Il
faut le rappeler : la décision d’organiser des
assises départementales pendant la Semaine de la Sécurité
routière a été annoncée au CISR
du 9 juillet. Malgré des délais très
courts, partout la manifestation a pu se dérouler de
façon satisfaisante. Dans la plupart des départements,
ces assises ont permis d’ouvrir un vrai débat
en rassemblant dans un même lieu tous les acteurs locaux
de la sécurité routière, mais aussi les
institutionnels : le préfet, lui-même souvent
très investi et présent, le procureur de la
République, le président du conseil général
ou le vice-président, et de nombreux maires. Les échanges,
autour de "tables rondes" organisées sur
des thèmes précis, ont été bien
perçus : ils ont été l’occasion,
dans bien des cas, de mieux faire connaître et partager
les enjeux locaux, de dire ce qui se met en place, pointer
ce qui "marche" et améliore la situation…
et ce qu’il reste à faire. L’état
des lieux ainsi dressé au niveau du département
a parfois permis de proposer de nouveaux objectifs et d’ébaucher
des pistes pour les atteindre. D’un département
à l’autre, le nombre des participants a oscillé
entre quatre-vingts et quatre cents, mais le profil, lui,
est resté assez constant : il s’agissait pour
l’essentiel de représentants des administrations
(notamment des forces de l’ordre, de la Justice, de
l’Équipement, de l’Éducation nationale),
des assureurs, des associatifs, des représentants de
milieux socioprofessionnels, des entreprises. Les IDSR (inspecteurs
départementaux de sécurité routière)
étaient représentés en nombre. Quant
aux thèmes traités, ce sont les mêmes
qui sont revenus partout : le renforcement de la mobilisation
locale, les jeunes et les conduites à risque (l’alcool
au volant), les seniors (avec des questions autour de l’aptitude
médicale à la conduite), la prévention
du risque routier en entreprise, et, enfin, les infrastructures.
- Les assises départementales
: Des tables rondes qui ont mobilisé tous les
acteurs locaux
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Représentants des forces de l’ordre,
de l’équipement, de la justice, de l’éducation
nationale, entreprises, assureurs, associatifs, IDSR : Tous
les acteurs locaux étaient présents.
500 personnes réunies à Saint-Étienne
(Loire)
Un chiffre record… et une organisation remarquable autour
de trois tables rondes. La première, "Infrastructures
routières et comportements des conducteurs", a
évoqué des exemples réussis de mobilisation
et de concertation pour lutter contre l’insécurité
routière. Les collectivités locales et les entreprises
spécialisées dans le transport ont été
invitées à entreprendre des démarches
analogues auprès des usagers… La deuxième,
"Vitesse : mythes et réalités", a
insisté sur les phénomènes physiques
et les contraintes psychophysiologiques qui limitent la toute-puissance
des conducteurs… et les mènent parfois à
l’accident. Pour les amener à mieux prendre en
compte ces contraintes et ces phénomènes, des
actions de sensibilisation dans les lycées et les entreprises
ont été décidées. Enfin, le troisième
débat sur le thème "Un accident : coup
de frein sur la vie" a mis en lumière les conséquences
sociétales d’un accident. Là encore, des
actions de sensibilisation ont été arrêtées,
notamment pour améliorer la prise en charge des victimes.
Les propositions du Maine-et-Loire pour les deux-roues
Deux cents personnes ont participé aux assises à
Angers : deux procureurs de la République, plus de
cinquante élus locaux, l’ensemble des partenaires
institutionnels et des associations, les représentants
des salariés… Au cours des tables rondes, diverses
suggestions ont été faites pour améliorer
la sécurité des deux-roues, une préoccupation
majeure pour beaucoup dans le département. Par exemple,
la mise en place, dans le cadre des alternatives aux sanctions,
de stages impliquant les parents des jeunes récidivistes,
l’interdiction d’importer des engins dont la vitesse
ne peut pas rester bridée à 45 km/h, ou encore
l’instauration d’un BSR
renforcé pour une meilleure formation initiale.
Le Lot-et-Garonne mobilisé contre l’alcool,
les drogues et les médicaments
C’était l’un des thèmes retenus
pour les tables rondes (les deux autres portant sur la mobilisation
des acteurs locaux et sur la responsabilisation du conducteur),
et incontestablement le plus mobilisateur. Sans doute parce
que, comme l’a indiqué un lieutenant de gendarmerie,
"ce phénomène semble plus important dans
nos régions". En tout cas, des médecins
et des travailleurs sociaux sont venus en force pour présenter
les effets dévastateurs de l’alcool et des différentes
drogues. Ils ont par ailleurs souhaité que l’on
montre vraiment ce que sont les accidents "car trop souvent
les jeunes se sentent indestructibles", et demandé
qu’on renforce encore les actions de type "conducteur
désigné". Les représentants
des forces de l’ordre et de la Justice ont, de leur
côté, rappelé que la prévention
seule suffit rarement : "Le maître mot, c’est
réprimer pour protéger." Un principe que
les jeunes participants ne rejettent pas… mais à
condition que les sanctions soient homogènes.
Des décideurs et acteurs de terrain inventifs
à Colmar (Haut-Rhin)
Autour de trois tables rondes très ciblées –
"éducation routière", "santé
et conduite", "infrastructure-trajet-véhicule"
–, les idées ont fusé en Alsace. Pour
les participants, la nécessité de renforcer
l’éducation routière tout au long de la
vie était une évidence ; il faut donc commencer
par apprendre aux élèves les règles de
sécurité non plus sur piste, mais en situation
réelle sur une route sécurisée, et en
en réduisant le caractère ludique. Il faut aussi
améliorer la formation à la conduite. D’ailleurs,
le Conseil général
du Haut-Rhin et les assureurs, qui financent depuis quelques
années trois jours de formation complémentaire
aux jeunes titulaires du permis B, vont envisager l’extension
de ce dispositif aux jeunes motards. Et en attendant le recyclage
des conducteurs tous les cinq ans – qu’ils espèrent
–, les participants ont suggéré la mise
en place d’une déduction fiscale et d’une
modulation des tarifs par les assurances pour ceux qui suivraient
volontairement ces stages… Quelques idées parmi
beaucoup d’autres émises au cours de ces assises
très fructueuses.
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