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Accueil  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 155 > Bruno Verdon : "Promouvoir une ville durable"

Point de vue
Bruno Verdon : "Promouvoir une ville durable"
   
   
Bruno Verdon directeur du centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) depuis mars 2006, Bruno Verdon considère la sécurité routière comme l’un des éléments clés des politiques urbaines respectant les principes du développement durable. Celle-ci passe par un partage plus équilibré des espaces publics.

. Photo:  Bruno VerdonQuelles sont les missions du Certu ?
Le Certu a été créé en 1994 pour faire le point des connaissances sur les thématiques des territoires urbains et périurbains : urbanisme, aménagement, habitat, constructions publiques, environnement, transports (mobilité, déplacements, etc.). Sans oublier l’élément structurant qu’est la voie publique, non seulement sur des questions techniques mais aussi d’usage. L’objectif étant, à travers ces espaces, de créer de l’urbanité. Nous avons vocation, à partir de ces connaissances, à élaborer des outils – ouvrages, logiciels, méthodes, formations, colloques – qui serviront aux acteurs de la ville dans les administrations centrales, les services techniques de l’État, les bureaux d’études, les professionnels privés et les collectivités territoriales.

Comment travaillez-vous ?
La grande richesse de notre "maison" et son originalité, c’est de disposer d’experts dans tous ces domaines scientifiques : ils peuvent ainsi croiser, confronter leur expertise. Cela dit, le Certu n’est pas un organisme isolé ; il travaille avec de nombreux organismes scientifiques français et européens. D’abord avec ceux du réseau scientifique et technique du ministère dont il fait partie, et dans lequel il trouve des interlocuteurs naturels comme le Setra, l’Inrets [1] et des laboratoires de recherche, etc. Puis avec des réseaux de professionnels, les collectivités locales et des organisations qui les fédèrent, comme l’AMF ou encore la Fnau, le Gart, l’UTP [2], etc. En fait, le Certu est un carrefour, une passerelle entre tous ces mondes. À travers son activité, ses productions, il essaie de mettre en relation tous ces réseaux, de fédérer ces compétences.

Comment inscrit-il la sécurité routière dans sa démarche ?
Le "Contrat objectifs-moyens", qui sera présenté avant l’été, va préciser l’orientation générale du Certu. Intitulé "Promouvoir la ville durable", il est très fédérateur et s’intègre dans la logique du Grenelle de l’environnement. Il sera décliné en cinq orientations distinctes, dont une consacrée à la lutte contre l’insécurité routière, qui entre parfaitement dans le développement durable. Cela étant, quand on de parle sécurité routière au Certu, c’est pour replacer la problématique dans un contexte urbain global : penser usage des espaces publics, partage des territoires, conception de l’urbanisme et de la voirie, plans de déplacements urbains, organisation des transports collectifs, usagers vulnérables, accessibilité, etc. Lorsque la direction de la Sécurité et de la Circulation routières nous interroge, elle attend de nous une forte expertise, mais aussi une capacité de restituer la sécurité routière dans un ensemble beaucoup plus large.

Doit-il y avoir une approche spécifiquement urbaine de la sécurité routière ?
Oui. Aux leviers traditionnels – homme, véhicule, environnement – il faut en ajouter un : l'urbanisme. Il faut, entre autres, se poser des questions sur la conception et l’organisation des espaces publics et du cadre bâti (la répartition des activités, des habitations, des commerces, etc.), sur l’organisation des déplacements (transports collectifs, vélos, marche à pied, voitures, tarifications, etc.). Quels moyens de déplacement encourager ? Développer l’usage du vélo, dans quelles conditions ? Restreindre l’usage de la voirie ne risque-t-il pas de se traduire par un développement de l’usage des deux-roues motorisés et, à la clé, un bilan de sécurité routière dégradé ? On a encore beaucoup de travail à faire pour répondre à toutes ces questions… et inciter les acteurs de terrain à se les poser avec nous.

Ne craignez-vous pas une opposition des partisans du tout-automobile ?
L’objectif n’est pas de supprimer le trafic automobile en ville : l’économie du pays en a besoin ! On doit lui permettre de s’écouler correctement en perturbant le moins possible la vie de la cité. Le concept des quartiers verts, des zones 30 – qui n’exclue pas les voies de circulation – part de cette idée. Il faut un peu de temps pour changer les comportements, mais certaines villes françaises s'y emploient et y parviennent (comme Lorient). Notre rôle est de faire évoluer les mentalités et de participer à l’élaboration de ces nouvelles politiques et à leur mise en œuvre.

Comment travaillez-vous avec les villes ?
Les élus locaux sont très présents dans notre comité d’orientation, le Codor, qui est d’ailleurs présidé depuis peu par un élu local, André Rossinot. Les villes sont aussi nos partenaires dans nos productions. Par exemple, pour promouvoir la sécurité routière, nous organisons des séminaires régionaux avec l’Association des maires de France. Les maires sont invités à découvrir des exemples de bonnes pratiques auprès de collectivités locales de leur région, aussi bien en matière d’aménagement que d’éducation ou de communication. Le Certu, catalyseur et médiateur, intervient en appui, en animation, en pourvoyeur de données. Et c’est efficace : les élus locaux préfèrent cela à des discours d’ingénieurs. On sait qu’un travail mené avec les collectivités pour poser l’état de l’art et produire une méthode est réussi lorsque les collectivités s’approprient la démarche, l’expliquent et la portent elles-mêmes vers les autres.

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  • Parcours

Bruno verdon, 58 ans, polytechnicien, ingénieur général des Ponts et chaussées, est arrivé en mars 2006 à la direction du Certu. Il a acquis, auparavant, une solide expérience de l’aménagement urbain. Il a en effet été très impliqué dans le développement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise et a dirigé l’agence foncière et technique de la région parisienne. Il a également été directeur adjoint des routes au ministère de l’Équipement, des Transports et du logement.

> Pour en savoir plus : pour en savoir plus www.certu.fr

[1] Le Service d’études techniques des routes et autoroutes, l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.
[2] L'Association des maires de France (AMF), la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU), le Groupement des autorités responsables de transports publics (GART), l'Union des transports publics (UTP).

 

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le Certu c’est…
• 170 personnes.
• 1 010 articles différents en catalogue.
• environ 35 ouvrages publiés chaque année et une quinzaine de rapports d’études.
• Près de 60 sites Web sous le label certu.
• entre 400 et 500 prestations annuelles (formations, colloques, etc.).

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