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Accueil  > Ressources  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 136 > 4e semaine de la sécurité routière : cent assises départementales

Événement
4e semaine de la sécurité routière : cent assises départementales
Le défi a été remporté : entre le 15 et le 22 octobre derniers, les assises départementales de la sécurité routière se sont tenues partout en france. Comme lors des "États Généraux" organisés à Paris en septembre 2002, ces échanges, centrés sur l’écoute des acteurs, devraient développer la prise en charge locale de la sécurité routière et ouvrir de nouveaux chapitres au registre du chantier présidentiel.

Photo : un dialogue lors des assises de ToulonIl faut le rappeler : la décision d’organiser des assises départementales pendant la Semaine de la Sécurité routière a été annoncée au CISR du 9 juillet. Malgré des délais très courts, partout la manifestation a pu se dérouler de façon satisfaisante. Dans la plupart des départements, ces assises ont permis d’ouvrir un vrai débat en rassemblant dans un même lieu tous les acteurs locaux de la sécurité routière, mais aussi les institutionnels : le préfet, lui-même souvent très investi et présent, le procureur de la République, le président du conseil général ou le vice-président, et de nombreux maires. Les échanges, autour de "tables rondes" organisées sur des thèmes précis, ont été bien perçus : ils ont été l’occasion, dans bien des cas, de mieux faire connaître et partager les enjeux locaux, de dire ce qui se met en place, pointer ce qui "marche" et améliore la situation… et ce qu’il reste à faire. L’état des lieux ainsi dressé au niveau du département a parfois permis de proposer de nouveaux objectifs et d’ébaucher des pistes pour les atteindre. D’un département à l’autre, le nombre des participants a oscillé entre quatre-vingts et quatre cents, mais le profil, lui, est resté assez constant : il s’agissait pour l’essentiel de représentants des administrations (notamment des forces de l’ordre, de la Justice, de l’Équipement, de l’Éducation nationale), des assureurs, des associatifs, des représentants de milieux socioprofessionnels, des entreprises. Les IDSR (inspecteurs départementaux de sécurité routière) étaient représentés en nombre. Quant aux thèmes traités, ce sont les mêmes qui sont revenus partout : le renforcement de la mobilisation locale, les jeunes et les conduites à risque (l’alcool au volant), les seniors (avec des questions autour de l’aptitude médicale à la conduite), la prévention du risque routier en entreprise, et, enfin, les infrastructures.

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  • Les assises départementales : Des tables rondes qui ont mobilisé tous les acteurs locaux

Représentants des forces de l’ordre, de l’équipement, de la justice, de l’éducation nationale, entreprises, assureurs, associatifs, IDSR : Tous les acteurs locaux étaient présents.

500 personnes réunies à Saint-Étienne (Loire)
Un chiffre record… et une organisation remarquable autour de trois tables rondes. La première, "Infrastructures routières et comportements des conducteurs", a évoqué des exemples réussis de mobilisation et de concertation pour lutter contre l’insécurité routière. Les collectivités locales et les entreprises spécialisées dans le transport ont été invitées à entreprendre des démarches analogues auprès des usagers… La deuxième, "Vitesse : mythes et réalités", a insisté sur les phénomènes physiques et les contraintes psychophysiologiques qui limitent la toute-puissance des conducteurs… et les mènent parfois à l’accident. Pour les amener à mieux prendre en compte ces contraintes et ces phénomènes, des actions de sensibilisation dans les lycées et les entreprises ont été décidées. Enfin, le troisième débat sur le thème "Un accident : coup de frein sur la vie" a mis en lumière les conséquences sociétales d’un accident. Là encore, des actions de sensibilisation ont été arrêtées, notamment pour améliorer la prise en charge des victimes.

Les propositions du Maine-et-Loire pour les deux-roues
Deux cents personnes ont participé aux assises à Angers : deux procureurs de la République, plus de cinquante élus locaux, l’ensemble des partenaires institutionnels et des associations, les représentants des salariés… Au cours des tables rondes, diverses suggestions ont été faites pour améliorer la sécurité des deux-roues, une préoccupation majeure pour beaucoup dans le département. Par exemple, la mise en place, dans le cadre des alternatives aux sanctions, de stages impliquant les parents des jeunes récidivistes, l’interdiction d’importer des engins dont la vitesse ne peut pas rester bridée à 45 km/h, ou encore l’instauration d’un BSR renforcé pour une meilleure formation initiale.


Le Lot-et-Garonne mobilisé contre l’alcool, les drogues et les médicaments
C’était l’un des thèmes retenus pour les tables rondes (les deux autres portant sur la mobilisation des acteurs locaux et sur la responsabilisation du conducteur), et incontestablement le plus mobilisateur. Sans doute parce que, comme l’a indiqué un lieutenant de gendarmerie, "ce phénomène semble plus important dans nos régions". En tout cas, des médecins et des travailleurs sociaux sont venus en force pour présenter les effets dévastateurs de l’alcool et des différentes drogues. Ils ont par ailleurs souhaité que l’on montre vraiment ce que sont les accidents "car trop souvent les jeunes se sentent indestructibles", et demandé qu’on renforce encore les actions de type "conducteur désigné". Les représentants des forces de l’ordre et de la Justice ont, de leur côté, rappelé que la prévention seule suffit rarement : "Le maître mot, c’est réprimer pour protéger." Un principe que les jeunes participants ne rejettent pas… mais à condition que les sanctions soient homogènes.

Des décideurs et acteurs de terrain inventifs à Colmar (Haut-Rhin)
Autour de trois tables rondes très ciblées – "éducation routière", "santé et conduite", "infrastructure-trajet-véhicule" –, les idées ont fusé en Alsace. Pour les participants, la nécessité de renforcer l’éducation routière tout au long de la vie était une évidence ; il faut donc commencer par apprendre aux élèves les règles de sécurité non plus sur piste, mais en situation réelle sur une route sécurisée, et en en réduisant le caractère ludique. Il faut aussi améliorer la formation à la conduite. D’ailleurs, le Conseil général du Haut-Rhin et les assureurs, qui financent depuis quelques années trois jours de formation complémentaire aux jeunes titulaires du permis B, vont envisager l’extension de ce dispositif aux jeunes motards. Et en attendant le recyclage des conducteurs tous les cinq ans – qu’ils espèrent –, les participants ont suggéré la mise en place d’une déduction fiscale et d’une modulation des tarifs par les assurances pour ceux qui suivraient volontairement ces stages… Quelques idées parmi beaucoup d’autres émises au cours de ces assises très fructueuses.

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20 000
personnes ont participé à ces assises départementales.
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