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Accueil  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 153 > La lutte contre l’insécurité routière reste une priorité

Événement
La lutte contre l’insécurité routière reste une priorité

4709 personnes ont perdu la vie suite à un accident sur les routes métropolitaines en 2006. Un chiffre en baisse de 11,5 % par rapport à 2005 ! Bilan.


Photo : bilan de la sécurité routière pour 2006"Je tiens à rappeler l’engagement sans faille du président de la République et de l’ensemble du Gouvernement dans la lutte contre l’insécurité routière, qui reste une priorité", a précisé Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables en charge de la sécurité routière, lors de la conférence de presse de présentation du bilan 2006, le 13 juillet dernier. Avec Cécile Petit, déléguée interministérielle à la Sécurité routière et Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des Transports, Jean-Louis Borloo a appelé "à la mobilisation de tous les Français".

Sous la barre des 5000 tués
Établi par l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR), le bilan de la sécurité routière indique en effet un recul de la mortalité routière pour la cinquième année consécutive! Par ailleurs, cette "baisse exceptionnelle de 11,5 %" confirme le passage sous la barre des 5000 personnes tuées pour la deuxième année successive (en 2005, 4975 décès suite à des accidents de la route avaient été dénombrés). Preuve, selon Jean-Louis Borloo, "qu'il n'y a pas de fatalité". Autre point positif : la régression enregistrée par la mortalité des jeunes de 18 à 24 ans. Celle-ci recule de 15,1 % pour cette classe d’âge et, contrairement à l’année précédente, le nombre de personnes tuées diminue également chez les jeunes de 15 à 17 ans (baisse de 13,5 %, contre une hausse de 12,6 % en 2005). La mortalité des 18 à 24 ans reste toutefois préoccupante, avec 1037 tués et 22 690 blessés sur les routes. Les motocyclistes restent également vulnérables, mais leur accidentalité régresse, avec une baisse de la mortalité de 12,7 % par rapport à l’année 2005, soit 112 personnes tuées en moins. Cette catégorie d’usagers demeure toutefois surexposée au risque routier, avec 769 victimes tuées en 2006. Alors qu’elle représente 1 % du trafic en France, elle comptabilise 16,3 % des personnes tuées sur nos routes.

La baisse des vitesses se confirme
Depuis 2000, grâce au déploiement du contrôle-sanction automatisé (CSA), au dispositif du permis à points et au renforcement des contrôles par les forces de l’ordre, le comportement des usagers de la route a évolué. Ainsi, la vitesse moyenne pratiquée de jour par les véhicules de tourisme, tous réseaux confondus, atteint 82,4 Km/h, marquant un recul de 8,3 Km/h par rapport au pic observé en 2002! Le nombre de grands excès de vitesse des automobilistes (supérieurs à 30 Km/h au-dessus de la limitation de vitesse) a été divisé par cinq depuis 2002. Néanmoins, le dépassement des limitations de vitesse, tous réseaux confondus, reste un comportement encore trop répandu. Une amélioration est également enregistrée sur le port de la ceinture. Même si le taux de port de ceinture de sécurité à l’avant est de 97,2 %, des progrès restent à réaliser à l’arrière : si 89 % des enfants bouclent leur ceinture de sécurité à l’arrière, seuls 75 % des adultes le font. 424 vies auraient pu être sauvées en 2006 si tous les occupants de voitures avaient bouclé leur ceinture, à l’avant comme à l’arrière.

L’alcool : premier facteur d’accidents mortels
Point préoccupant toutefois : l’alcool devient le premier facteur d’accidents. On observe en 2006 une augmentation du nombre de conducteurs qui circulent avec un taux d’alcoolémie supérieur à 0,5 gramme d’alcool par litre de sang. En 2006, 29,4 % des décès de la route sont attribuables à l’alcool (25,5% pour l’année 2005), soit plus de 1000 personnes tuées. Et le nombre d’accidents mortels où une alcoolémie illégale a été relevée reste important (28,4 % en 2006, contre 28,1 % en 2005). "Les taux moyens d’alcoolémie relevés
sont de 1,6 g/l de sang pour les accidents corporels, de 1,8 g/l de sang pour les accidents mortels et 61 % de ces conducteurs ont des taux supérieurs à 1,5 g/l de sang", a souligné le ministre Jean-Louis Borloo.

les enjeux de demain
Malgré ces résultats encourageants, "cette bataille n’est jamais gagnée", a rappelé Jean-Louis Borloo. Parmi les principaux facteurs de risques, vitesse et alcool restent encore prépondérants dans l’accidentalité. Selon le ministre, "il n’est pas pensable d’en rester là. Il ne faut pas donner l’impression que l’on relâche la pression." Jean-Louis Borloo estime qu’« on ne peut pas baisser la garde » sur le renforcement des contrôles. Il a fixé "l’objectif ambitieux" de 500 nouveaux radars d’ici à fin 2007. Quant à l'alcool, "c'est un enjeu majeur qui n'est pas qu'une affaire de jeunes ou de petites infractions". Et Dominique Bussereau de poursuivre en dénonçant "le couple infernal alcool et cannabis". C’est pourquoi, le problème de l'alcool au volant mobilisera les pouvoirs publics à l'automne, avec une réflexion sur la mise à disposition d’éthylotests à prix modique chez les buralistes ; une concertation avec les constructeurs automobiles et les responsables de grandes flottes pour l’installation d’éthylotests antidémarrage. Dominique Bussereau a indiqué avoir pris rendez-vous, début septembre, avec les présidents de PSA et de Renault concernant "la mise en série d'objets fiables d'auto évaluation dans les voitures". L’objectif étant de "parvenir à un système de masse pour s’autotester", a conclu Jean-Louis Boorlo. À noter également : en fin d'année, une campagne de communication très puissante sur le risque à tout âge et un soutien aux entreprises publiques, privées et aux collectivités locales dans leur plan de prévention des accidents de la route entre le domicile et le travail.

> Evolution du nombre d'accidents 2005/2006 (PDF 117 ko)

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  • Les infractions à la hausse

Tout comme en 2005, 2006 est marquée par une forte augmentation des excès de vitesse ayant entraîné un retrait de points. Cette part passe de 66 % à 75 % : 3,3 millions d’excès de vitesse ont été sanctionnés par un retrait de points, soit une augmentation de plus d’un million par rapport à l’année précédente ! La part relative des infractions liées à l’alcoolémie se maintient, quant à elle, à 3 %, avec une augmentation des conduites en état alcoolique de 10 % (+ 13 000 infractions). Le nombre de retraits de points, en progression constante depuis deux ans (+44 % en 2004 et +16 % en 2005), marque le pas en 2006 avec seulement + 7 % : 8 000 000 points retirés en 2006 pour 7 460000 en 2005. Avec le développement du contrôle sanction automatisé, les infractions engendrant un retrait d’un point sont devenues majoritaires et occupent le premier rang (60 % contre 45 % en 2005). Il s’agit essentiellement des excès de vitesse inférieurs à 20 Km/h. Rappelons également que depuis mars 2007, les conducteurs n’ayant perdu qu’un point le récupèrent automatiquement au bout d'un an (au lieu de trois auparavant), s’ils ne commettent pas de nouvelles infractions.

 

 

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4709 personnes ont été tuées (à trente jours), soit - 11,5 % par rapport à 2005.

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