En 2003, une première étude [2] avait révélé un manque de connaissance des accidents de la circulation dans les quartiers éligibles pour la politique de la ville. Suite à ces résultats, une deuxième étude, suivie par un comité, piloté par Bertrand Christian du Certu et Marine Millot du CETE Méditerranée, a donc été lancée. Composé de techniciens des villes, de la DIV (délégation interministérielle à la Ville), de la DSCR (direction de la Sécurité et de la Circulation routières), du Certu et de représentants du réseau scientifique et technique du Ministère (spécialistes de l’urbanisme, de la sécurité et des transports), ce comité a assuré la cohérence et la coordination de ce projet mené de front sur plusieurs villes pendant une dizaine de mois (juillet 2004 à avril 2005).
Les pistes à approfondir
S’appuyant sur les bases de données locales, alimentées par les fiches BAAC (bulletin d’analyse des accidents corporels) de la période 1999-2003 et des données disponibles sur l’urbanisme, les déplacements, les trafics, etc., l’étude a mis en évidence la spécificité accidentologique de chacun de ces quartiers. Gravité des accidents, le jour ou la nuit, contre un obstacle, un véhicule ou un piéton… de multiples critères ont permis d’éclairer la diversité des situations et de localiser les accidents. À Grenoble, les accidents impliquant au moins un piéton (30,5% des accidents du quartier), ceux impliquant au moins un enfant de moins de 14 ans (près de 18 % des accidents) et ceux impliquant au moins une personne âgée de 60 ans et plus (28 %) ont fait l’objet d’un approfondissement. À l'exception des personnes âgées, Metz partage les mêmes enjeux que Grenoble : 53% des accidents du quartier impliquent au moins un piéton, 41 % au moins un enfant de moins de 14 ans et ces accidents sont plus graves que sur les autres quartiers de la ville. À Toulouse, ce sont les accidents en intersection (61,6% accidents du GPV), les accidents impliquant au moins un piéton (24,5 % des accidents) et les accidents par quartiers (en raison de l’étendue du GPV) qui ont fait l’objet d’un approfondissement. Enfin à Nantes, le faible nombre d’accidents (58) n’a pas permis d’approfondir un enjeu particulier. Cependant, la ville a souhaité poursuivre la démarche et elle participera à l’étude de diagnostic qui sera lancée durant l’été 2005 sur ces mêmes quartiers. Après les analyses quantitatives de cette première étape, la deuxième phase sera consacrée au diagnostic.
> Pour en savoir plus :
- Trois questions à Marie Redor, chargée des politiques et de l’animation locales à la Direction de la Sécurité et de la Circulation routières
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Sur quels critères les villes sur lesquelles porte cette étude ont elles été retenues ?
Grenoble, Metz, Nantes et Toulouse ont été choisies car elles figurent parmi les villes reconnues pour leur base de connaissance et leur savoir- faire dans le domaine de la sécurité routière. Quant aux quartiers étudiés, ils ont été sélectionnés par les villes elles-mêmes.
Quel est l’objectif de cette étude ?
Avant de comprendre et d’agir, il est nécessaire de connaître. C’est ce que nous attendions de cette étude d’enjeux qui, pourtant, ne représente que la première étape d’un processus plus large qui devrait conduire à identifier des pistes d’actions.
Quels vont être ses prolongements ?
La deuxième étape a d’ores et déjà été lancée : nous recherchons les organismes qui feront un diagnostic de sécurité routière (basé sur une analyse fine des procès-verbaux – et non plus des BAAC – des accidents de la période 1999-2003) et rechercheront les facteurs d’accidents. À partir de cette analyse, croisée avec des données urbaines, des principes d’actions répondant aux dysfonctionnements constatés seront proposés. Le partenariat avec les villes concernées doit permettre que les actions proposées soient réalisables.
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