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Le nouvel élan de la recherche
Les résultats sur la baisse des accidents enregistrée depuis deux ans en France créent un contexte favorable pour la constitution d’équipes de recherche pluridisciplinaires. Désormais, la sécurité routière est envisagée comme un problème de société et de santé publique au sein du 3e programme national de recherche sur les transports terrestres, le predit 3, aujourd’hui à mi-parcours.


Photo : hall d'accueil du carrefour à mi-parcours du 3e Predit à Clermont-Ferrand La recherche en sécurité routière mobilise des disciplines très différentes appartenant aussi bien aux sciences de l’ingénieur qu’aux sciences sociales. Elle se développe dans le cadre de la recherche publique à l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), au LCPC (Laboratoire central des ponts et chaussées), au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et dans d’autres organismes publics de recherche. Parallèlement, elle commence à se diversifier dans le secteur privé (constructeurs et équipementiers), qui concentre des investissements très importants sur la recherche technologique : le programme du LAB (laboratoire commun à PSA et Renault en "accidentologie, biomécanique, comportement humain") intègre aujourd’hui des recherches en sciences humaines et sociales.

Le predit à mi-parcours
Aujourd’hui, le troisième Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres (Predit) arrive à mi-parcours. Lancé en mars 2002 par les ministères chargés de la Recherche, des Transports, de l’Environnement et de l’Industrie, l’Ademe [1] et l’Anvar [2], cet outil de coordination vise à stimuler la coopération entre secteurs public et privé, à favoriser l’émergence de systèmes de transport économiquement, écologiquement et socialement plus efficaces et plus sûrs. Le Predit 3 comporte un important volet de sécurité routière. Un premier bilan d’activité a été établi. Actuellement, une cinquantaine de recherches sont engagées dans le domaine de la sécurité routière et la part des financements publics consacrée à la recherche non technologique est en augmentation. Les projets mobilisant les ressources les plus importantes sont : l’action fédérative Arcos sur les aides à la conduite qui vient de se terminer (lire l'article ci-dessous), l’expérimentation Lavia du limiteur de vitesse s’adaptant à la vitesse autorisée (cf. Revue n° 142), un ensemble de recherches sur le diagnostic de l’hypovigilance [3] et plusieurs projets sur les usagers vulnérables, piétons et deux-roues. Deux autres projets marquants sont initiés, l’un sur les systèmes de surveillance automatisée de l’état des routes pour l’information des conducteurs et des gestionnaires (Sari), l’autre sur l’expérimentation de boîtes noires d’accidentologie (EDR – Enregistreurs de données d’événements de la route).

La recherche publique évolue
Entre 2000 et 2004, l’Inrets a vu la part de ses moyens consacrée à la sécurité routière augmenter pour atteindre 40 %. Le LCPC y consacre, quant à lui, 15 % de ses moyens. Mais la marge de manœuvre réelle est faible pour développer la pluridisciplinarité en raison des problèmes de programmation de l’emploi scientifique dans les organismes publics de recherche. Par ailleurs, les financements incitatifs de recherche mobilisés pour la sécurité routière dans le Predit sont limités : le ministère des Transports y investit environ 3 millions d’euros par an depuis 2002 et jusqu’en 2006. Le montant global de ces financements est inférieur au total des aides obtenues par des partenaires français dans des projets européens gérés par la Commission européenne. Ils permettent néanmoins d’offrir à de jeunes chercheurs des emplois à contrat à durée déterminée dans de bonnes conditions.

Articuler la recherche et l’action publique
Dans ce contexte, deux pistes sont envisagées pour consolider la recherche en sécurité routière en France sur la période 2005-2008. Le premier axe consiste à faire évoluer l’articulation entre les connaissances issues de la recherche et les interventions publiques. Cet objectif s’appuie sur la prise en compte du savoir des acteurs de terrain. Tel le projet Rider, recherche sur les accidents impliquant des deux-roues motorisés, financé principalement par le Ministère de la Recherche et qui va être immédiatement valorisé en raison de la priorité donnée à la sécurité de ces derniers dans la politique nationale de sécurité routière. Le lancement de nouvelles recherches sur les acteurs de l’éducation routière et de la formation des conducteurs est un autre exemple d’articulation entre la recherche et l’action des pouvoirs publics (lire l'article ci-dessous sur le continuum éducatif).

Espace européen de la recherche
Le second axe consiste à développer la recherche en sécurité routière conjointement au niveau national et européen. La construction d’un espace européen de la recherche est déjà bien avancée dans le domaine technologique, notamment pour le développement de systèmes embarqués d’aide à la conduite et d’information routière (initiative eSafety de la Commission). Cette évolution concerne aussi l’accidentologie, la connaissance des comportements, les recherches sur les questions de santé et les recherches sur le continuum éducatif en sécurité routière.

> Pour en savoir plus : Le site du Predit.

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  • Continuum éducatif

Conduire n’est pas si simple. De nombreux travaux montrent que c’est une activité au moins aussi complexe que le pilotage d’un avion… Pourtant, l’acquisition des compétences nécessaires ne fait pas l’objet d’autant d’attention. Et la recherche manque d’éléments pour évaluer les actions éducatives menées en France sur le thème de la sécurité routière, afin de les rendre plus efficaces. C’est l’objet de l’appel à propositions du groupe 3 "Nouvelles connaissances pour la sécurité" du Predit qui vient d’être lancé autour de quatre thèmes :
• influence des pratiques éducatives sur la prise de risque routier ;
• éducation à des compétences transversales en sécurité routière ;
• analyses du système d’éducation et de formation (les acteurs ; l’influence du territoire sur l’action publique en sécurité routière et la mise en cohérence de différentes politiques publiques) ;
• et enfin étude de faisabilité d’une exposition sur les multiples dimensions de l’acte de conduite. La date limite de réception des propositions est fixée au 9 juin 2005 pour des résultats fin 2007.

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  • L’objectif d’Arcos : prévenir les défaillances du système véhicule/conducteur/infrastructure

Arcos signifie Action de Recherche pour une COnduite Sécurisée. C’est un projet de recherche organisé autour de quatre fonctions d’assistance au conducteur : la gestion des interdistances, la prévention des collisions sur obstacles fixes, arrêtés ou lents, la prévention des sorties de route et l’alerte des véhicules en amont d’accidents ou d’incidents. À terme, Arcos comporte un objectif de réduction de 30 % des accidents. Durant trois ans, le projet a mobilisé un investissement de 15 M€, autour de 60 partenaires, laboratoires et industriels.

[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.
[2] Agence nationale de valorisation de la recherche, dite "Agence française de l’innovation".
[3] On parle d’hypovigilance quand l’attention baisse ou est détournée par diverses raisons qui vont de la distraction à la somnolence.


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