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Événement
Comité interministériel de la sécurité routière : la feuille de route pour 2012

Le 13 février 2008, à Matignon, le Premier ministre François Fillon a présidé un comité interministériel de la Sécurité routière (CISR), avec, à ses côtés, notamment Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, et son secrétaire d’État Dominique Bussereau. Le gouvernement entend poursuivre la lutte contre l’insécurité routière avec détermination.

Photo : réunion du CISR à MatignonRenforcement des contrôles et des sanctions, actions spécifiques de lutte contre l’alcool et les stupéfiants au volant, amélioration de la sécurité des infrastructures, mais aussi meilleure formation des jeunes conducteurs… voici quelques-unes des grandes lignes du programme de sécurité routière présenté lors du dernier CISR. Fin décembre 2007, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait déjà annoncé un premier objectif ambitieux : passer sous la barre des 3 000 morts d’ici à 2012 (cf. ci-dessous). À l’occasion de ce CISR, le Premier ministre a décliné cet objectif : diviser par deux les accidents mortels dus à une alcoolémie excessive, ainsi que le nombre d’utilisateurs de deux roues tués, et réduire par trois le nombre de jeunes tués sur les routes.

Plan anti-alcool
Pour les atteindre, une série de mesures fortes ont été présentées ce 13 février à Matignon. Priorité : la lutte contre les risques liés à l’alcool et aux stupéfiants. Comment ? Grâce à de nouvelles mesures de prévention. Par exemple par la promotion de l’autocontrôle de l’alcoolémie, par le biais de campagnes de communication
à destination du grand public, comme « Soufflez, vous saurez », lancée en 2007, ainsi que par la présence d’éthylotests électroniques dans les discothèques. Mais aussi grâce à des mesures coercitives : imposer l’installation d’un éthylotest antidémarrage en cas de conduite sous l’empire de l’alcool, ou encore interdire toute vente de boissons alcoolisées dans les points de vente de carburant. Le gouvernement entend également renforcer le contrôle de l’alcoolémie en équipant systématiquement d’éthylotests antidémarrage les autocars affectés au transport d’enfants, à compter de la rentrée scolaire 2009. Enfin, concernant le contrôle de la conduite sous l’influence de stupéfiants, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a indiqué que les premiers tests salivaires, qui constituent un nouveau mode de dépistage rapide et facilement utilisable actuellement en cours d’expérimentation, devraient être disponibles avant l’été prochain.

500 radars supplémentaires par an jusqu’en 2012
Second volet majeur du programme de sécurité routière à l’horizon 2012 : renforcer la lutte contre les délits routiers trop souvent à l’origine de drames. 500 nouveaux radars seront mis en service chaque année dès 2008. Objectif : faire respecter les limitations de vitesse, mais pas seulement. En effet, le gouvernement souhaite diversifier la nature des infractions constatées (franchissement des feux rouges, non-respect des distances de sécurité en tunnel, contrôles des vitesses moyennes). Il entend également durcir certaines sanctions en instaurant la confiscation obligatoire du véhicule en cas de conduite sans permis ou de récidive de délit (excès de vitesse de 50 km/h ou plus, conduite sous l’empire de l’alcool ou de stupéfiants). Dans un autre registre, le Premier ministre a indiqué que l’utilisation d’une télévision ou d’une console de jeux au volant sera « sévèrement sanctionnée » : une contravention de 4e classe, un retrait de deux points du permis de conduire et la confiscation du matériel. L’État souhaite par ailleurs lutter avec fermeté contre le trafic de points en créant une incrimination pénale spécifique. Ainsi, l’achat ou la vente de points sera passible de six mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Cette peine sera portée à douze mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende si les faits sont commis via Internet ou par publicité. En l’absence de contreparties financières, la contravention sera de 5e classe. Enfin, parce que les délits routiers ne sont pas le seul fait de conducteurs français, les pouvoirs publics souhaitent mieux réprimer les infractions au Code de la route commises par des étrangers (cf. l’article ci-dessous).

