Pourquoi vous êtes-vous engagé contre l’insécurité routière ?
Pour moi, la sécurité routière est une évidence. En tant que transporteurs de voyageurs nous sommes un acteur majeur de l’espace routier. En effet, nous effectuons chaque année plus de 5,7 millions de kilomètres en site urbain. J’estime donc que la sécurité routière fait partie de nos missions. Les 250 conducteurs de bus de la Stivo transportent chaque jour quelque 70000 personnes et desservent les 12 communes [1] de l’agglomération de Cergy-Pontoise. Nous avons donc une grande responsabilité.
Quand avez-vous mis en place une politique de sécurité routière ?
Depuis 1999, la sécurité routière constitue un des thèmes principaux de notre politique d’entreprise. À cette époque, Jean-Christophe Renard, notre responsable formation est devenu IDSR (inspecteur départemental de sécurité routière). Sa culture sécurité routière apporte beaucoup à l’entreprise. Par son expertise, il sensibilise les consciences des conducteurs, mais aussi les collaborateurs, quant au respect des règles de sécurité. En 2004, nous avons renforcé notre engagement en signant une convention avec la Direction de la sécurité et de la circulation routières (DSCR) pour la mise en place d’un chargé de mission sécurité routière (CMSR) avec une thématique entreprise et transport de voyageurs. Jean-Christophe Renard est ainsi devenu CMSR.
Quelles sont les actions mises en place à destination des jeunes ?
Nous organisons des interventions dans les écoles et
nous accueillons également les élèves
sur le site de l’entreprise. Nous ciblons principalement
les élèves de CM2, 6e et 5e, c’est-à-dire
à l’âge où les enfants commencent
à prendre l’autobus seuls. Depuis 2003, nous
avons des conducteurs "ressources", spécialisés
dans l’intervention auprès des jeunes dans les
écoles. Ils sont sélectionnés et formés,
notamment par notre chargé de mission. Lors de leurs
interventions, ils sensibilisent les enfants au respect des
règles de sécurité à bord des
bus, mais pas seulement. L’éducation à
la citoyenneté fait également partie de leurs
objectifs. La manière de se tenir dans un bus a une
incidence directe sur la sécurité routière.
Si les enfants sont agités, le conducteur est moins
attentif. En les sensibilisant au métier de conducteur,
les intervenants désacralisent leur profession. Pour
animer ces interventions, nous avons élaboré
cette année une mallette pédagogique (cf. article
ci-dessous). Nous avons travaillé avec le groupe "jeunes"
[2] de
la préfecture du Val-d’Oise, rencontré
par l’intermédiaire de notre IDSR. Ensemble nous
avons créé le GTVO (groupement de transporteurs
du Val-d’Oise) comprenant les cars Lacroix, les cars
Giraux, l’AFT et promotrans. Notre objectif à
tous était le même : élaborer un outil
de qualité qui nous permette d’intervenir en
milieu scolaire et d’établir un relationnel entre
les jeunes et le transporteur avec un discours identique.
La mallette pédagogique à destination des enfants
âgés de 10-13 ans a ainsi vu le jour avec la
participation de la prévention MAIF, de la préfecture
et de la Sécurité routière. Elle devrait
être inaugurée courant octobre. À cette
occasion, une charte devrait être signée avec
l’inspection académique et la Sécurité
routière.
Organisez-vous des manifestations pour des publics plus âgés ?
Depuis plus d’un an, nous participons aux nuits étudiantes. À la demande des associations d’étudiants, nous mettons des navettes à leur disposition à la sortie des discothèques en partenariat avec l’agglomération de Cergy-Pontoise et la préfecture du Val-d’Oise. Une charte a été signée avec les étudiants de Cergy, les boîtes de nuit et la préfecture pour ces nuits sécurité routière. En 2004, nous avons ainsi transporté 15000 jeunes.
Et pour la formation de vos conducteurs ?
Depuis 2000, nous avons mis en place un Engagement de développement de la formation (EDDF). La sécurité routière est fortement inscrite dans le programme. Il n’y a pas de module spécifique "sécurité routière", mais elle est dispensée de manière transversale au sein de tous nos modules de formation. Nous avons également établi depuis 2002 un module pratique qui confronte nos conducteurs à des situations extrêmes de conduite. Par ailleurs, un système de tutorat a été mis en place au sein de l’entreprise. Les conducteurs plus anciens, et donc plus expérimentés, forment les plus jeunes à l’intervention en milieu scolaire et leur transmettent leurs expériences. Une guide de formation les accompagne dans leur évolution.
Quelles actions seront mises en place à l’occasion de la prochaine Semaine de la sécurité routière ?
Cette année, la Semaine de la sécurité routière, consacrée aux déplacements de proximité, nous concerne particulièrement. Nous avons d’ores et déjà prévu de participer à trois nuits étudiantes. Un dispositif de communication ciblant des jeunes de 18 à 25 ans sera mis en place avec la Communauté d’agglomérations sur les flancs de bus. Nous sommes également partenaire du challenge étudiant qui se déroulera à Cergy. Par ailleurs, les plus petits ne seront pas en reste, puisque nous instaurons des visites à bord du bus citoyen [3] pour les élèves de CM2 de l’agglomération. Enfin, nous prévoyons des actions au sein même de notre entreprise. Les chefs de groupe diffuseront toute la semaine, par la radio interne, des messages relatifs à la sécurité routière à l’ensemble de leurs équipes. Notre Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est également impliqué. Son action de sensibilisation portera cette année sur l’alcool. Depuis le décret du 25 octobre 2004, le seuil maximal toléré pour les chauffeurs de bus et de cars est de 0,2 gramme d’alcool par litre de sang, ce qui équivaut dans la pratique à la tolérance zéro. Enfin, nous nous sommes fixé un objectif de zéro sinistre sur l’ensemble de la Semaine, objectif déjà atteint l’an dernier.
La politique de sécurité routière mise en œuvre porte-t-elle ses fruits ?
Depuis sa mise en place, les comportements de nos conducteurs ont évolué favorablement. Ils se montrent très réceptifs aux messages de sécurité routière. Les interventions en milieu scolaire ont joué un rôle important. La transmission de leur savoir à des enfants les valorise professionnellement, mais aussi individuellement. Nous avons également constaté des conséquences directes sur l’accidentologie. La sinistralité de l’entreprise a diminué de 50% depuis 2000 !
> Pour en savoir plus : Consultez le
site Internet de la Stivo.
Toutes les actions menées dans le cadre de la Semaine
de la sécurité routière seront recensées
sur le site. |