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Accueil  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 153 > Interview : Londres et son plan de sécurité routière

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Interview : Londres et son plan de sécurité routière
   
En cinq ans, le plan de sécurité routière défini pour le Grand-Londres et ses 8 millions d’habitants a déjà atteint les objectifs de réduction du nombre de victimes fixés pour 2010. Interview de Chris Lines, chef du "London Road Safety Unit – Transport for London", responsable du programme de sécurisation du réseau routier du Grand-Londres.

Quel est le rôle du Transport for London ?
Le "Transport for London" (TfL) est l’unité administrative responsable devant le maire de Londres pour toutes les questions afférentes à la circulation des personnes dans la capitale. Le TfL a en charge aussi bien le métro, les bus, que les taxis ou les trams. Il est aussi responsable des 580 km du réseau routier principal de la ville, tandis que les 13 arrondissements, avec lesquels nous travaillons en coordination, veillent sur les 14 000 km de voies dites secondaires. Concernant la sécurité routière, nous assurons quatre missions principales : la collecte et l’analyse des données accidents ; l’identification et le traitement des points noirs ; la diffusion de campagnes de sensibilisation ; la gestion des radars aux feux rouges et en contrôle de vitesse.

Le maire de Londres, Ken Livingstone, vous a confié la réalisation d’un plan ambitieux de sécurité routière, en quoi consiste-t-il ?
Le "London Road Safety Plan" voulu par le maire de Londres a été lancé en 2001. Il fixe à l’horizon 2010 des objectifs de réduction du nombre de morts et de blessés graves concernant aussi bien les piétons que les cyclistes et les motocyclistes (réduction de 2 673 victimes tuées ou blessés graves et de 467 enfants tués ou blessés graves). Un budget annuel de 90 millions d’euros est consacré à ce programme. L’ingénierie des infrastructures en absorbe la plus grande partie, avec plus de 59 millions d’euros par an. Les travaux se concentrent sur les points d’accumulation d’accidents. Dès la première année d’exploitation de ces nouveaux aménagements routiers, les résultats ont permis d’amortir largement l’investissement. Ainsi, les zones "30 km/h" nouvellement créées ont permis une réduction moyenne de 57 % des tués et blessés graves. Des sommes importantes sont également destinées aux campagnes de sensibilisation et d’éducation, à raison de 14,7 millions d’euros environ par an. Un tel montant nous permet de mener des campagnes d’envergure au cinéma et à la télévision.

Quels sont les résultats du plan ?
En dépit de résultats quelque peu décevants enregistrés pour l’année 2006, nous avons vu le nombre de tués et de blessés graves réduit de 36% et le nombre d’enfants tués ou blessés en baisse de 46 % depuis 2000 (cf. tableau en téléchargement). Les 600 radars installés aussi bien sur les axes routiers qu’aux carrefours équipés de feux de signalisation ont prouvé leur efficacité : le nombre d’accidents graves a diminué de 50 % là où ils ont été mis en place. L’expérience montre également que la centralisation de la politique de sécurité routière au sein du TfL ainsi que le budget élevé dévolu au « London Road Safety Plan » ont été des facteurs importants de réussite. Une grande attention a été portée année après année à l’évolution des résultats obtenus en fonction des sommes allouées, ce qui nous a permis d’ajuster au mieux nos dépenses. Il est maintenant évident qu’un petit nombre de campagnes médiatiques couvrant un large public sont beaucoup plus efficaces qu’une multiplication de « petites » campagnes. J’en veux pour preuve la campagne menée auprès des motards qui a permis de réduire de 29 % le nombre de tués et blessés sur nos routes alors même que les deux-roues étaient de plus en plus nombreux à Londres.

> Les accidents à londres : les chiffres de l'accidentologie 2000/2006


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