Membres du Conseil national de la jeunesse (CNJ) ou de conseils départementaux de la jeunesse (CDJ [1] ), militants au sein d’associations, impliqués ou non dans la lutte contre l’insécurité routière, citadins ou ruraux issus de différents milieux sociaux… Au total, 120 jeunes de 17 à 25 ans ont répondu oui à l’invitation lancée par la Sécurité routière et le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Entourés par près de 80 adultes – représentants des auto-écoles, du monde associatif, assureurs, chargés de missions Sécurité routière, experts, chercheurs…– les jeunes se sont retrouvés près d’Orléans, en Sologne, pour parler de prévention. Cet événement, inédit, a été décidé lors du Comité interministériel de la Sécurité routière du 6 juillet 2006. En effet, si depuis 2002 les progrès importants enregistrés dans les statistiques de la Sécurité routière ont aussi profité aux 15-24 ans, ceux-ci restent sur-représentés dans les accidents.
Un état des lieux des pratiques de prévention
" Notre objectif, ce week-end, est d’échanger sur les différentes pratiques de prévention mises en place, et de faire un état des lieux ensemble. Nous allons aussi voir comment nous pouvons mobiliser d’autres jeunes pour assurer le renouvellement des vocations ", a indiqué le délégué interministériel à la Sécurité routière, Rémy Heitz, en ouverture de cette université. Coorganisateur, Étienne Madranges, directeur de la Jeunesse et de l’Éducation populaire [2] , a rappelé qu’on peut "être acteur de sa sécurité et de celle des autres, en agissant, par exemple, via le réseau information jeunesse [3]".
Six ateliers
Le samedi après-midi, les jeunes se sont répartis dans six ateliers (lire ci-dessous). Présidés par un membre du CNJ, accompagnés d’un animateur et d’un expert, ces ateliers s’apparentent à de petits exercices de démocratie. Les règles : on n’interrompt pas celui qui parle ; chaque proposition émise est soumise au vote du groupe. La parole se délie, sans frein ni tabous ; les expériences se dévoilent. "Après l’obtention du permis, il faudrait, pendant quelque temps, des conducteurs expérimentés à nos côtés", entend-on... L’un témoigne du vécu d’un accident ; un autre relate des actions locales qui ont eu un impact positif… C’est le dimanche matin qu’a eu lieu la restitution, en séance plénière, des travaux menés dans chaque atelier. Les constats et les propositions ont été riches… et nombreux. "Les campagnes de communication “choc” sont celles qui vous ont le plus marqués, ce qui montre leur efficacité. J’ai entendu vos messages disant qu’il faut insister sur les risques qu’on fait courir aux autres et faire parler davantage les victimes ", a commenté Rémy Heitz.
Éducation, formation et permis de conduire au coeur du débat
Outre la communication, les participants ont beaucoup évoqué l’éducation et la formation, qu’ils souhaiteraient plus approfondies. De même, de nombreuses propositions relatives au permis de conduire ont été émises. Elles n’ont pas manqué d’interpeller le délégué interministériel à la Sécurité routière : "Vous avez souligné, avec raison, le vide qui existe après l’obtention du permis : il faudra y travailler. Vous souhaitez que le permis ne se limite pas à un outil technique pour la conduite, mais qu’il soit aussi une épreuve d’apprentissage du risque : cela rejoint nos propres orientations. " Rémy Heitz a rappelé que les règles du permis probatoire allaient être revues (voir page 3), pour que l’acquisition des points se fasse de manière plus progressive.
À venir : un livre blanc
Un groupe de travail va être constitué, avec pour mission de synthétiser les débats et formaliser des propositions : "Le livre blanc qui consignera l’ensemble des propositions nous servira de feuille de route pour l’avenir ", a conclu Rémy Heitz. "Je propose que la thématique Sécurité routière soit intégrée dans les prochaines réflexions menées au sein de nos réseaux de jeunes et dans les programmes d’actions que nous déployons", a ajouté Étienne Madranges.
|
 |
Delphine Recouly, 18 ans, Association loisirs arts sports culture (ALASC), Gard
Avec le soutien de la Fédération des foyers ruraux, nous allons organiser un rallye mob, dans le Gard et l’Hérault, en avril prochain. Ce projet "Label vie" alliera prévention routière, sport et découverte du patrimoine. Je suis là pour trouver des solutions pour réduire le nombre d’accidents qui touchent les jeunes.
Fabrice Benard, 27 ans, ancien membre du CNJ et du CDJ de l’Indre
Au sein du CDJ de l’Indre, j’ai organisé plusieurs opérations de sensibilisation intitulées "Ta route c’est pas un circuit ". Il est évident que le message passe mieux lorsqu’il est
porté par des jeunes. Nous avons aussi mis en place des bus allant des communes rurales vers les discothèques. Certaines opérations ont marché, d’autres ont eu moins de succès. Je suis venu pour témoigner de tout cela et voir ce qui se fait ailleurs.
Sarah Degiovani, 23 ans, porte-parole de la Route des jeunes en Région Paca
L’atelier sur l’apprentissage de la conduite, auquel j’ai participé, était vraiment passionnant. Nous avons pu exprimer beaucoup d’idées et partager des expériences issues d’horizons très différents… C’est la première fois que j’assiste à une rencontre de ce type centrée sur la sécurité routière ; cela fait vraiment avancer la réflexion.
Steven-Paul Pioro, 21 ans, président de la commission Europe du CNJ
J’ai présidé l’atelier "Comment valoriser l’apprentissage de la conduite". Nous avons bien analysé les différentes étapes, avant, pendant et après l’apprentissage de la conduite. Tout le monde a pu s’exprimer, et nous avons été très productifs. Un compte rendu de cette université figurera sur le site web du CNJ, mais aussi dans notre rapport d’activité qui sera, comme toujours, adressé à tous les parlementaires.
|
 |
1 • Les jeunes et les règles de conduite : comment susciter plus de respect des règles ?
2 • Les jeunes et la prise de risques : comment mieux maîtriser le risque sur la route ?
3 • Quel accompagnement pour les jeunes conducteurs de deux-roues motorisées ?
4 • Quel rôle des adultes pour une meilleure éducation à la sécurité routière ?
5 • Comment valoriser l’apprentissage de la conduite ?
6 • Comment favoriser l’insertion sociale et professionnelle grâce au permis ?
[1]
Voir le site des conseils de la jeunesse
[2] Voir le site du ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative
[3] Ce réseau est composé des CIDJ, CRIJ, BIJ, et PIJ.
|
|