En 2006, on a dénombré 1,7 million de blessés
et 39 000 tués sur les routes de l’Europe des
Vingt-Cinq (42 000 tués dans l’Europe des Vingt-Sept).
C’est moins que les 50 000 morts de 2001, mais c’est
encore trop. Car l’Union européenne s’est
lancée dans un ambitieux programme de réduction
de moitié du risque routier d’ici à 2010,
estimant notamment que le coût total de cette hécatombe
pour la société, évalué à
160 millions d’euros, soit 2% du PNB de l’Union,
était insupportable. Face à ce fléau,
les possibilités d’action de l’Union sont
diverses, allant de soutiens financiers à des initiatives
comme le programme EuroNCAP
ou des campagnes de sensibilisation, à l’établissement
et la diffusion des meilleures pratiques, à la collecte
et l’analyse des données relatives aux accidents
(définition de méthodes d’enquête
sur les accidents avec le projet Stairs ou la création
de la base
de données CARE), en passant par le soutien à
l’effort de recherche et développement. Mais
elle dispose d’abord de la possibilité de légiférer.
L’article 71 du traité instituant la Communauté
européenne lui permet de légiférer dans
le domaine de la sécurité routière, et
dans les limites de la subsidiarité.
Une procédure de codécision
Pour la législation communautaire, la Commission européenne
a le monopole de l’initiative. Les propositions de la
Commission sont soumises conjointement au Parlement et au
Conseil européens [1]
qui, à l’issue de la procédure dite de
codécision, doivent s’accorder sur un même
texte. Le texte ainsi adopté s’impose aux États
membres, soit automatiquement (si c’est un règlement),
soit après transposition dans le droit national sous
forme d’arrêté, de décret ou de
loi (si c’est une directive), dans les délais
prévus par la directive [2].
Le programme d’action pour 2010
Tout a commencé en septembre 2001 avec la publication
du livre
blanc intitulé La Politique européenne des
transports à l’horizon 2010 : l’heure des
choix, qui proposait de réduire de moitié le
nombre de victimes tuées sur les routes. De 50 000
tués en 2001, l’objectif affiché était
de passer à 25 000 tués au maximum en 2010.
Un programme d’action de soixante mesures visant à
atteindre cet objectif a été publié en
2003. Il s’articule autour de trois grands domaines
d’intervention. Tout d’abord, inciter les usagers
à un meilleur comportement, notamment par une meilleure
formation, initiale et continue, par un respect plus strict
et mieux contrôlé de la législation existante
et par des campagnes d’éducation et de sensibilisation.
Ensuite, rendre les véhicules plus sûrs. Et enfin,
améliorer les infrastructures.
Une responsabilité partagée
Pour la Commission, l’enjeu relève d’une
"responsabilité partagée"; elle ne
compte pas sur les seules institutions publiques, qu’elles
soient nationales ou locales, pour atteindre cet objectif.
D’où le projet de la Charte européenne
de la sécurité routière, destinée
à mobiliser la société civile. Début
2006, un bilan à mi-parcours a fait état de
progrès, qui restent cependant insuffisants si l’on
veut atteindre l’objectif fixé. Conclusion :
il faut poursuivre les efforts.
> Pour en savoir plus : la
sécurité routière sur le site de la Commission
européenne
- Interview : Jean-Paul Repussard,
chargé des statistiques à l’unité
sécurité routière de la DG TREN
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Un projet d’observatoire européen est
en cours de construction. Où en est-on ?
Depuis 2004, le projet "Safety Net", qui regroupe
une vingtaine d’instituts de recherche, travaille à
la mise au point d’un observatoire européen de
la sécurité routière. Objectif : améliorer
l’actuelle base de données CARE, notamment la
fiabilité des statistiques concernant les blessés,
prendre en compte les douze nouveaux pays et intégrer
des variables d’exposition au risque et des indicateurs
de performance. Le projet doit s’achever courant 2008.
L’European Road Safety Observatory (ERSO)
sera alors intégré au site Internet de la Commission.
Peut-on facilement faire des comparaisons entre les
pays ?
Chaque pays a son mode de recueil des données, qui
sont ensuite harmonisées au niveau européen.
Toutefois, au-delà du nombre de victimes, certaines
données sont à manier avec précaution.
Les causes des décès sont-elles les
mêmes dans toute l’Europe ?
Les trois facteurs principaux observés en France –
vitesse, alcool, non-port de la ceinture – se retrouvent
dans tous les pays.
Les jeunes posent-ils un problème particulier
?
Les 18-25 ans représentent 11 % de la population et
21 % des tués… Le pic du samedi soir est presque
général, sauf au Royaume-Uni. Dans bien des
pays, les jeunes doivent faire 20 kilomètres dans la
campagne pour aller dans une boîte de nuit qui ferme
à quatre heures du matin…
> Pour en savoir plus : le
site de l'observatoire européen de la sécurité
sur la route
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