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Trois
directives ont successivement imposé une plus grande
harmonisation des permis de conduire. La dernière,
en date du 20 décembre 2006, publiée le 30 décembre
dernier, instaure un modèle unique de permis, sous
la forme d’une carte plastique. Un bon moyen de favoriser
la libre circulation des citoyens et de rendre les falsifications
plus difficiles. Pour améliorer la sécurité
routière, notamment celle des deux-roues motorisés,
particulièrement exposés dans plusieurs pays,
une catégorie spécifique de permis est créée
pour les cyclomoteurs, avec des conditions de formation et
de connaissances en matière de sécurité
routière similaires à celles déjà
en œuvre en France. L’accès aux véhicules
les plus puissants se fera de manière progressive.
Pour les motos est créée une catégorie
intermédiaire, plus attrayante pour les usagers : il
s’agit du permis A 2 [1].
En parallèle, l’accès direct au permis
A, qui autorise à conduire tout type de cylindrée,
est repoussé à 24 ans (contre 21 ans, actuellement,
en France). Les États membres ont jusqu’au 19
janvier 2013 pour transposer cette directive [2].
Ces mesures visent à réduire l’accidentalité
des conducteurs des motos les plus puissantes, particulièrement
exposés quand ils sont novices.
Formation : pour des pratiques communes
De même, un travail d’harmonisation a été
entrepris concernant des lignes directrices communes pour
la formation des conducteurs, mais aussi pour l’éducation
routière. La Commission européenne a engagé
une réflexion à ce sujet, portant sur plusieurs
thèmes, notamment les méthodes de formation,
la formation des enseignants de la conduite, la conduite accompagnée,
les systèmes de permis à points… D’ici
à la fin de l’année, une consultation
publique pourrait être organisée par la Commission
auprès des administrations, des industriels, des associations,
des compagnies d’assurance et des autorités locales,
afin de recueillir l’avis des différents acteurs
concernés.
Incitation et communication
Autre grand axe d’action de la Commission : l’incitation
et la communication. Les actions à l’échelle
européenne se multiplient. Première cible :
les jeunes, population vulnérable dans tous les pays
de l’Union. En 2003, plusieurs associations ont mis
sur pied la première « Nuit européenne
sans accident » dans des discothèques de quatre
pays (France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas). Une initiative
qui permet désormais chaque année, avec une
subvention de la Commission européenne, de sensibiliser
les jeunes avec succès. La campagne en faveur de Bob
– celui qui "ne boit pas et ramène ses copains
en sécurité" après les soirées
– a été reprise au-delà des frontières
belges. Sept pays, dont la France, ont décliné
ce concept et reçu le soutien de la Commission en 2002.
De même, la Commission subventionne toute campagne qui
peut contribuer à la réalisation de l’objectif
2010, et insiste sur les trois principales causes d’accident
(vitesse, alcool, ceinture) ou s’adresse aux usagers
vulnérables, enfants, jeunes ou seniors. Des campagnes
européennes sur la fatigue et sur les systèmes
de retenue pour enfants ont également été
organisées.
Soutenir les initiatives
Mais ce n’est pas tout. Chaque année, la Commission
lance des appels à projets. "Associations, organismes
publics, instituts de recherche, universités engagés
dans des projets en partenariat avec plusieurs pays de l’Union
peuvent, s’ils sont retenus, obtenir une subvention
(qui peut s’élever à 50% du coût
de l’opération) pour des campagnes de communication,
des programmes d’actions, des recherches…",
explique Joël Valmain, expert français détaché
à la Commission européenne. En 2007, 8,1 millions
d’euros ont été attribués à
13 projets européens, parmi lesquels, à titre
d’exemple, les "Soirées clean" de Voiture
& Co. Il s’agit de soirées "100 % activités
– 0% alcool et psychotropes". L’association
française va organiser, avec un partenaire étranger,
neuf soirées de ce type d’ici à 2009,
en France, en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Les
objectifs : "Proposer une alternative à la fête
actuelle et sensibiliser les jeunes avec des moyens originaux,
et non moralisateurs, à la sécurité routière",
affirme Joël Valmain.
Plus de contrôles
Pour améliorer les comportements, les contrôles
constituent un levier puissant. En 2003, la Commission a publié
une recommandation sur le contrôle des infractions routières
afin de donner aux États membres des pistes pour améliorer
les contrôles. En ce qui concerne la vitesse, il est
conseillé de recourir au contrôle automatique,
qui permet des sanctions rapides et systématiques tout
en évitant de mobiliser des ressources humaines trop
importantes. Pour l’alcool, le texte préconise
des contrôles aléatoires à partir d’éthylotests,
pour le dépistage, puis d’éthylomètres,
pour la mesure du taux. Enfin, concernant la ceinture, des
actions intensives d’une durée d’au moins
deux semaines, au moins trois fois par an, sont conseillées,
dans les lieux où le nonport de la ceinture est fréquent.
"La Commission est en train de préparer une communication
pour fin 2007, qui pourra s’accompagner d’une
proposition législative. Des mesures seront proposées
pour améliorer les contrôles, indique Annie Canel,
experte française détachée à la
Commission européenne. Ce texte portera en priorité
sur la vitesse, l’alcool, la ceinture, et reprendra
les préconisations émises dans la recommandation,
qui correspondent aux bonnes pratiques observées en
Europe." De plus, des mesures pour sanctionner les étrangers
qui commettent une infraction en dehors de leur pays de résidence
seront présentées.
- La Charte européenne,
un engagement de la société civile
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Pour impulser un grand mouvement au sein de la société
civile, la Commission a lancé, en janvier 2004, la
Charte
européenne de sécurité routière
[3]. Toute
personne ou groupe (entreprises de transport, constructeurs,
assureurs, collectivités locales, associations…)
est invité à signer la Charte, qui comporte
une partie commune mais qui doit aussi être complétée
par des engagements spécifiques à chaque signataire.
Un forum et une plate-forme d’échange d’expériences
ont été mis en place dans le cadre de la Charte.
- "Route 25" avec
Voiture & Co
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Voiture
& Co a organisé, avec le soutien de la Commission,
un séminaire, "Route 25", en janvier 2007.
Il a réuni treize associations européennes de
sécurité routière représentant douze
pays. L’objectif était d’échanger
sur les bonnes pratiques et de déterminer trois propositions
d’action pour les jeunes : la promotion et l’enseignement
de la sécurité routière dans les établissements
scolaires en Europe ; la réalisation d’une charte
pour les jeunes, à destination des patrons des établissements
festifs ; l’organisation régulière de séminaires
de ce type.
- Prix Européen de
la Sécurité routière
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Chaque année, la Fondation
Norauto organise le Prix Européen de la Sécurité
routière afin de récompenser les initiatives
locales ou nationales exemplaires menées par les associations.
La directive
2003/20/CE impose le port de la ceinture dans tous les véhicules
à toutes les places qui en sont pourvues. La transposition
de ce texte dans les États membres devait avoir lieu
au plus tard le 9 mai 2006. Cette directive impose aussi l’utilisation
de systèmes de retenue spécialement adaptés
aux enfants.
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