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Accueil > La revue "Sécurité Routière"  > n° 143 > Les premières applications sur le terrain
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Les premières applications sur le terrain
Alors que la méthode SURE se déploie sur l’ensemble du territoire, elle est appliquée depuis plus d’une année sur le terrain sur quinze premiers itinéraires pilotes choisis pour leur forte accidentalité. Zoom sur quatre d’entre eux sur lesquels des aménagements de sécurité vont être réalisés dès cette année.
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  • Haut-Rhin

Photo : la méthode SURE dans le Haut-RhinLe diagnostic effectué sur la RN 415 dans le Haut- Rhin a débouché sur une vingtaine de pistes d’actions différentes. Il faut dire que le tronçon concerné – l’un des plus accidentogènes du département – est un cas d’école. Entre le col du Bonhomme et Colmar, les usagers auront traversé une zone de moyenne montagne, une vallée étroite et sinueuse, une zone viticole et les abords d’une agglomération. "De nombreux facteurs de risques mis en évidence lors du diagnostic conduit en 2004 sont liés à des problèmes de perception de l’infrastructure, confie Guy Treffot, responsable de la gestion de la route de la DDE du Haut-Rhin. Par exemple, près du col du Bonhomme, où plusieurs accidents mortels ont été enregistrés, nous avons mis en évidence une succession de virages prononcés aux rayons de courbure très variables qui constituent un piège pour les automobilistes. Nous allons donc travailler sur le balisage et la signalisation pour attirer leur attention." Ailleurs, ce sont les obstacles latéraux (arbres, murs, parapets de pont…) qui sont en cause et qui vont être traités. Dans la zone viticole où les vitesses sont élevées, il est proposé de réduire le nombre d’accès aux parcelles et de ramener la route de trois à deux voies pour aménager deux bandes de circulation de part et d’autre pour les véhicules lents. Au total, le programme de la DDE unit ainsi des actions légères en termes d’intervention et de coût qui seront menées dès cette année à d’autres plus lourdes comme le réaménagement d’un carrefour. L’ensemble de ces propositions fera l’objet d’une étroite concertation avec les collectivités concernées. En attendant leur mise en œuvre, Guy Treffot se félicite "de l’aspect très formateur de la méthode SURE pour les collaborateurs de la cellule sécurité routière qui ont mené le diagnostic et de l’organisation en équipe projet qui permet de fédérer tous les services concernés".

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  • Eure

Des zones de plaine, puis une vallée et de nouveau la plaine avant une autre vallée : l’environnement que traverse la RN 138 dans l’Eure n’est pas le meilleur qui soit pour la sécurité routière. D’autant plus que cette route qui relie Alençon à Rouen connaît un trafic élevé de poids lourds. Résultat : c’est l’un des tronçons les plus accidentogènes de la région. Pour remédier à cet état de fait, il a été retenu dans le programme d’expérimentations de la méthode SURE. Après analyse de l’accidentologie, leurs études ont été focalisées sur une section de 23 km qui a concentré le plus grand nombre d’accidents. "Outre des déficits d’adhérence révélés par les bulletins d’accidents, cette section est particulièrement accidentogène en raison des nombreuses pentes, rampes et virages et des changements fréquents de comportement que doivent adopter les usagers, indique Alain Duval, responsable du service de la gestion de la route de la DDE de l’Eure. Pour renforcer la sécurité de l’itinéraire, plusieurs actions ont été décidées et planifiées : reprise de revêtement (déjà effectuée et qui fera prochainement l’objet de nouvelles mesures d’adhérence), signalisation des virages, amélioration de la perception des virages par des interventions sur des plantations et des clôtures..."

