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A l’image de la région qu’il couvre, le CRICR Rhône-Alpes-Auvergne est un vaste carrefour. Dans son PC high-tech fonctionnant 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, transite l’information routière des douze départements des régions Rhône-Alpes et Auvergne. Soit des données concernant 1500 km d’autoroutes et 3800 km de routes nationales. "Plusieurs sources complémentaires alimentent le centre, explique Stéphane Canalis, l’un des trois codirecteurs du CRICR, rattaché au ministère de l’Équipement. Les quatre CIGT [1] (centre d’ingénierie et de gestion du trafic) de la région nous apportent les informations sur les grands axes qu’ils gèrent. Même chose pour les sept sociétés d’autoroutes présentes dans la région et les DDE. Les données sont recueillies de façon automatique par 330 stations de comptage Siredo (boucles magnétiques installées dans la chaussée qui comptabilisent les masses magnétiques qui passent – soit les véhicules) qui appartiennent aux sociétés d’autoroutes ou aux services de l’État. Elles sont retransmises toutes les six minutes par fibre optique ou par téléphone et sont complétées par de très nombreuses informations des gestionnaires de voirie et des patrouilles de police et de gendarmerie lorsqu’elles interviennent sur un événement."
La remontée d’information
Réseaux informatiques, fax, téléphone ou canaux spécialisés comme en disposent les gendarmes dans leurs véhicules, tous les vecteurs de remontée d’information sont utilisés pour faire en sorte que les opérateurs soient alertés d’un ralentissement, d'un accident ou de la fermeture d’une voie en temps réel. Ces données servent à deux grandes missions : la gestion de trafic et la coordination routière, notamment en cas de crise, et l’information routière. Pour la première, les CRICR jouent un rôle stratégique. Parce qu’ils sont au fait de la situation sur tous les réseaux, ils sont les mieux placés pour proposer au préfet de zone Défense des mesures de gestion de trafic à l’échelle d’une région. En 2004, le CRICR Rhône Alpes-Auvergne a été ainsi à l’origine de 454 mesures [2] réparties sur 150 jours pour faire face aux perturbations liées aux vacances d’hiver, inondations, épisodes neigeux et autres migrations estivales. Ce rôle de coordination se retrouve aussi pour la mission d’information routière. "Un même événement nous est parfois signalé par plusieurs sources mais sous des formes différentes, explique le capitaine Clavel, gendarme, autre codirecteur du centre. Les ASF (Autoroutes du Sud de la France), par exemple, nous informent d’un accident et de la fermeture de l’autoroute. De son côté, la patrouille de gendarmerie qui intervient signale qu’une voie est restée ouverte. Nous devons donc valider l’information avant de la diffuser."
L’analyse des informations
Une fois validées, les informations sont ensuite saisies par les opérateurs dans une base de données qui permet de centraliser les données et de les diffuser : l’application TIGRE (Traitement de l’information géographique et routière événementielle). "C’est le cœur du dispositif, indique enfin le commandant de police Potiron, également codirecteur. Dès qu’un événement est saisi, il est diffusé automatiquement par messagerie à une liste d’abonnés (préfectures, exploitants, médias…). TIGRE permet également de mettre à jour en temps réel les cartes de Bison futé." Parallèlement, le centre rédige également des messages qui alimentent automatiquement, et en permanence le 0826 022 022 et les textes du site de Bison futé. Enfin, le CRCIR joue un rôle de premier plan pour relayer l’information routière auprès des médias de la région.
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