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Les représentants de six pays européens –
Finlande, Norvège, Suède, Autriche, Allemagne,
Suisse –, ainsi que le Québec, ont présenté
tour à tour leur expérience à l’occasion
du séminaire européen organisé en partenariat
avec l’Inrets, l’Inserr et le Predit [1].
Tous, selon des méthodes qui reposent sur le concept
de la « matrice GDE extrait du rapport Gadget [voir
le numéro 153],», ont commencé à
appliquer cette démarche. De toute évidence,
la mise en œuvre n’est pas toujours simple. Elle
se heurte souvent à des problèmes d’organisation,
mais aussi de coûts, voire d’incompréhension
de l’opinion publique ou des politiques. Mais, là
où elle a démarré, elle donne déjà
des résultats positifs. En France, la réflexion
est actuellement en cours sur les modalités d’un
accompagnement du conducteur, juste après l’obtention
du permis. De ce point de vue, l’exemple des pays voisins
est précieux. Longtemps, on a cru que la conduite automobile
était un acte simple, facile, qui ne requérait
pas de grandes aptitudes. On sait aujourd’hui qu’il
n’en est rien. Comme l’a souligné Claude
Gilbert, qui préside le groupe no 3 du Predit sur les
nouvelles connaissances pour la sécurité, «
c’est un acte complexe, qui fait appel à de nombreux
sens et facultés intellectuelles ». C’est
tellement vrai, que malgré des heures d’apprentissage
avec des moniteurs, les conducteurs novices restent surexposés
au risque d’accident. Et cette surexposition des jeunes
n’a pas bougé depuis trente ans : « Il
faut repenser tout notre système de formation »,
a affirmé avec force Cécile Petit, déléguée
interministérielle à la Sécurité
routière. La plupart des pays industrialisés
sont arrivés aux mêmes conclusions et en ont
tiré les mêmes conséquences : pour lutter
contre l’accidentalité des jeunes sur la route,
il faut impérativement renforcer la formation des conducteurs.
Et surtout, l’envisager autrement que par la simple
acquisition d’habiletés manœuvrières
et des règles de circulation, mais aussi par l’évaluation
des comportements.
> Pour en savoir plus
www.inserr.org ou sabine.grancher
(at) inserr.org
Les actes du séminaire seront disponibles à
partir de juin 2008.
- Suède : les apprentis
s’entraînent sur circuit
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En France, l’entraînement sur circuit n’existe
pas dans le cadre de la formation pour l’accès
au permis de conduire B. les Suédois, eux, y ont recours
systématiquement : cela permet aux apprentis de se
familiariser à la conduite sur sol glacé –
une situation très courante dans leur pays. «
C’est même le seul apprentissage qui doit impérativement
être effectué par des professionnels de la conduite
», explique Niels-Petter Gregersen, de la Swedish National
road administration. Ce module obligatoire de trois heures
n’est pas une nouveauté dans la formation des
jeunes conducteurs suédois, mais son concept pédagogique
a évolué depuis peu : « Avant, les moniteurs
insistaient beaucoup trop sur la technique et le contrôle
du véhicule sur verglas. Aujourd’hui, leur stratégie
consiste plutôt à faire comprendre aux élèves
la difficulté à gérer ce type de situations
et à éviter de s’exposer à de tels
risques… » Pour y parvenir, le processus est aussi
simple qu’efficace : l’apprenti arrive sur le
circuit sans avoir reçu la moindre consigne ; le moniteur
le laisse alors choisir sa vitesse et son style de conduite.
lorsque les situations se présentent (plaques de verglas,
obstacles, virages), si sa conduite est inadaptée,
il s’aperçoit de ses erreurs et, peu à
peu, finit par adopter de luimême le comportement qui
convient.
> Pour en savoir plus : nils.petter.gregersen
(at) ntf.se
- Suisse : responsabiliser
les jeunes conducteurs
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Chez nos voisins helvètes, à l’initiative
du Bureau suisse de la prévention des accidents, la
formation s’est enrichie d’une nouvelle phase,
mise en œuvre par le gouvernement suisse depuis décembre
2005. Passées la formation initiale et la réussite
à l’examen (théorique et pratique), l’apprenti
est en effet titulaire d’un permis probatoire valable
trois ans. Pour que ce permis devienne définitif à
l’issue de ces trois années, non seulement il
ne doit commettre aucune infraction grave (sinon, il repart
de zéro), mais il est tenu de suivre deux journées
de formation complémentaire avec évaluations
à la clé. l’offre en matière de
formation en deux phases est régie par les lois du
marché (« libre concurrence ») : des organisateurs
privés fournissent cette prestation. la première
journée, conseillée dans les six mois suivant
le permis, est conçue pour lui permettre de reconnaître
les situations dangereuses. elle mêle des exercices
sur piste (distances de freinage et de sécurité,
vitesse, virages sur chaussée mouillée, etc.)
et des discussions avec un instructeur (effet des substances
psychoactives, etc.). la deuxième journée vise,
elle, à aiguiser la capacité d’autoévaluation
du jeune conducteur, à l’aider à améliorer
son sens de la circulation et à développer des
techniques d’une conduite respectueuse de l’environnement
et des autres usagers. avec deux autres jeunes, il est mis
cette fois en situation réelle de circulation. Chaque
participant doit évaluer les autres sur la base d’une
check-list remise par l’instructeur. la séance
terminée, ce dernier anime les discussions, suscite
commentaires et réflexions. « Et lorsque ce sont
des pairs qui font des remarques sur la conduite de l’un
ou de l’autre, cela a beaucoup plus d’impact que
si c’est l’instructeur », souligne Vincent
Moreno, responsable au service des automobiles du canton de
Genève. les autorités ne relancent pas les apprentis
: ceux qui « oublient » de suivre ces deux journées
de formation complémentaire perdent leur permis au
bout des trois années. « la responsabilisation
du conducteur commence par là ! »
> Pour en savoir plus : vincent.moreno
(at) etat.ge.ch
- Autriche : une évaluation
l’année du permis
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Pour lutter contre l’accidentalité
des jeunes autrichiens, un nouveau système de formation
a été mis en place depuis janvier 2003 : il
consiste à vérifier les compétences des
conducteurs dans l’année qui suit l’obtention
du permis B ou A. Cette évaluation se fait en plusieurs
étapes. la première dure deux heures : c’est
un débat en groupe, avec un instructeur, sur les risques
alcool, stupéfiants, vitesse, et autour du comportement
social sur la route, etc. la seconde comporte une formation
de six heures sur piste pour tester les distances de freinage
et de sécurité, virages, obstacles, etc. objectif
: démontrer qu’il est impossible de tout maîtriser,
et faire en sorte que les jeunes conducteurs perdent un peu
de cette surconfiance qui est source d’accidents. Cet
épisode de terrain est complété par une
nouvelle discussion de groupe de deux heures avec un psychologue,
où chacun tente de faire l’analyse de ses forces
et de ses faiblesses au volant. en 2006, le ministère
des Transports autrichien a décidé d’évaluer
cette mesure en termes d’accidents, d’attitudes
et d’acceptabilité chez les jeunes conducteurs.
S’il est encore un peu tôt pour avancer des résultats
définitifs, il est d’ores et déjà
acquis qu’une réduction importante des accidents
a été enregistrée sur le groupe concerné.
devant ces résultats positifs, l’autriche envisage
d’ailleurs d’appliquer le même dispositif
postpermis aux motocyclistes novices. une affaire à
suivre.
> Pour en savoir plus : michael.gatscha
(at) test-and-training.com
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