- Europe la ligne de conduite de la Grande-Bretagne
|
 |
3 questions à Graham Pendlebury, directeur de la sécurité des routes et des véhicules au ministère des transports en Grande-Bretagne
Quelles sont les principales caractéristiques de l’accidentologie dans votre pays ?
Les statistiques 2004 des accidents de la route ont été publiées le 30 juin 2005. Les résultats sont excellents. Le nombre des tués a baissé de 8 % par rapport à 2003 (3221 tués en 2004 au lieu de 3508 en 2003). C’est le nombre le plus faible enregistré depuis que des statistiques sont établies (1926). Le nombre des blessés graves a également diminué de 8%. Mais cela ne nous satisfait pas. Le niveau des tués et des blessés reste socialement inacceptable et l’évolution est même défavorable pour certaines catégories. Par exemple, le nombre de tués parmi les cyclistes et les enfants piétons a légèrement augmenté en 2004. Bien que les automobilistes britanniques aient une bonne réputation en matière de conduite, des signes montrent que le comportement des conducteurs se détériore, ce qui préoccupe les décideurs politiques. Par exemple, la proportion d’accidents, où le comportement négligent, irréfléchi ou imprudent et la conduite agressive ont été identifiés comme facteurs d’accidents, a augmenté.
Quelles sont les grandes lignes de la politique britannique actuelle ?
Le tableau en téléchargement ci-dessous montrent que nous progressons bien vers les objectifs que nous nous sommes fixés pour 2010. Nous travaillons dur pour les atteindre. Une nouvelle série de lois de sécurité routière est actuellement en discussion au Parlement et nous espérons qu’elles recevront l’approbation royale avant le printemps 2006. Nous réfléchissons également à des mesures dans les domaines de la sécurité routière liée au travail (environ 1000 décès par an impliquent des personnes conduisant dans le cadre professionnel), à la conduite sous l’emprise de l’alcool et à la gestion de la vitesse. Nous avons un nouveau ministre chargé de la Sécurité routière, le Dr Stephen Ladyman, qui a été nommé après les élections de mai 2005. Le Dr Ladyman est un ministre d’État, ce qui est le deuxième niveau le plus élevé dans la hiérarchie ministérielle. Il est le premier ministre d’État à avoir la responsabilité directe de la sécurité routière depuis de nombreuses années, ce qui démontre l’importance accordée à ce sujet par notre gouvernement.
Quelle est plus spécifiquement votre politique concernant l’alcool au volant et l’excès de vitesse ?
Le manifeste politique du nouveau gouvernement travailliste inclut la déclaration suivante : "Nous nous engageons à réduire le nombre des enfants tués et gravement blessés sur la route de 50% et nous continuerons à travailler pour réduire la conduite dangereuse, particulièrement la conduite sous l’emprise de l’alcool et la conduite sans assurance." La conduite sous l’emprise de l’alcool reste une priorité essentielle. Nous sommes satisfaits qu’elle soit largement reconnue comme socialement inacceptable en Grande-Bretagne, mais nous continuons à développer des campagnes imaginatives sur ce thème (cet été par exemple) et la police a récemment exprimé à nouveau son engagement à faire appliquer la réglementation. Les nouvelles lois en cours de discussion au Parlement comprennent des mesures visant à équiper les véhicules des contrevenants de dispositifs antidémarrage en cas d’imprégnation alcoolique (alcolocks) qui empêchent le véhicule d’être utilisé si le conducteur dépasse le taux d’alcool autorisé dans le sang. Une des préoccupations des décideurs politiques est que la conduite sous l’emprise de l’alcool augmente chez les plus jeunes conducteurs et nous devons traiter ce problème. Les contrôles de vitesse ont été très controversés en Grande-Bretagne. Il y a environ 6000 sites équipés de radars. Le montant des amendes est utilisé pour équiper de nouveaux sites. Bien que cette politique ait connu une grande réussite en matière de réduction des accidents, le nombre des sanctions prononcées a augmenté considérablement et certains journaux ont été très hostiles au déploiement des radars : ils sont perçus comme un impôt dissimulé et des inquiétudes s’expriment autour du thème "Big Brother vous surveille". Il est important que les politiques de sécurité routière aient une large acceptation sociale. Nous réfléchissons attentivement aux différentes manières d’encourager le public à respecter les limitations de vitesse, de sorte que les gens comprennent pourquoi les limitations de vitesse existent. C’est à relier à un plus large objectif du gouvernement qui est de créer une "culture du respect" en Grande-Bretagne – une société où les personnes respectent la loi, se respectent les uns les autres et se respectent eux-mêmes. Dans une telle société, les radars et les forces de l’ordre ne seraient pas nécessaires.
> Pour en savoir plus :
réduction de l'accidentologie : les objectifs pour 2010
(PDF 91 ko)
- La Sécurité routière en Grande-Bretagne
|
 |
• Parc automobile
27 millions de véhicules en 2004.
• Formation à la conduite
Le conducteur novice (à partir de 17 ans) est soumis à une période probatoire qui dure deux ans. Un système de points de pénalité est appliqué. Durant sa période de probation, le conducteur novice ne doit pas dépasser six points; dans le cas contraire, le permis est annulé. Il retourne dans ces conditions à son statut d’apprenti, se voit délivrer un permis provisoire et doit à nouveau passer les épreuves théorique et pratique.
• Aptitude médicale à la conduite
Pour passer un permis de conduire en Grande-Bretagne, il faut remplir un questionnaire médical. Des restrictions à la conduite existent dans le cas de certaines pathologies. Le permis est valable jusqu’à 70 ans, renouvelé tous les trois ans en fonction de l’état de santé du conducteur.
• Limitations de vitesse
48 km/h (30 mph) en agglomération, 96 km/h (60mph) sur route, et 112 km/h (70 mph) sur autoroute.
• Alcool
Maximum 0,8 g d’alcool par litre de sang.
• Ceintures de sécurité
Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à l’avant et à l’arrière.
• Contrôle-sanction
La Grande-Bretagne a été l’un des premiers pays à installer massivement des radars automatiques sur ses routes.
• Le permis à points
Le permis est constitué de 12 points. Selon la gravité de l’infraction, on est pénalisé de 3 à 11 points.
• Les peines et amendes
En cas d’infraction, les amendes peuvent être adaptées au revenu du condamné (avec paiements échelonnés possibles). Les peines de prison sont réservées aux infractions les plus graves : par exemple, possibilité d’emprisonnement de six mois pour conduite sous emprise d’alcool; et de quatorze ans maximum pour avoir causé un accident mortel. Certaines condamnations ainsi que leurs motifs sont inscrits directement sur le permis de conduire (pendant onze ans en cas de conduite sous emprise d’alcool ou de drogue, quatre ans en cas de conduite dangereuse ou sans permis).
- Le 1er forum européen des forces de police et de gendarmerie
|
 |
Du 19 au 21 octobre dernier, l’association des forces
de gendarmerie et de police européennes chargées
de sécurité routière, Tispol
(Traffic Information System Police), s’est réunie
à Paris. Présidée par la Gendarmerie
nationale française depuis 2004, elle a rassemblé
des représentants des 25 pays [1]
européens membres de l’association. En présence
du colonel Jean-Robert Bauquis, chef du bureau Sécurité
routière de la Direction générale de
la gendarmerie nationale, et de Rémy Heitz, délégué
interministériel à la Sécurité
routière, les participants ont pu échanger sur
les objectifs de l’Union européenne pour la sécurité
routière ou encore la construction de l’espace
européen et le contrôle des étrangers.
> Pour en savoir
plus : le site de Tispol
|