. Quelles
sont les missions du Certu ?
Le Certu a été créé en 1994 pour
faire le point des connaissances sur les thématiques
des territoires urbains et périurbains : urbanisme, aménagement,
habitat, constructions publiques, environnement, transports
(mobilité, déplacements, etc.). Sans oublier l’élément
structurant qu’est la voie publique, non seulement sur
des questions techniques mais aussi d’usage. L’objectif
étant, à travers ces espaces, de créer
de l’urbanité. Nous avons vocation, à partir
de ces connaissances, à élaborer des outils –
ouvrages, logiciels, méthodes, formations, colloques
– qui serviront aux acteurs de la ville dans les administrations
centrales, les services techniques de l’État, les
bureaux d’études, les professionnels privés
et les collectivités territoriales.
Comment
travaillez-vous ?
La grande richesse de notre "maison" et son originalité,
c’est de disposer d’experts dans tous ces domaines
scientifiques : ils peuvent ainsi croiser, confronter leur
expertise. Cela dit, le Certu n’est pas un organisme
isolé ; il travaille avec de nombreux organismes scientifiques
français et européens. D’abord avec ceux
du réseau scientifique et technique du ministère
dont il fait partie, et dans lequel il trouve des interlocuteurs
naturels comme le Setra, l’Inrets [1]
et des laboratoires de recherche, etc. Puis avec des réseaux
de professionnels, les collectivités locales et des
organisations qui les fédèrent, comme l’AMF
ou encore la Fnau, le Gart, l’UTP [2],
etc. En fait, le Certu est un carrefour, une passerelle entre
tous ces mondes. À travers son activité, ses
productions, il essaie de mettre en relation tous ces réseaux,
de fédérer ces compétences.
Comment inscrit-il la sécurité routière
dans sa démarche ?
Le "Contrat objectifs-moyens", qui sera présenté
avant l’été, va préciser l’orientation
générale du Certu. Intitulé "Promouvoir
la ville durable", il est très fédérateur
et s’intègre dans la logique du Grenelle de l’environnement.
Il sera décliné en cinq orientations distinctes,
dont une consacrée à la lutte contre l’insécurité
routière, qui entre parfaitement dans le développement
durable. Cela étant, quand on de parle sécurité
routière au Certu, c’est pour replacer la problématique
dans un contexte urbain global : penser usage des espaces
publics, partage des territoires, conception de l’urbanisme
et de la voirie, plans de déplacements urbains, organisation
des transports collectifs, usagers vulnérables, accessibilité,
etc. Lorsque la direction de la Sécurité et
de la Circulation routières nous interroge, elle attend
de nous une forte expertise, mais aussi une capacité
de restituer la sécurité routière dans
un ensemble beaucoup plus large.
Doit-il y avoir une approche spécifiquement
urbaine de la sécurité routière ?
Oui. Aux leviers traditionnels – homme, véhicule,
environnement – il faut en ajouter un : l'urbanisme.
Il faut, entre autres, se poser des questions sur la conception
et l’organisation des espaces publics et du cadre bâti
(la répartition des activités, des habitations,
des commerces, etc.), sur l’organisation des déplacements
(transports collectifs, vélos, marche à pied,
voitures, tarifications, etc.). Quels moyens de déplacement
encourager ? Développer l’usage du vélo,
dans quelles conditions ? Restreindre l’usage de la
voirie ne risque-t-il pas de se traduire par un développement
de l’usage des deux-roues motorisés et, à
la clé, un bilan de sécurité routière
dégradé ? On a encore beaucoup de travail à
faire pour répondre à toutes ces questions…
et inciter les acteurs de terrain à se les poser avec
nous.
Ne craignez-vous pas une opposition des partisans
du tout-automobile ?
L’objectif n’est pas de supprimer le trafic automobile
en ville : l’économie du pays en a besoin ! On
doit lui permettre de s’écouler correctement
en perturbant le moins possible la vie de la cité.
Le concept des quartiers verts, des zones 30 – qui n’exclue
pas les voies de circulation – part de cette idée.
Il faut un peu de temps pour changer les comportements, mais
certaines villes françaises s'y emploient et y parviennent
(comme Lorient). Notre rôle est de faire évoluer
les mentalités et de participer à l’élaboration
de ces nouvelles politiques et à leur mise en œuvre.
Comment travaillez-vous avec les villes ?
Les élus locaux sont très présents dans
notre comité d’orientation, le Codor, qui est
d’ailleurs présidé depuis peu par un élu
local, André Rossinot. Les villes sont aussi nos partenaires
dans nos productions. Par exemple, pour promouvoir la sécurité
routière, nous organisons des séminaires régionaux
avec l’Association des maires de France. Les maires
sont invités à découvrir des exemples
de bonnes pratiques auprès de collectivités
locales de leur région, aussi bien en matière
d’aménagement que d’éducation ou
de communication. Le Certu, catalyseur et médiateur,
intervient en appui, en animation, en pourvoyeur de données.
Et c’est efficace : les élus locaux préfèrent
cela à des discours d’ingénieurs. On sait
qu’un travail mené avec les collectivités
pour poser l’état de l’art et produire
une méthode est réussi lorsque les collectivités
s’approprient la démarche, l’expliquent
et la portent elles-mêmes vers les autres.
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Bruno verdon, 58 ans, polytechnicien, ingénieur
général des Ponts et chaussées, est arrivé
en mars 2006 à la direction du Certu. Il a acquis,
auparavant, une solide expérience de l’aménagement
urbain. Il a en effet été très impliqué
dans le développement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise
et a dirigé l’agence foncière et technique
de la région parisienne. Il a également été
directeur adjoint des routes au ministère de l’Équipement,
des Transports et du logement.
> Pour en savoir plus :
pour en savoir plus www.certu.fr |