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  • Jura

Le tronçon de la RN 83 situé dans le Jura entre la sortie de l’A 391 et Besançon, soit une trentaine de kilomètres, figure parmi les routes nationales du département présentant une accidentalité supérieure à la moyenne nationale. Après un diagnostic de tous les accidents intervenus entre 1998 et 2002, quatre facteurs de risques principaux ont été identifiés : des virages serrés sur une section sinueuse et en pente ; des accès directs à des chemins communaux ou à des parcelles viticoles sans aménagement particulier ; des sections à 4 voies sans terre-plein central et avec une largeur de voie gauche réduite ; enfin, l’itinéraire ne compte pas moins de quatorze changements de profil en travers avec des zones de transition souvent insuffisantes. Pour améliorer sa sécurité, de nombreuses pistes d’actions sont envisagées, du simple marquage prévenant les changements de profils à un traitement approfondi des accotements dans la section la plus sinueuse ou pour l’accès aux parcelles viticoles en passant par la réduction de zones à 3 ou 4 voies… "Certaines des actions nécessitant de négocier avec des propriétaires réclameront deux à trois ans, confie Yves Marietta, responsable du service des routes de la DDE du Jura. D’autres sont faciles à mettre en œuvre rapidement par nos propres équipes. Des premières réalisations pourront être effectuées d’ici à la fin de l’année. C’est là tout l’intérêt de la méthode SURE. Après un travail de diagnostic complexe et long, elle permet d’engager assez vite des aménagements concrets dont l’impact est certain."

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  • Le cas de la Francilienne

Les 30 km de la Francilienne (N 104) compris entre l’A4 et l’A5 reviennent sans cesse dans les bulletins d’information routière. La raison ? Ce tronçon à très fort trafic, la troisième rocade à l’est de Paris, connaît une fréquence élevée d’accidents. Avec une centaine d’accidents corporels par an, le taux d’accidents y est supérieur à la moyenne nationale constatée sur les routes express à deux chaussées. "Les agents de la DDE qui interviennent nuit et jour sur cet axe connaissent les conséquences du moindre accident sur l’exploitation des routes de l’ensemble du secteur", indique Robert Hanesse, responsable du service route et transports à la DDE de Seine-et-Marne. C’est pourquoi l’itinéraire a été retenu parmi les premières expérimentations de la méthode SURE. "La phase de diagnostic a permis de révéler plusieurs facteurs d’accidents", indique Lionel Patte, chef du groupe sécurité routière – réseau routier au Laboratoire régional de l’est parisien de la DRE Ile-de-France. Parmi les principaux figurent le comportement des conducteurs, et particulièrement le non-respect des limitations de vitesse dans les virages ou les zones d’échanges ; certaines caractéristiques du tracé, qui correspond à un aménagement sur place d’une route existante, sont limitées, et on constate ponctuellement une usure accélérée du revêtement très sollicité. Robert Hanesse rappelle que la DDE a été le pilote de l’étude et qu’elle vient d’en recevoir les conclusions. La DDE va proposer à la Direction des routes un programme d’actions et a programmé dès 2005 sur le budget d’entretien une reprise partielle du revêtement avec la mise en place, sur les zones les plus sensibles, d’un revêtement à haute-adhérence en bauxite calcinée."Ce sont des actions ciblées qui se concentrent sur des zones sensibles et qui sont de nature à réduire l’accidentalité sur l’ensemble de l’itinéraire de manière significative", conclut Lionel Patte. Par ailleurs, la DDE a proposé au préfet de Seineet- Marne une surveillance renforcée de la RN 104 dans le cadre du Plan départemental de contrôles routiers.

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  • Les autres itinéraires pilotes

• RN 1 entre Beauvais et Breteuil (Oise)
• RN 6 entre Vermenton et Avallon (Yonne)
• RN 7 entre Saint- Cannat et Celony (Bouches-du-Rhône)
• RN 10 entre la limite du Loir-et-Cher et Monnaie (Indre-et- Loire)
• RN 21 entre Périgueux et Bergerac (Dordogne)
• RN 102 entre Le Puy et le carrefour RD114/ RD513 (Haute-Loire)
• RN 112 entre Saint- Pons-de-Thomières et Cébazan (Hérault)
• RN 160 entre Mortagne-sur-Sèvre et la RN137 (Vendée)
• RN 151 entre Châteauroux et la limite du Cher (Indre)
• RN 158 entre Caen et Falaise (Calvados)

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