sur-risque masculin, une constante chez les enfants et les jeunes de 0 à 24 ans, a été au cœur d’un colloque organisé en mai, à Poitiers, par le pôle d’animation sécurité routière Poitou-Charentes-Limousin. Yves Gervais, psychosociologue et psychothérapeute pour adolescents au centre hospitalier de Poitiers, et chargé de mission sécurité routière (CMSR), a longuement réfléchi sur ce thème. « Chez les adolescents qui vont mal (ils représentent environ 10 %), les conduites à risques sont répétitives et prennent toujours le même objet, le risque routier, par exemple. Pour l’adolescent en souffrance, la pensée est difficile, voire douloureuse ; il se réfugie donc dans l’«agir» pour ne pas penser. Les filles vont retourner leur souffrance contre elles (troubles alimentaires, dépression, tentatives de suicide), alors que les garçons vont passer à l’acte en adoptant des conduites à risques extrêmes qui se répètent et que l’on peut qualifier de “conduites ordaliques”. Cette notion – qui fait référence aux ordalies du Moyen Âge, où le juge soumettait le prévenu à une épreuve potentiellement fatale dont l’issue était réputée être le jugement de Dieu – a été introduite par des psychologues il y a vingt-cinq ans. Chez ces jeunes, les « conduites ordaliques » relèvent d’une addiction aux conduites à risques, qui leur procure de la jouissance et un sentiment de toute puissance. La solution ? Un suivi de type psychothérapeutique. Mais pour cela, il faut pouvoir dépister ces jeunes de manière précoce.» Le Pr Marcelli, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Poitiers, a développé la notion de « jeune accidenté récidiviste». en travaillant avec les services d’urgences de Poitiers, il s’est rendu compte que près de 30 % des jeunes accidentés reviennent pour les mêmes raisons dans les dix-huit mois… «La meilleure des préventions serait, à mon sens, de former les équipes éducatives au repérage des garçons et des filles en souffrance, en partenariat avec les services hospitaliers de psychiatrie pour adolescents», commente Yves Gervais.

> Statistiques sur la mortalité des jeunes à télécharger ( 321 ko)

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  • Les habitudes festives des jeunes

Une récente étude, « Jeunes, sorties et conduite », réalisée pour l’association prévention routière et les assureurs de la FFSA, montre que la consommation d’alcool est omniprésente et élevée dans les soirées des 18-24 ans :
• près de 50 % des interviewés ont bu au moins trois verres d’alcool lors de leur dernière soirée.
• les jeunes fréquentent plusieurs endroits au cours d’une même soirée, ce qui multiplie les dangers de la route, d’autant que les distances parcourues sont souvent importantes : les trois quarts des soirées se déroulent dans deux lieux ou plus, et près d’une personne sur quatre a effectué plus de 50 km.

source : enquête « Jeunes, sorties et conduite », menée pour l’association prévention routière et les assureurs de la FFSA par téléphone auprès de 607 jeunes de 18 à 24 ans, août 2007.


[1] Tous les chiffres cités portent sur l’année 2006 et sont issus des « Grands Thèmes de la Sécurité routière », février 2008, à l’exception des chiffres de + 25 % de tués pour les 0-14 ans et de – 11,1 % pour les 15-17 ans, issus du bilan de l’année 2007.
[2] Lire le dossier de la Revue n°152, juin-juillet 2007.

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