L'objectif est de donner accès à l’usager aux mêmes synoptiques qu’il consulte aujourd’hui sur Sytadin ou Coraly avec des tronçons verts, orange ou rouge, mais avec une avance de 30 minutes. Il pourra visualiser l’état de la circulation non pas à l’instant T mais tel qu’il se présentera dans une demi-heure. Avant de partir, il pourra donc retarder son trajet, modifier son itinéraire grâce à un terminal embarqué." Ce projet s’apprête à être expérimenté sur l’agglomération de Strasbourg. Mehdi Danech-Pajouh caresse un autre projet. Il s’agit d’offrir aux usagers des "temps de parcours référentiels" comme ils en disposent déjà lorsqu’ils prennent un train ou un avion. Certains proposent déjà des temps moyens calculés à partir des limitations de vitesse, mais le système pourra alors estimer plusieurs jours à l’avance le temps de parcours "porte à porte " de l’usager en fonction du jour et de l’heure de départ, voire des conditions météorologiques. Ces projets montrent qu’à côté de l’information de masse, l’information routière évoluera de plus en plus vers la personnalisation, comme le prouvent l’essor des terminaux embarqués et l’émergence d’opérateurs privés fournissant une "info-trafic" à la carte.
L’information routière à l’heure européenne
Une autre tendance d’évolution concerne son européanisation. "C’est l’enjeu majeur des années à venir, estime Patrick Malléjacq, chargé de mission internationale et prospective à la Sécurité routière. Chauffeurs routiers et particuliers franchissent de plus en plus les frontières sans forcément savoir ce que leur réserve la circulation des pays qu’ils traversent ou de celui vers lequel ils se rendent. Une radio française, par exemple, n’informera pas des difficultés liées à un chantier à l’approche de Varsovie et vice versa. Et arrivé en Pologne faudra-t-il encore que l’usager comprenne le polonais…" D’où la multiplication de projets et d’expérimentations soutenus par l’Union européenne, notamment au travers des programmes eurorégionaux. L’avenir de l’information routière transfrontalière passe aussi par l’utilisation des technologies existantes comme le RDS TMC, qui permet déjà d’acheminer dans les véhicules l’information trafic en temps réel et de lire les messages à voix haute dans la langue de son choix. De nouvelles technologies comme la radio satellitaire pourraient aller encore plus loin. À la différence de la FM, les fréquences satellite ne changent pas lorsqu’on passe d’un réseau ou d’un pays à l’autre. Outre le son, le satellite peut diffuser sur toute l’Europe des données numériques de type TMC (Trafic Message Channel), norme déjà utilisée dans les terminaux embarqués. On peut ainsi imaginer une radio européenne unique et multilingue qui verrait un auditeur allemand recevoir de l’information routière multimédia dans sa langue dans tous les pays qu’il traverse. Une première expérimentation a été menée dans ce sens par Radio France et plusieurs partenaires en novembre 2004 auprès d’une flotte de camions grâce à laquelle les chauffeurs ont pu recevoir de "l’info-trafic" en France, en Espagne et au Portugal.
- Le projet "long" distance corridor
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Cette opération concerne les transporteurs longue distance sur un corridor expérimental qui va de l’Irlande à l’Italie. Ce projet montre que de grands progrès peuvent être atteints, ne serait-ce qu’en fournissant aux chauffeurs un recensement de toutes les sources d’info trafic à leur disposition dans chaque pays et dans leur propre langue.
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