Le 10 mai 2005, l’Observatoire national interministériel de Sécurité routière (ONISR) a présenté les résultats définitifs du bilan 2004 [2] de l’accidentologie. À cette occasion, le ministre des Transports a salué la baisse de l’accidentologie constatée en 2004, preuve de l’évolution des comportements des Français.
Alcool et vitesse : nette régression
C’est sur l’alcool que les progrès sont les plus notables en 2004. L’amélioration des comportements dans ce domaine a contribué à une baisse des décès de 38 %. Les dépistages en 2004 ainsi que la mesure prise en juillet 2003 de la perte de six points du permis de conduire au lieu de trois pour la conduite en état d’alcoolémie ont contribué à cette évolution. Les contrôles préventifs sont passés de 6,2 millions en 2003 à 7,9 millions en 2004, soit une augmentation de 15 %! La baisse des vitesses a joué également un rôle important. Les progrès se sont maintenus sur les autoroutes dites de liaison (avec moins 34,5 % de tués) et sur les routes nationales à 2 x 2 voies. Il faut rapprocher les résultats relevés en 2004 sur autoroutes de liaison de la baisse des vitesses pratiquées (de 124 km/h à 121 km/h de jour pour les véhicules légers). Ces résultats sont le fruit de mesures gouvernementales mises en œuvre dès 2002, telles que la multiplication sur le terrain des contrôles sur la vitesse, les campagnes de communication et, à compter de la fin 2003, le déploiement des radars automatiques. Les progrès sur le port de la ceinture de sécurité qui avaient fortement joué en 2003 ont cette année un rôle beaucoup plus faible. L’ONISR estime à 585 le nombre de vies qui auraient pu être sauvées en 2004 si tous les occupants avaient bouclé leur ceinture (70 % pour les conducteurs, 15 % pour les passagers avant et 15 % pour les passagers arrière).
D’un réseau routier à l’autre, des risques spécifiques…
Toutefois, les progrès enregistrés sur tous les axes routiers ne sont pas équivalents. En 2004, si le nombre de tués est en forte diminution sur les autoroutes (- 27,5 %), en revanche les progrès enregistrés sur les autres axes sont de moindre ampleur, avec une baisse de 9,2 % sur le réseau national, de 7,2 % sur le réseau départemental, et de 4,8 % sur les voies communales.
Et des usagers diversement exposés
La baisse de l’accidentologie ne touche pas de manière équivalente tous les usagers. Les conducteurs de véhicules utilitaires connaissent une baisse significative du nombre de tués sur les routes, avec moins 23% par rapport à l’année 2003. De même que pour les cyclomotoristes (- 13,7%) et les cyclistes (-12,1%). Les usagers de voiture de tourisme (- 9,2 %) et les piétons (- 7,1 %) enregistrent quant à eux une baisse moins sensible. La situation demeure préoccupante pour les motocyclistes, qui accusent une hausse de 0,1 % du nombre de décès par rapport à 2003. Bien que ne parcourant en moyenne que peu de kilomètres par an et ne constituant que 0,9 % du trafic, ces derniers représentent 14,5 % des victimes (tuées et blessées) et 11,2 % des conducteurs impliqués dans un accident corporel. 84% des motocyclistes tués ont entre 15 et 44 ans. L’ïle-de-France et la PACA comptent 36 % des accidents de véhicules légers, et concentrent 55 % des accidents de motos. Et depuis dix ans la part des victimes motocyclistes tuées sur la route rapportée à celle de l’ensemble des victimes ne cesse d’augmenter : de 9,2 % en 1996, elle atteint 15,6 % en 2004. Par ailleurs, en 2004, le nombre d’enfants et de personnes de plus de 65 ans tués a diminué de façon plus nette, avec des baisses respectives de 14,8 et 13,7 %. En revanche, les 18-24 ans accusent une hausse des décès de 0,7 %. Les 15-24 ans représentent 13 % de la population, mais 27,6 % des tués sur la route.
Les priorités pour 2005
Compte tenu de ce bilan, le ministre des Transports a fixé trois priorités sur lesquelles le gouvernement entend concentrer les efforts : les jeunes de 18-24 ans, en poursuivant la sensibilisation sur les comportements à risques liés à la vitesse et à l’alcool au volant, les motocyclistes et les déplacements de proximité. Un imposant dispositif de communication avec une campagne télévisée et radiophonique en faveur de la sécurité des usagers des deux-roues motorisés a été mis en place en juin et se poursuivra au moment de la rentrée scolaire. Dernière priorité, la mobilisation pour les "déplacements quotidiens et de proximité", à l’occasion de la prochaine semaine de la Sécurité routière (17-24 octobre 2005). "Soixante-quinze pour cent des victimes sont des victimes locales, des piétons ou des occupants d’un véhicule immatriculé dans le département", a rappelé le ministre des Transports.
> Pour en savoir plus :
Répartition des tués en fonction de l'âge et du sexe
(PDF 55 ko)
Nombre de tués par catégories d'usagers (PDF 55 ko)
Retrouvez tous les résultats sur le site de la sécurité routière
Le rapport annuel La Sécurité routière en France : bilan de l’année 2004
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