Selon l’étude bisannuelle de l’Observatoire intitulée "Les poids lourds et la sécurité routière en France en 2003", publiée mi-mars 2005, les véhicules de plus de 3,5 tonnes sont de gros consommateurs de kilomètres, représentant 2% du parc des quatre roues et effectuant 6% des kilomètres parcourus en France. Par rapport aux autres véhicules, ils sont de moins en moins impliqués dans des accidents corporels : entre 1999 et 2003, les accidents les mettant en cause ont diminué plus rapidement (-32,2%) que l’ensemble des accidents corporels (- 27,5 %), surtout en milieu urbain. Ce constat doit néanmoins être tempéré. Ces véhicules ont ainsi représenté, en 2003, 8,5% des véhicules impliqués dans un accident mortel – pour 6% du kilométrage parcouru. Par ailleurs, les vitesses pratiquées en 2003 par les poids lourds sont assez stables par rapport à 2002, mais au cours de ces cinq dernières années, elles ont augmenté de 2 à 7Km/h selon les réseaux.
Scénario des accidents
Selon la même étude, les accidents impliquant un poids lourd surviennent le plus souvent en rase campagne, hors intersection et sur des routes départementales ou nationales. Dans près d’un cas sur deux, le camion est confronté à une voiture de tourisme, mais dans près d’une fois sur cinq, il est seul. Plus finement encore, le document de l’ONISR révèle pour la première fois les scénarios types des accidents entre camion et voiture. Quand les deux véhicules roulent dans le même sens, la collision de la voiture avec l’arrière du camion est la plus courante. Le conducteur de l’automobile a souvent été moins vigilant à cause d’un défaut d’attention, d’une alcoolémie positive ou d’une fatigue excessive. Enfin, lors d’accidents à des carrefours, la gravité est accrue quand un véhicule tourne à gauche et doit couper des trajectoires.
De nouvelles données
Succédant à une étude équivalente parue en 2003 (et portant sur l’accidentologie 2001), ce document comporte des nouveautés. Par exemple, la répartition des accidents de poids lourds, selon les mois, ou les départements mais aussi des données internationales.
> Pour en savoir plus : l'étude en PDF
- Point de vue : Jean Chapelon, secrétaire général de l’Observatoire national interministériel de Sécurité routière
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"Cette étude fait partie de la série d’études sectorielles que nous rééditons tous les deux ans pour les poids lourds et les motocyclettes. L’édition 2005 montre que les poids lourds restent un enjeu important de sécurité routière, en raison notamment de leur taille et de leur poids. Compte tenu de leur part dans le trafic, ils sont moins impliqués dans les accidents que les véhicules légers ou motocyclettes, mais lorsqu’ils le sont, l’accident est beaucoup plus grave. S’ils sont une source de crainte pour le grand public, il faut donc se méfier de toute focalisation sur ces véhicules, d’autant que leur implication ne signifie pas forcément qu’ils sont responsables de l’accident. De fait, les poids lourds sont bien engagés dans le même cercle vertueux que l’ensemble des utilisateurs de la route. Ces progrès s’expliquent par le professionnalisme croissant des transporteurs, et sont confortés par la politique menée par les instances communautaires, visant à limiter progressivement les vitesses par construction. Aujourd’hui, il semble que les efforts doivent plutôt porter sur les utilitaires légers, "genre" camionnettes, moins bien équipés que les poids lourds et où le professionnalisme est moindre." |