Protéger les usagers vulnérables
Pour renforcer la sécurité des usagers vulnérables, une série de mesures relatives aux équipements obligatoires ont été prises lors de ce CISR. À l’instar de nombreux pays européens, la présence dans tout véhicule d’un triangle de pré signalisation et d’un gilet rétro réfléchissant devient obligatoire, dès le 1er juillet 2008. Pour protéger les cyclistes, le port d’un gilet rétro réfléchissant de nuit, hors agglomération, sera exigé à partir du 1er septembre 2008. Et une campagne d’incitation au port du casque pour les cyclistes, et en particulier pour les enfants, sera réalisée. Du côté des infrastructures, des commissions consultatives d’usagers seront mises en place afin d’améliorer la signalisation et de renforcer la pertinence des limitations de vitesse. Le concept de « zone de rencontre » devrait également voir le jour et être introduit dans le Code de la route. Il s’agit d’espaces au sein desquels piétons et véhicules cohabitent avec une vitesse limitée à 20 km/h. Enfin, l’ensemble du réseau routier national fera l’objet d’inspections de sécurité tous les trois ans, à partir de 2009.

Le permis sur la voie de la réforme
Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé, en conclusion de ce CISR, la mise en place d’une réforme du permis de conduire, qui fera l’objet, mi-2008, d’un CISR spécifique. « Nous souhaitons qu’il soit moins coûteux, et que les délais pour le passer soient raccourcis », a indiqué François Fillon. D’ores et déjà un affichage du taux de réussite de chaque auto-école sera réalisé à partir du mois de juin. Un moyen pour les élèves de mieux choisir leur établissement. Et d’ajouter que les moyens en matière de sécurité routière seront renforcés pour l’outre-mer.

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  • Moins de 3 000 tués sur les routes d’ici à 2012
Le 21 décembre 2007, le président de la république, Nicolas Sarkozy, a réuni à l’Élysée un conseil restreint de sécurité routière en présence du Premier ministre François Fillon et de plusieurs ministres : Jean-louis Borloo, ministre de l’Écologie, du développement et de l’aménagement durables, Rachida Dati, ministre de la Justice, et Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de la Jeunesse et des sports. Le chef de l’État a fixé au gouvernement l’objectif de réduire le nombre de personnes tuées chaque année sur les routes à moins de 3 000 d’ici à 2012, notamment grâce à un renforcement des mesures de lutte contre l’alcool au volant et en faveur de la sécurité des motocyclistes. Parmi les pistes envisagées, il pourrait être demandé aux constructeurs automobiles d’équiper les voitures en éthylomètres. Ce dossier devrait être examiné à l’occasion de la présidence française de l’union européenne.
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  • Les ministres présents au Cisr Le 13 février dernier à Matignon :
• François Fillon, Premier ministre
• Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’Écologie, du développement et de l’aménagement durables
• Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’outre-mer et des Collectivités territoriales
• Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé, de la Jeunesse et des sports
• Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des Transports
• Christian Estrosi, secrétaire d’État chargé de l’outre-mer
• Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté
• Cécile Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière
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  • Stop à l’impunité des automobilistes étrangers !
la Commission européenne devrait adopter le 19 mars 2008 un projet de directive permettant l’échange de données entre pays européens concernant les fichiers nationaux d’immatriculation des véhicules. la France devrait mettre ce texte à l’ordre du jour des discussions du Conseil lors de sa présidence de l’union européenne au second semestre 2008.

 

 


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Repères

Sur près de 22 000 dépistages urinaires de l’usage de stupéfiants pratiqués au cours des onze premiers mois de l’année 2007, 48,15 % étaient positifs.

Au 31 janvier 2008, 1 883 dispositifs de radars étaient en service : 1 137 radars fixes et 734 embarqués.

4 615 personnes ont perdu la vie sur les routes en 2007, contre 4 709 en 2006, selon les données provisoires établies par l’observatoire national interministériel de sécurité routière (Onisr). sur l’ensemble de l’année 2007, on constate une diminution de 2 % de la mortalité routière par rapport à 2006.

1,3 % le nombre annuel d’accidents corporels a augmenté de 1,3 % en 2007 (81 378 accidents constatés, contre 80 309 en 2006). et le nombre de personnes blessées a progressé de 2,4 % (104 601 en 2007, contre 102 125 en 2006).

Les résultats concernent uniquement les personnes tuées dans les 30 jours après l’accident – selon la nouvelle définition adoptée par la France le 1er janvier 2005 – en France métropolitaine (hors départements d’outre-mer).

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