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Une circulaire visant à organiser la prise en charge
des traumatisés crâniens et médullaires
dans notre pays est en préparation. Elle concerne très
largement les accidentés de la route : ils représentent
environ les trois quarts de ces patients. Il s’agit
presque toujours de personnes ne disposant plus d’aucune
autonomie et exigeant des soins constants. "Certains
traumatismes des membres inférieurs ou supérieurs
peuvent laisser des séquelles fonctionnelles, mais
ils ont souvent de bonnes réparations, explique le
Dr Philippe Denormandie, responsable de la mission
Handicaps à l’Assistance publique-Hôpitaux
de Paris, qui "planche" sur ce dossier. De même,
des lésions thoraciques peuvent mettre la vie du blessé
en danger, mais lorsque celui-ci s’en sort, c’est
en général sans grosses séquelles. En
revanche, les traumatismes graves du cerveau ou ceux de la
moelle épinière laissent des séquelles
lourdes et définitives."
Définir des principes de base pour une prise
en charge de qualité
L’ambition du gouvernement est de mettre sur pied, à
l’attention de cette catégorie de grands blessés,
les principes d’une prise en charge de qualité.
À tous les stades : du ramassage sur la chaussée
à la réinsertion, en passant par la phase aiguë
de soins, la phase de rééducation et le suivi
médico-social à moyen et long termes. Ces principes
devraient servir de base à l’élaboration
des schémas
régionaux d’organisation sanitaire (SROS),
de façon à mettre en réseau tous les
acteurs des champs sanitaires et médico-sociaux. Reste
que le dossier est lourd et complexe. Ainsi, le traumatisme
crânien peut prendre des formes très diverses,
allant du coma persistant ou du déficit moteur grave,
et donc très visible, à un trouble important
des fonctions supérieures, qui ne laisse aucune trace
apparente. Chacune de ces formes va nécessiter des
réponses différentes.
Réorganiser la prise en charge dès
la phase aiguë
Aujourd’hui, la rapidité des secours et les formidables
progrès des techniques mobiles de réanimation
permettent de maintenir en vie un grand nombre de blessés.
Est-ce suffisant ? Non, selon le Dr Denormandie : "Je
peux vous assurer qu’il y a encore de sérieux
progrès à faire ! Deux études récentes,
celle de l’Institut de recherche sur la moelle épinière
et celle de la CRAMIF
[1], ont mis en évidence
des dysfonctionnements dans la prise en charge des blessés.
En fait, on sait fort bien ce qu’il faut faire : les
procédures, les recommandations de bonne pratique clinique,
tout cela fait l’objet de consensus. Mais voilà
: elles ne sont pas toujours appliquées, et surtout
quand elles le sont, c’est de façon inégale
sur le territoire." Dans ces cas de traumatismes graves,
la qualité de la prise en charge médicale primaire
est essentielle." Elle ne supprime pas les effets dévastateurs
des lésions subies, mais elle peut en limiter l’extension
et permettre une meilleure récupération. Lorsqu’on
a échoué à éviter l’accident,
il faut au moins faire en sorte que les personnes accidentées
aient le moins de séquelles possible…" C’est
donc sur ce terrain-là aussi que le gouvernement entend
mener la bataille contre la violence routière. Cela
passe nécessairement par une réorganisation
de la prise en charge dès la phase aiguë : "Par
exemple, nos services de réanimation sont trop dispersés
pour être vraiment efficaces, explique le Dr Denormandie.
Et il n’est pas rare que des structures hospitalières
très performantes ne puissent plus répondre
à la demande parce que les services d’aval fonctionnent
mal et qu’elles se retrouvent asphyxiées par
des patients qui n’ont plus rien à faire dans
leurs services. Il faudrait donc créer d’urgence
des petites structures spécifiques pour prendre en
charge les états végétatifs chroniques
ou paucirelationnels."
Eviter toute rupture de la chaîne de soins
Même si, depuis vingt ans, des établissements
de soins de suite et de rééducation ont vu le
jour, les capacités d’accueil paraissent encore
bien dérisoires par rapport aux besoins qui, eux, augmentent
toujours plus vite. Or, pour les traumatisés crâniens
comme pour les blessés médullaires, il est essentiel
que des filières spécifiques assurent une prise
en charge complète et en continu. Cela exige une articulation
parfaite entre les intervenants de la phase aiguë et
ceux de la rééducation, à la fois dans
le temps et dans le suivi thérapeutique. Le démarrage
de la rééducation doit avoir lieu le plus tôt
possible ; l’évolution du patient doit ensuite
faire l’objet d’une attention permanente car il
est très important qu’à chaque stade,
celui-ci trouve un établissement qui réponde
le mieux possible à ses besoins et à ses possibilités
de progresser. À l’heure actuelle, on est très
loin de pouvoir assurer cette qualité de soins à
l’ensemble des patients concernés.
- L’orientation des
grands blessés
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Lors de la prise en charge d’un blessé
médullaire ou d’un traumatisé crânien
grave, la rapidité et les conditions de transport et
d’accueil vers un établissement adapté
sont essentielles ; elles permettent de limiter l’apparition
de lésions secondaires, d’éviter les effets
délétères d’une intervention tardive.
Cela dit, une bonne orientation implique que l’équipe
de secours soit au complet (médecin, infirmier, ambulancier)
et puisse effectuer un premier diagnostic lésionnel,
voire un bilan neurologique du blessé. Par ailleurs,
seule une concertation préalable avec la structure
d’accueil permet une prise en charge sans délai
du blessé par une équipe expérimentée
et spécialisée.
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