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La chaîne de l’information routière : qui fait quoi ?

L’information routière est le résultat de la complémentarité de l’action de nombreux intervenants. Revue des troupes et de leurs outils, du bord des routes jusqu’à l’écran que consulte l’usager.


Photo : les caméras de surveillance figurent parmi les principaux équipements de recueil automatique des données Pour que le vacancier, le chauffeur routier ou le cadre pressé soient informés à l’avance ou en direct des conditions de circulation sur la route qu’ils empruntent, faut-il encore recueillir sur le terrain l’information nécessaire. Cette tâche est assurée par les gestionnaires de voirie – l'État au travers des CIGT (centres d’ingénierie et de gestion du trafic) et des DDE (Directions départementales de l’équipement) pour les autoroutes non concédées et le réseau routier national, les sociétés concessionnaires d’autoroutes pour les autoroutes concédées et les collectivités locales pour le reste du réseau – et par les forces de l’ordre et les centres d’information routière.

Les outils de recueil de l’information routière
L’ensemble de ces acteurs activent différents moyens de recueil d’information. D’abord, des outils de surveillance automatique au premier rang desquels se trouvent les stations de comptage (boucles magnétiques posées sous la chaussée qui à plusieurs points d’un axe comptent les véhicules et déterminent leur vitesse). Autres équipements : les caméras qui permettent de contrôler la densité du trafic et de détecter les incidents. Ce recueil automatique vient compléter le travail sur les routes des patrouilles, moyens humains essentiels pour la précision de l’information et sa délivrance en temps réel. Il s’agit de la police et de la gendarmerie, des concessionnaires d’autoroute ou des équipes départementales de l’Équipement. Lors des grandes migrations mais aussi tout au long de l’année, ils informent en direct d’un accident, d’un embouteillage brutal ou d’une dégradation climatique. D’autres intervenants humains complètent l’amont de la chaîne : le personnel des péages, les ouvriers travaillant sur des chantiers, voire les usagers qui signalent à une borne d’appel ou à l’aide de leur mobile un événement dont ils sont témoins ou victimes.

Du recueil à la diffusion
Avant d’être diffusée, l’information recueillie auprès de ces différentes sources, auxquelles s’ajoutent la Météorologie nationale [1] ou la liste des chantiers en cours fournie par les DDE, est analysée et validée. Et surtout concentrée et coordonnée dès que sa diffusion dépasse le strict champ local. Au sein du service public de l’information routière, ce rôle de traitement et de coordination est assuré par les sept CRICR (centres régionaux d’information et de coordination routières) qui couvrent chacun l’une des sept zones de défense nationale (voir reportage au CRICR de Lyon) et par le CNIR (Centre national d’information routière) à l’échelon national. La diffusion de l’information routière est, elle aussi, le fait de nombreux intervenants qui ont recours à une non moins grande diversité d’outils et de supports de diffusion. Les CRICR produisent et diffusent eux-mêmes l’information routière (temps réel et prévisions) concernant leur zone. Celle-ci alimente ensuite les médias locaux et tous les outils de diffusion gérés par le service public à l’échelon national : le site Internet Bison futé, le service audiotex consultable par téléphone au 0826 022 022. Dans leur mission de gestion du trafic, les CRICR sont également amenés à coordonner les messages (déviation, par exemple) affichés sur les panneaux à messages variables des différents gestionnaires de voirie. Certains des onze CIGT qui interviennent à l’échelle d’une grande agglomération comme à Lyon ou Paris ou qui sont dédiés à un tronçon sur un axe (A20 ou A 75) remontent leurs informations aux CRICR. Ils la diffusent également en temps réel sur des panneaux à message variable, sur Internet (à l’instar de Sytadin en région parisienne et Coraly [2] [Coordination et régulation du trafic sur les voies rapides de l’agglomération lyonnaise] dans la région lyonnaise) ou auprès des radios locales. Coraly qui s’applique aux 170 km de voies rapides de l’agglomération lyonnaise, a déjà fêté son 10e anniversaire (le 9 octobre 2004, cf. Revue N° 141). Les gestionnaires d’autoroutes non concédées réunies au sein du GIE (groupement d’intérêt économique) Autoroute Trafic diffusent leur propre information sur leurs panneaux à message variable, sur les radios autoroutières 107.7, sur Internet ou encore auprès d’abonnés (opérateurs de téléphonie mobile, sites Internet, chaînes de télévision et de radio). À côté de ces acteurs à la fois producteurs et diffuseurs d’information, des opérateurs privés de service se positionnent également dans ce domaine. Enfin dernier maillon indispensable de la chaîne : les médias qui relaient les prévisions de Bison futé les jours de grand départ ou qui assurent, comme Radio France (voir ci-dessous), un point quotidien et régulier sur les conditions de circulation locales et nationales. Loin de jouer un rôle de doublon avec les supports du service public national d’informa- tion routière, ils complètent ceux-ci pour permettre de diffuser au plus grand nombre l’information nécessaire au confort et à la sécurité des automobilistes.

