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"Je sais qu’il reste du chemin à parcourir, a déclaré le Premier ministre Dominique de Villepin, venu clôturer les débats. Je veux donc vous dire aujourd’hui que nous ne relâcherons pas nos efforts (…)." Décidés par le Comité interministériel de sécurité routière du 1er juillet 2005, les États généraux ont eu lieu lors de la 6e Semaine de la sécurité routière, participant à la forte mobilisation nationale sur ce thème. L’objectif premier de cette seconde édition : faire le bilan mais surtout tracer les grandes lignes de l’action des pouvoirs publics et de toutes les composantes de la société civile pour rendre les routes encore plus sûres.
6 000 vies épargnées
À la veille des États généraux, Jacques Chirac, qui présidait un Conseil des ministres restreint sur le thème de la sécurité routière a rappelé le chemin parcouru en trois ans. "Plus de 6 000 vies ont été épargnées, 100 000 blessés évités", a déclaré le président de la République qui a fait de la violence routière l’un des trois "chantiers" de son quinquennat. Trois priorités ont été définies. Au premier plan : la protection des jeunes et des deux-roues. "Nous devons tout faire pour obtenir, avec les deux-roues, des résultats comparables à ceux des automobilistes, a souligné le Président. Ensuite, le renforcement des campagnes de communication, en nombre et en degré de réalisme, notamment à destination des jeunes et des conducteurs qui roulent sans permis et sans assurance. Et pour finir, le renforcement des contrôles qui doivent "s’appliquer à tous de manière égale".
Un débat citoyen
Trois ans après la première édition [1], les États généraux, qui ont réuni quelque 800 experts, élus, représentants d’association, entreprises, etc., ont permis de favoriser l’émergence de nouvelles pistes d’actions autour de deux thématiques principales : "un nouveau comportement des Français sur la route" et "un effort partagé et renouvelé". Au programme des tables rondes : les leviers et moyens d’actions efficaces pour ancrer ce changement dans la durée, notamment pour toucher les usagers les plus exposés aux risques routiers (jeunes, deux-roues motorisés, etc.) ou encore le rôle les acteurs locaux (services de l’État, collectivités territoriales, entreprises, associations, etc.) pour créer un nouvel élan.
Des objectifs ambitieux
Le ministre des Transports, Dominique Perben, et tous les membres du gouvernement présents, ont rappelé leur détermination pour faire baisser l’accidentologie et plus spécifiquement celle des usagers "à risques". "L’objectif fixé en début d’année de passer sous la barre des 5 000 personnes tuées fin 2005 est tout à fait à notre portée", a affirmé le ministre des Transports qui a ouvert un certain nombre de perspectives. Lutte contre le débridage, renforcement des contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants aux sorties des discothèques, amélioration de la formation à travers le permis à un euro par jour… toutes les pistes ont été envisagées pour lutter contre l’accidentologie des jeunes et des motocyclistes. "Aucune action ne doit être écartée pour faire reculer cette hécatombe", a-t-il déclaré. À propos du limiteur de vitesse volontaire, il a précisé qu’il souhaitait "en obtenir rapidement la généralisation", de même pour la mise en place de feux de jour dédiés. Le ministre a appelé au développement des plans de prévention du risque routier, et envisagé l’organisation d’un challenge national entre les entreprises en 2006. Constatant de fortes disparités entre les départements, il a encouragé la mise en place d’audits approfondis de la politique locale. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a demandé aux préfets et aux forces de l’ordre "de ne pas relâcher l’effort collectif", afin de "ne pas dépasser dix tués par jour en 2007". Concernant l’installation des radars automatiques, il a déclaré que l’objectif était que "le nombre d’infractions diminue, ce qui voudra dire que les Français auront globalement et durablement adopté un mode de conduite plus prudent". Par ailleurs, il a souhaité adapter les contrôles radar aux motards et renforcer le contrôle des étrangers. À ce propos, le garde des Sceaux, Pascal Clément, a évoqué les travaux en cours qui vont permettre d’ici septembre 2006 – selon le vœu du président de la République – une "amélioration de la coopération policière et judiciaire bilatérale avec les pays riverains afin de faciliter la sanction des contrevenants étrangers". Avec à terme, pour objectif, l’extension du contrôle sanction automatisé à l’échelle européenne.
La mission de l’école
Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale et Philippe Bas ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille ont également participé aux débats. Afin de renforcer la prise en compte de la sécurité routière à l’école, Gilles de Robien a proposé quatre pistes de réflexion : l’inscription de la sécurité routière dans la formation des futurs professeurs, la nomination dans les collèges d’un professeur référent qui "puisse être chargé de coordonner et de rendre plus cohérente la démarche pédagogique", la prise en compte de l’assiduité à la préparation de l’ASSR dans le brevet des collèges, et la sensibilisation des lycéens à participer à des opérations "conducteurs désignés". Et Philippe Bas de poursuivre : "la sécurité sur la route est une affaire d’éducation. Le rôle des parents est ici irremplaçable car la famille est le premier lieu de transmission des valeurs et des repères".
Instaurer une culture sécurité routière
Du contrôle-sanction à l’éducation en passant par la formation, les États généraux ont donc permis de mettre à jour autant d’objectifs que de pistes de réflexion qui permettront aux pouvoirs publics de définir de nouvelles actions afin d’ "instaurer une culture de sécurité routière", selon l’expression de Dominique de Villepin en conclusion de cette journée d’échanges.
- 6e Semaine de la sécurité routière : les trajets de tous les jours sont les plus dangereux
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Parce que 3 victimes sur 4 sont accidentées près de leur domicile, la 6e Semaine de la sécurité routière a été consacrée aux "déplacements quotidiens de proximité".
Du 17 au 24 octobre 2005, tous les acteurs de la sécurité routière se sont mobilisés pour sensibiliser le grand public aux risques encourus en cas de non-respect des règles de conduite. Se rendre au travail, emmener ses enfants à l’école, partir faire ses courses… autant de déplacements de la vie quotidienne dont on oublie trop souvent les risques. Pourtant, 75 % des victimes de la route sont des victimes locales, piétons ou occupants d’un véhicule immatriculé dans le département. Dans les trajets quotidiens de proximité, la conduite devient mécanique et laisse place à un sentiment de sécurité lié à l’habitude. Les contraintes de la vie professionnelle ou personnelle prennent souvent le dessus et les prises de risques, conscientes ou non, se multiplient.
Le quotidien mis en scène
Pour sensibiliser les usagers, six thèmes de la vie de tous les jours ont été illustrés par des affiches : les trajets domicile/travail, domicile/école, domicile/courses, liés aux activités sportives, aux sorties du samedi soir ou encore aux loisirs. Ils mettent en relief les différents facteurs d’accidents, à savoir la baisse de vigilance provoquée par la fatigue, par le sentiment de sécurité sur les trajets quotidiens ou encore par la consommation d’alcool, et le non-respect des règles de conduite jugées inutiles sur de petits trajets. Plus de 2 000 opérations ont été montées partout en France, invitant le grand public à participer à différentes animations et forums réunissant acteurs locaux, services de l’État, collectivités territoriales, associations, et entreprises qui œuvrent au quotidien en faveur de la sécurité routière.
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