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Depuis la promulgation en 1996 de la
loi sur l’air – avec obligation pour les villes
de plus de 100 000 habitants de se doter d’un plan de
déplacements urbains – puis de celle, en 2000,
de la loi
solidarité et renouvellement urbains, les villes
se sont peu à peu ouvertes aux "circulations douces".
De la même manière, les schémas directeurs
des aménagements cyclables (SDAC), encore marginaux
il y a une dizaine d’années, se sont multipliés
dans de nombreuses agglomérations et jusque dans les
petites communes. Pour autant, le parc "actif" des
vélos – c’est-à-dire ceux qui sont
réellement utilisés et ne dorment pas au fond
des greniers – ne dépasserait pas les cinq millions
d’unités [1].
Et, selon les zones géographiques et la carte d’identité
des cyclistes, la pratique du vélo diffère.
D’après une étude Sofres [2]
réalisée en 2003, le vélo est davantage
utilisé en milieu rural, plus précisément
en milieu "rurbain", c’est-à-dire en
espace rural sous influence urbaine d’une ville proche
: le taux d’usage du vélo y atteint les 21 %,
contre 13% en centre ville et 9% à la périphérie
urbaine. Répandu de la même manière dans
toutes les catégories d’âge jusqu’à
65 ans (entre 13 et 19 %), le cycliste se fait plus rare après
cet âge. Toutefois, l’utilisation se maintient
à plus de 10% chez les hommes âgés de
75 ans et plus. Les femmes sont, quant à elles, moins
adeptes de la bicyclette (12% contre 17% pour les hommes),
si ce n’est entre 18 et 25 ans où elles en font
deux fois plus que les hommes (16%).
Enfin, le vélo demeure un mode de déplacement
marginal pour les déplacements domicile-travail, comme
le confirme une autre étude Sofres [3]
réalisée pour le Gart
(Groupement des autorités responsables du transport)
en 2001, qui évalue à 5% le taux d’utilisation
du vélo parmi les actifs et les étudiants dans
les agglomérations de plus de 30 000 habitants pour
ce type de déplacements. Les utilisateurs occasionnels
constituent donc l’essentiel de la clientèle
du vélo. Mais, vélo des villes ou vélo
des champs, les cyclistes font désormais partie du
paysage. Ils restent malgré tout particulièrement
vulnérables du fait de leur absence quasi totale de
protection et de leur faible vitesse de déplacement
[4] qui ne leur permet
généralement pas de s’immiscer en toute
sécurité dans le trafic. Aussi, pour tenter
d’améliorer la sécurité de ces
usagers et faciliter leur circulation en ville, une véritable
concertation s’est créée dans le monde
du vélo.
Ce lieu de rencontres, d’échanges d’expériences,
de propositions d’actions communes, c’est le Comité
de suivi de la politique du vélo. Celui-ci est né
en 1994 de l’initiative conjointe des ministres de l’Environnement
et de l’Équipement (rejoints en 1996 par le ministre
de la Jeunesse et des Sports). Présidé par Hubert
Peigné, il est composé de représentants
des collectivités locales (le
Club des villes cyclables, l’Association
des départements cyclables), d’usagers du
vélo (la Fédération
française de cyclotourisme, la FUBicy
(Fédération française des usagers de
la bicyclette, le Mouvement
de défense de la bicyclette), mais aussi des grands
opérateurs de transport (SNCF et RATP) et des représentants
du Conseil
national des professions du cycle. Un partenariat constructif
pour apporter des solutions concrètes aux usagers du
vélo.
> Pour en savoir plus :
• L’enquête Sofres "Les
Français et le vélo"
• L’enquête Sofres "La
dépendance à l’égard de l’automobile"
- 3 questions à Brigitte
le Brethon, députée du Calvados et maire
de Caen
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A la demande du Premier ministre, une mission
d’analyse et de recommandation sur le développement
de la bicyclette a été confiée à
Brigitte
le Brethon en juillet 2003. Elle a remis mi-mars son rapport
intitulé "encourager
le développement de la bicyclette en France"
dans lequel elle aborde l’aspect sécurité.
À propos de l’insécurité
routière, vous parlez d’un sentiment subjectif…
Regardez les statistiques des accidents, notamment en ville
: le problème de la sécurité des piétons
et des motocyclistes s’y pose avec bien plus d’intensité
que pour les cyclistes ! En fait, concevoir une ville où
le vélo et la marche ont toute leur place, cela passe
par des aménagements qui visent à diminuer les
vitesses, à calmer le trafic, à développer
la vigilance des conducteurs. C’est bon pour la sécurité
routière en général.
Une augmentation des vélos n’entraînera-t-elle
pas une augmentation des accidents ?
Non parce que les risques sont liés d’abord et
avant tout à l’intensité de la circulation
automobile et aux comportements. On sait que plus il y a de
cyclistes en ville, moins il y a d’accidents. Un exemple
: dans le canton de Berne, la part des déplacements
à vélo est passée de 7 à 15% entre
1980 et 1990 et dans le même temps, le nombre d’accidents
à vélo a diminué de 10%!
Vous ne semblez pas très favorable à
une obligation du port du casque ?
Si, mais surtout pour les enfants et pour la pratique sportive.
Pour les déplacements des adultes en agglomération,
sa pertinence est loin d’être démontrée.
Les pays où la pratique du vélo est très
répandue ne l’imposent pas... Mieux vaut traiter
le problème de l’insécurité à
la source, en modérant les vitesses et en créant
des aménagements cyclables qui seront respectés.
> Pour en savoir plus : Le rapport "Propositions
pour encourager le développement de la bicyclette en
France"
- Une concertation mondiale
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La 14e édition du congrès
Velo-city s’est tenue pour la première fois
à Paris en septembre 2003 sur le thème "le
vélo, outil indispensable pour la reconquête de
la ville". Pendant quatre jours, plus de 700 participants
venus du monde entier (élus, chercheurs, urbanistes,
ingénieurs…) ont réfléchi sur les
méthodes et les pratiques à mettre en place au
niveau mondial pour une meilleure utilisation urbaine du vélo.
Une manière d’échanger les expériences
de chaque pays.
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