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International : une coopération franco-africaine ciblée
Comment parler de sécurité routière en Afrique ? Comment mettre en œuvre des actions adaptées à chaque pays? Telles sont les questions sur lesquelles se penche depuis 1992 le groupe de travail des directeurs des transports terrestres (DTT) d’Afrique francophone subsaharienne et qui ont été de nouveau abordées lors de leur réunion annuelle tenue en février 2005 à Paris.

Photo : entrée sud de Bamako, Mali, 2005L’Afrique subsaharienne paie un lourd tribut aux accidents de la route. 190 191 décès ont été enregistrés en 2002 sur les routes africaines selon le rapport mondial sur la prévention des traumatismes liés aux accidents de la circulation (Banque mondiale/Organisation mondiale de la santé, accessible ici en PDF). Les premières victimes sont les enfants âgés de 5 à 14 ans avec 39 116 décès. Pour aider à remédier à cette situation, le ministère des Affaires étrangères a confié depuis 1994 la réalisation d’un programme d’appui aux politiques de transport en Afrique à l’Isted (cf. article ci-dessous), Institut des Sciences et des Techniques de l’Équipement et de l’Environnement pour le Développement, avec l’appui et l’expertise du ministère de l’Équipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer.

Le programme d’appui aux politiques de transport: le volet sécurité routière
La sécurité routière a été l’un des premiers thèmes retenus par les DTT (Directeurs des transports terrestres), avec deux actions prioritaires : le recueil et l’exploitation des données d’accidents et la formation à la conduite. Selon le responsable du département transport de l’Isted, Franck Charmaison, "la dimension sécurité routière de ce programme passe par la mise au point de méthodes et d’outils communs d’élaboration de politiques de sécurité routière. Il s’agit de renforcer l’expertise et les structures locales, et de capitaliser et valoriser les expériences." À ce titre, diverses actions pilotes et projets sont lancés après concertation avec le groupe des DTT, comme le contrôle technique au Mali ou la mise en place de séminaires de formation d’enseignants et de directeurs d’établissements pilotes à l’éducation routière au Sénégal.

Un logiciel adapté pour l’Afrique
Un exemple d’actions et la mise en place de bases de données sur les accidents grâce au BAAC. Ce système comprend un bulletin d’analyse des accidents corporels et un logiciel de traitement, tous deux adaptés aux contextes locaux. "Sept pays sont maintenant équipés de ce logiciel couplé à une fiche de traitement des accidents", explique Pierre Dagoury, expert du ministère de l’Équipement. "Je reviens de Madagascar où j’ai installé le BAAC et où j’ai formé les utilisateurs". Ce logiciel tient compte de particularités africaines, comme les cyclones et les vents de sable. L’exploitation des données est propre à chaque pays, mais permet de constituer une base de recueil commune. Ce logiciel n’est pas figé : il est amélioré au fur et à mesure selon les remarques et suggestions des pays utilisateurs.

Des structures appropriées
Les pays africains appartenant au groupe de travail des DTT se sentent très concernés par la sécurité routière. Pour Mawutoe Fatonzoun, directeur général des Transports du Togo, "le groupe de travail a permis de créer des synergies et de recentrer notre politique de sécurité routière". Le Togo, membre du groupe depuis 1992 a déjà mis en place les structures indispensables, avec la création de l’Office de la sécurité routière et du Conseil national de sécurité routière. "Nous avons été parmi les premiers à innover, avec un programme de formation dans les écoles. Mais nous nous heurtons au manque de moyens", poursuit le directeur togolais.

Des actions de partenariat public-privé
Pour vaincre ce fléau de l’insécurité routière, le partenariat avec le secteur privé est à mobiliser. C’est pourquoi lors de la réunion de 2005, Peter Elsenaar a présenté le Partenariat mondial pour la sécurité routière (en anglais GRSP, Global Road Safety Partnership). Cette ONG (organisation non gouvernementale) dédiée à la sécurité routière investit dans des formules originales d’aide aux pays en développement, reposant sur la coopération entre acteurs publics et privés.

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  • 3 questions à Olga Rabakoarisoa, responsable études et projets sécurité routière à la direction des transports de Madagascar

Quel est l’état des lieux de la sécurité routière à Madagascar ?
Un constat préoccupant : en 2003, il y a eu 1853 accidents, contre 506 en 2002. Le nombre de morts et de blessés a augmenté fortement entre les deux années: nous avons enregistré 71 morts et 1241 blessés en 2002 et 572 morts et 1241 blessés en 2003 ! Même si le nombre d’habitants et de véhicules [1] a augmenté pendant cette période, ces chiffres demeurent alarmants. L’alcool, la vitesse et le non-port de la ceinture de sécurité constituent les principaux facteurs d’accidents. Les transports publics en zone urbaine et les poids lourds sont fortement impliqués dans les accidents.

Quelles actions de sécurité routière sont menées ?
D’importantes réformes ont été décidées en 2001, suite à un séminaire consacré à la sécurité routière. La formation des conducteurs de transports en commun a été améliorée. Une réforme totale du permis de conduire a été opérée en 2003. L’objectif est d’améliorer le système de délivrance de permis (nomination et formation de nouveaux examinateurs, candidatures libres non autorisées à partir du 1er juillet 2005, etc.). Un service de recherche sur la sécurité routière a par ailleurs été créé.

Quelle aide vous apporte ce groupe de travail ?
Nous apprécions cette plate-forme d’échanges et de connaissances. Nous recevons une aide technique et aussi matérielle. En décembre 2004, nous avons bénéficié d’une mission d’expertise pour l’installation du système Baac et la création d’une base de données des accidents.

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  • Zoom sur l’Isted

Association à but non lucratif, l’Isted met en œuvre des programmes internationaux de coopération, dont certains concernent la sécurité routière au sein du département Transports. Il fonctionne notamment avec le support des ministères français des Affaires étrangères et de l’Équipement. Le groupe de travail des directeurs des transports terrestres (DTT), dont l’animation a été confiée à l’Isted en 1994, est chargé de mettre en œuvre des actions concrètes dans les pays francophones de l’Afrique subsaharienne avec les responsables des pays tiers. Les actions sont déterminées lors des réunions annuelles qui permettent d’en dresser un bilan et d’envisager leur reproduction dans d’autres pays.

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  • Encourager les initiatives africaines

L’Institut des sciences et des techniques de l’équipement et de l’environnement pour le développement a publié un guide méthodologique sur la sécurité routière en Afrique, destiné aux acteurs et professionnels de la sécurité routière des pays en développement. Loin de la recette miracle, il présente des éléments de méthodologie acquis suite à la réalisation d’actions pilotes comme les six grandes étapes qui permettent la mise en œuvre de ces politiques (le diagnostic, la concertation, le recueil et l’exploitation des données, le plan national, la mise en œuvre, et l’évaluation et l’ajustement des mesures). Son but : permettre le développement progressif d’une culture de sécurité routière en Afrique.

> Pour en savoir plus : vous pouvez télécharger le guide sur le site Internet de l’Isted

[1] Entre 2002 et 2003, la population est passée de 15981000 à 16441000 habitants et le nombre de véhicules de 148711 à 170759.

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Le groupe de travail des DTT s’est constitué en janvier 1992. Il rassemble à ce jour 19 pays : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, République de Djibouti, Gabon, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo. À la fin 2004, les 7 pays équipés du logiciel BAAC étaient : Bénin, Burkina Faso, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Niger et Sénégal.

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