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  • Bison futé : les coulisses des prévisions de l’été 2005

Les prévisionnistes du Centre national d’information routière ont commencé à établir les prévisions de l’été 2005… en septembre 2004. Comme chaque année, ils se sont basés sur le bilan de l’été précédent et l’analyse des bouchons et du trafic des années antérieures, en veillant à tenir compte de la place des jours clés (14 juillet, 1er et 15 août) qui, en variant d’une année à l’autre, peuvent modifier fortement les prévisions. D’où la nécessité de compléter les simulations par une étude d’expertise approfondie. Enfin, plus l’été approche, plus les prévisions s’affinent en fonction d’informations remontées par les CRICR (tendances des réservations, par exemple, fournies essentiellement par les offices de tourisme ou les hôteliers). Autre élément qui interfère : l’évolution des infrastructures. "L’ouverture du viaduc de Millau et la mise en continuité autoroutière de l’autoroute A75 vont faire disparaître les traditionnels bouchons de Millau et de Lodève mais il risque de s’en créer un autre à Béziers", annonce Marie-Christine Dandonneau, responsable du pôle trafic du Cnir, qui prévoit d’autre part des samedis difficiles tout l’été sur les axes habituels. " Même si le trafic de l’été 2004 a baissé de 2,4 %, les vacanciers ont eu tendance à concentrer leurs déplacements entre le 14 juillet et le 15 août. Résultat : les encombrements ont augmenté de 7%." En somme, un nouveau détour par le www.bisonfute.equipement.gouv.fr ou un coup de fil au 0826 022 022 seront, cette année encore, bien utiles…

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  • Radio France : guider les auditeurs pour mieux les fidéliser

"Ici, Christian Magdeleine en direct du PC de Rosny-sous- Bois." À elle seule, cette phrase entendue quotidiennement par les auditeurs de France Inter symbolise le rôle de premier plan que joue Radio France dans le paysage de "l’info-trafic". France Inter, mais aussi France Info, le réseau France Bleu, FIP, la City Radio à Paris… autant de chaînes du Groupe qui délivrent en permanence une information routière nationale, ou locale ou mettent en place des dispositifs spécifiques lors des grandes migrations estivales ou des crises locales dues aux intempéries. Radio France assure également pour le compte de la Sanef l’info-trafic et la programmation de la radio 107.7 sur les autoroutes du Nord et de l’Est de la France. Elle collabore aussi avec Rhônealp’1 et Autoroute Info. "Cette présence du Groupe sur le "marché" de l’information routière est presque congénitale, dit en souriant Bruno Lenormant, délégué au développement de France Bleu. Elle remonte à la création de France Inter et des Inter Services dans les années 1970. Elle s’inscrit dans notre mission de service public et notre volonté de concourir à la sécurité routière. Mais elle correspond aussi à une stratégie marketing. Les services apportés aux auditeurs constituent l’un des moyens de nous différencier des autres radios. L’information routière de masse et gratuite est clairement un levier de conquête et de fidélisation." Cela explique pourquoi Radio France continue d’investir sur le créneau. Un chantier est, par exemple, en cours pour homogénéiser et redynamiser l’information routière des France Bleu. Et le groupe participe régulièrement à des expérimentations sur les nouvelles technologies (RDS TMC, radio numérique, radio satellitaire…).

[1] Le 18 février 2005 la Sécurité routière a signé une nouvelle convention avec Météo France, qui renforce et définit pour les trois ans à venir les conditions d’une collaboration.
[2] CIGT dit d’agglomération associant la DDE du Rhône, les sociétés concessionnaires d’autoroutes AREA (Autoroutes Rhône-Alpes), ASF (autoroutes du sud de la France) et SAPRR (société d’autoroute Paris-Rhin-Rhône), le conseil général du Rhône et le Grand-Lyon.

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7, c’est le nombre de centres régionaux d’information et de coordination routières chargés de traiter et de coordonner l’information routière sur chacune des sept zones de défense nationale

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