- L’« alcolock
», pour ne plus conjuguer alcool et conduite
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C’est
sur proposition de l’association la Prévention
routière que le procureur de la république,
Philippe Drouet, a décidé de mettre en place
cette expérience sur le parquet d’annecy. une
première expérimentation a été
menée entre avril 2004 et octobre 2005. aucune récidive
n’a été notée au-delà des
six mois. « À force de souffler tous les matins
dans un éthylotest avant de démarrer, les infractionnistes
finissent par associer “conduite et absence d’alcool”
dans leur esprit », indique Philippe drouet. le système
« alcolock
» est proposé aux personnes contrôlées
pour la première fois avec un taux d’alcool délictuel
compris entre 0,40 mg et 1 mg d’alcool par litre d’air
expiré (soit entre 0,8 g et 2 g d’alcool par
litre de sang). Cette mesure, basée sur le volontariat,
leur permet de ne pas comparaître devant le tribunal,
d’échapper à l’amende et de garder
leur permis… en contrepartie, les personnes doivent
financer le dispositif (1 260 euros) et suivre plusieurs journées
de sensibilisation aux dangers de l’alcool auprès
de la Prévention routière. Ce dispositif est
réservé aux personnes n’ayant pas commis
de délit connexe, ayant besoin de leur véhicule
pour leur emploi, et n’étant pas « alcoolo
dépendant ». le principe de fonctionnement :
la personne doit souffler dans l’éthylotest en
montant dans sa voiture. si son taux d’alcoolémie
est supérieur à 0,15 mg/l d’air (ou 0,3
g/l de sang), la voiture ne démarre pas. depuis avril
2006, cette expérience a été de nouveau
mise en place et étendue aux trois parquets de la Haute-savoie
(Annecy, Bonneville et Thonon-les-Bains). 114 conducteurs
y ont été soumis.
> Pour en savoir plus :
TGI, tél. : 04 50 10 17 00
Prévention routière de Haute-Savoie, tél.
: 04 50 51 19 87
- Entretien
avec Marc Désert, procureur de la république
au tribunal de grande instance de Grasse (Alpes maritimes)
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«
nous privilégions un traitement rigoureux, progressif
et harmonisé. »
Quelles sont les grandes lignes de votre politique pénale
en matière de sécurité routière
?
Pour ce contentieux de masse qu’est la sécurité
routière, nous privilégions un traitement rigoureux,
progressif et harmonisé, et une réponse systématique
et rapide. les convocations devant le tribunal correctionnel
doivent intervenir dans les trois mois. Pendant longtemps,
l’improbabilité d’être verbalisé
et l’incertitude d’exécuter la peine n’ont
pas dissuadé les auteurs d’infractions. C’est
pourquoi nous menons une politique de contrôle-sanction
renforcée, ciblée sur les principales causes
d’accidents (vitesse, alcool, stupéfiants) et
les publics les plus exposés, notamment les conducteurs
de deux-roues motorisés, qui, dans le sud-est de la
France, représentent plus de la moitié des victimes
d’accidents mortels. Pour rendre les contrôles
plus « intelligents », les forces de police et
de gendarmerie utilisent une cartographie informatisée,
bâtie par le conseil général, où
figurent tous les lieux d’accident. Cette carte est
constamment actualisée.
Vous menez parfois des contrôles préventifs…
Nous organisons régulièrement des contrôles
avec délivrance d’un avertissement. Ceux-ci sont
réalisés le plus souvent en zone urbaine avec
le concours des polices municipales, à l’initiative
du parquet ou à la demande des élus locaux.
Ce qui permet de montrer que nous ne faisons pas que de la
répression.
Quelles actions sont menées en matière
de drogue au volant ?
depuis deux ans, à l’instigation du parquet,
la police et la gendarmerie réalisent de fréquents
contrôles de « stup au volant ». Ces contrôles
sont réalisés à l’occasion de contrôles
d’identité (article 78-2-2 du code de procédure
pénale) avec le concours de chiens spécialisés
dans la recherche des stupéfiants. Pour une conduite
sous l’empire de l’alcool, nous trouvons quatre
conduites sous l’empire de drogues, du cannabis dans
90 % des cas… Ce qui montre que la consommation s’est
banalisée et que les usagers ont la certitude de ne
pas être contrôlés. Ces infractions sont
pour la plupart traitées en CRPC. le « plaider
coupable » permet de simplifier la procédure.
l’intéressé reconnaît les faits,
la sanction est mieux acceptée et sa valeur pédagogique
plus élevée [1].
Vous avez une grille avec des barèmes pour
les sanctions. Pourquoi ?
l’acceptabilité de la sanction en matière
de sécurité routière est directement
corrélée à un traitement progressif et
harmonisé et au respect du principe d’égalité
des citoyens devant la loi. si les usagers ont le sentiment
d’une « loterie », la sanction n’est
pas acceptée. en cas de conduite sous l’empire
de l’alcool par exemple, la sanction doit être
proportionnelle à l’alcoolémie. un primodélinquant
et un récidiviste ne doivent pas être sanctionnés
de la même manière. Nous avons mis en place des
barèmes de réquisition gradués, qui tiennent
compte de la nature de l’infraction, de sa gravité,
de la situation du délinquant… Nous nous sommes
entendus avec le préfet pour qu’il n’y
ait pas de distorsion entre sanction judiciaire et sanction
administrative pour la suspension du permis.
>
Télécharger le tableau (211ko)
> Pour en savoir plus : Tribunal de grande
instance de Grasse, tél. : 04 92 17 70 00
- Le parquet général
et la gendarmerie sensibilisent les motards : Martine
Ceccaldi, procureur général près
la cour d’appel de poitiers
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« Le 22 juin, a lieu une action de prévention
judiciaire en direction des motards sur l’ensemble du
ressort de la cour d’appel de Poitiers, qui couvre quatre
départements. il y a au moins une manifestation par
département. Dans la Vienne, à Poitiers, nous
organisons un rallye motocycliste avec un public mixte : des
motards non infractionnistes, notamment issus de clubs, et
des motards ayant eu une contravention de faible gravité
dans le mois précédent. si ces derniers participent
à cette journée, leur contravention sera classée
sans suite par le procureur : c’est une forme d’alternative
aux poursuites. Des magistrats motards, des gendarmes à
moto sont là pour renforcer la sensibilisation. Des
gilets fluorescents sont remis aux participants – au
nombre de 200 environ. cette opération est organisée
avec le général commandant la région
de gendarmerie Poitou-charentes, la gendarmerie de la Vienne,
le préfet ainsi que les services de police. chaque
année, nous menons une opération de sensibilisation
à la sécurité routière au niveau
régional. en 2008, nous avons décidé
de cibler les motards, car c’est une population que
nous avons beaucoup de mal à approcher. »
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