Le
lycée agricole du Paraclet accueille plus de 600 élèves
et 130 enseignants et personnels. En ce matin du 23 janvier,
les élèves, étudiants et apprentis ont
le choix entre plusieurs ateliers : la voiture-tonneau, le freinographe,
ou encore un débat d’une heure avec une association
pour parler de drogues ou d’alcool au volant. L’expérience
de La voiture-tonneau « Il faut vivre les choses pour
y croire. » Cette phrase pleine de sagesse est prononcée
par Quentin, 17 ans, élève en terminale, à
la sortie de la voiture-tonneau. Elle prend un relief tout particulier
dans la bouche de ce jeune pompier volontaire, témoin,
en mai dernier, de l’accident mortel d’un camarade
circulant sans casque en deux roues motorisés. Cet événement
dramatique qui a touché tout le lycée a déclenché
le programme annuel de prévention de sécurité
routière dans l’établissement. Toujours
spectaculaire, la voiture-tonneau fait réagir Élodie,
21 ans, en BTS Analyses biologiques et biotechnologiques (Anabiotech)
: « Quand la voiture s’est retournée, j’ai
apprécié d’avoir bouclé ma ceinture
; sans cela, ma tête aurait cogné le plafond. On
n’imagine pas l’effet de masse du corps humain.
» Élodie, qui était déjà montée
dans la voiture-tonneau en classe de CE2 et en sixième,
juge important ce genre de tests pratiques. La théorie
justement, ce n’est pas trop le truc de Mathieu, 18 ans,
en BTS Technologies végétales, et récent
titulaire du permis. L’atelier freinographe, qui mesure
le temps de réaction réel d’un conducteur
à 30 km/h, lui donne l’occasion de passer un test
pratique. Le jeune homme explique qu’il a déjà
provoqué un accident et renversé une jeune fille
sur un passage piéton il y a quinze jours. Heureusement,
personne n’a été blessé, «
mais ça fait réfléchir », explique
t-il, « réfléchir à la vitesse en
agglomération et au fait que, sur la route, on n’est
jamais seul, et que l’usager le plus vulnérable
est le piéton ». Devant le véhicule équipé
pour la mesure de freinage, Julien 21 ans, en 2e année
de BTS, revoit l’accident survenu en ville en décembre
dernier, alors qu’il était passager d’une
voiture. Le copain roulait trop vite et a freiné devant
un feu rouge. La voiture a dérapé sur le verglas,
elle est partie en toupie, et a heurté un obstacle. Les
dégâts ont été uniquement matériels,
mais cela fait dire à Julien après le test de
son temps de freinage : "La théorie, c’est
bien, mais la pratique permet d’ouvrir les yeux et de
mieux connaître ses limites et celles de son véhicule."
Voiture-tonneau et freinographe, ces deux appareils de simulation
extrêmement réalistes permettent de délier
les langues et de partager les expériences. Cédric,
21 ans, également en 2e année de BTS, se dit qu’il
a eu bien de la chance de ne pas se blesser gravement, ni de
blesser autrui. Titulaire du permis de conduire depuis trois
ans, il a déjà eu deux accidents, l’un consécutif
à un endormissement, l’autre en moto, en doublant
une voiture. À chaque fois, il y eu d’importants
dégâts matériels, heureusement sans conséquences
humaines.
Des messages de prévention
Deux associations ont également été conviées
à ces journées. Thierry Rey, éducateur
à l’association Le Mail, travaille ce jour avec
une classe de seconde. Depuis 1975, Le Mail a pour mission
la prise en charge et la prévention des toxicomanies
et la réduction des risques» liés à
l’usage des drogues. Le rôle de l’éducateur
auprès de jeunes de 16 ans est de les sensibiliser
aux dangers de la toxicomanie, notamment en ce qui concerne
la conduite. Le Mail propose, en tout anonymat, de se rendre
dans l’un de ses centres gratuits, afin d’y trouver
accueil et écoute de la part de médecins, de
psychologues, d’infirmières, de travailleurs
sociaux. Pour Thierry Rey, "l’échange de
parole est plus important qu’un cours en kit".
Enfin, pour parler de l’alcool aux étudiants
du Paraclet, c’est l’antenne locale de l’Anpaa
(Association nationale de prévention en alcoologie
et addictologie) qui a été choisie. Après
les témoignages, vidéos, explications sur l’alcoolémie
et le temps d’élimination, la phrase à
retenir pour les passagers et futurs conducteurs est : "Ne
montez jamais dans une voiture dont le conducteur est alcoolisé."
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Agir sur le long terme est le pari du lycée agricole
du Paraclet, qui a mis en place des actions de prévention
de sécurité routière tout au long de
l’année. Plutôt qu’une manifestation
ponctuelle vite oubliée, les ateliers réguliers
ont donc démarré en septembre pour s’égrener
jusqu’au mois de mai, en partenariat avec la région
Picardie (qui finance à hauteur de 4 800 euros), la
préfecture de la somme et la participation de sociétés
d’assurances et de mutuelles (maif et macif). le pôle
d’animation sécurité routière Nord-Pas-de-Calais-Picardie
a été très impliqué dans le déclenchement
et la mise en œuvre du projet. Pour mobiliser les élèves,
un concours a été mis en place. À chaque
atelier, une question est posée, une bonne réponse
valide des points. À la fin de l’année,
celui qui a le plus de points gagne une formation au permis
de conduire ou un stage de conduite éducatif. l’heure
n’est pas encore au bilan, mais le programme d’action
semble avoir un bon effet de prise de conscience, même
si d’inévitables réactions négatives
(de l’ordre de 5 %) viennent souligner le refus de la
prévention par certains élèves ("Ça
ne peut pas m’arriver, je n’ai pas envie d’en
entendre parler… "). autre intérêt
de ce programme, il va faire l’objet d’une évaluation
en interne. les étudiants en BTS technico-commercial
mèneront prochainement un audit des actions annuelles
et étudieront comment elles sont perçues par
les bénéficiaires. en filigrane, l’idée
est que les élèves s’approprient la démarche
de prévention routière. dans cet esprit, les
étudiants en action de communication vont concocter
un message radio. le lycée souhaiterait le faire diffuser
sur les radios locales.
- Les propositions des ados
à Cécile petit
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Quand Cécile Petit, déléguée
interministérielle à la sécurité
routière, est venue inaugurer, en septembre 2007, le
programme annuel d’actions du lycée du Paraclet,
elle a pu nouer de fructueux échanges avec les élèves.
Certains ont déjà formulé des propositions
concrètes, comme par exemple placer des gendarmes à
la sortie des discothèques, ou diffuser des messages
publicitaires encore plus réalistes, et mettre une
voiture accidentée en fin de soirée à
la sortie de la discothèque, seule manière de
marquer les esprits, selon eux.
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