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Carrefour d'expériences
Service public

Pendant une semaine, en octobre, 19 élèves issus de différentes écoles de service public se sont retrouvés à l’école nationale de la santé publique (ENSP), à Rennes, pour évoquer le thème "l’accident de la circulation : entre prévention et souffrance" . L’objectif : apprendre à ces futurs professionnels à travailler ensemble pour la sécurité routière.
Zoom sur le dispositif, les thèmes abordés et des témoignages...

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  • Une session interécoles autour de la sécurité routière

Photo : cette session a rassemblé 19 étudiants préparant des carrières variéesIls seront bientôt directeurs d’hôpitaux, inspecteurs du travail et de la formation professionnelle, pompiers ou commissaires de police. Ils préparent des carrières très différentes mais celles-ci ont au moins un dénominateur commun : la sécurité routière et la prévention des accidents de la circulation. Aussi est-il apparu opportun à l’ENSP d’organiser deux sessions "interécoles" (lire l’encadré ci-contre) sur ce thème. Pendant une semaine, en octobre, 19 étudiants ont été initiés à la problématique de l’accident de la route, grâce aux exposés de différents intervenants : un magistrat (François Leplat, conseiller technique justice à la Sécurité routière), un avocat, un économiste chercheur à l’Inrets, des militants d’associations, un membre d’un centre de rééducation, etc.

À la rencontre des acteurs locaux
C’est Arnaud Campéon, chargé de recherches à l’ENSP, qui a conçu le programme de cette session, sous la houlette de Michel Legros, responsable du département Politiss (politiques et institutions sanitaires et sociales) de l’École. "J’ai essayé d’aborder le problème de manière transversale, en évoquant la législation, la réparation des préjudices, l’insécurité routière vue d’un œil économique, la réadaptation après l’accident… J’ai surtout réservé une plage horaire pour que les étudiants aillent à la rencontre de différents acteurs locaux, sur le terrain." Après la théorie, la pratique. Le mercredi après-midi, répartis en groupes de six, les stagiaires ont eu des entretiens avec des professionnels, liés de près ou de loin à la sécurité routière. Le lendemain, ils se sont retrouvés autour d’une table ronde pour rendre compte de leurs entretiens à leurs camarades en compagnie de deux professionnels. Ainsi, un groupe d’étudiants a découvert l’Observatoire régional de sécurité routière de Bretagne et eu une vue d’ensemble des causes d’accidents, des statistiques et des commissions "Réagir" . D’autres ont rencontré le substitut du procureur : en Ille-et-Vilaine, les délits routiers représentent 50 % du contentieux des tribunaux. L’alcool est présent dans un tiers de ces délits. Si l’alternative aux poursuites (avec des stages de sensibilisation) est une formule fréquemment proposée, elle a ses limites : elle n’empêche pas la récidive.

Visite dans un centre de rééducation
Un autre groupe a visité le centre de rééducation fonctionnelle et professionnelle Adapt, qui soigne exclusivement les lésions cérébrales, souvent provoquées par des traumatismes crâniens. "Des patients très fragiles, souvent inconscients des séquelles qui les frappent, mais dont le comportement a changé : ils deviennent facilement irritables, ils ont des problèmes de concentration", témoigne Jean-François Dando, lors de cette table ronde à l’ENSP. Cet homme est chargé des relations avec les entreprises au centre Adapt : c’est lui qui est en charge de la réinsertion professionnelle des patients traités au centre. Le Dr Verschoore, médecin de rééducation fonctionnelle au centre de Kerpape, était également présent à cette table ronde : il a pu apporter son témoignage de soignant. Autre témoignage : la rencontre de la présidente de l’Association des victimes de la route de Bretagne, qui propose une permanence téléphonique pour les victimes d’accidents de la route ou leurs proches, ainsi qu’une aide juridique pour obtenir une indemnisation. Forts de cette première approche de la sécurité routière, nos 19 étudiants sont repartis dans leur école, prêts à coopérer avec leurs collègues des autres services publics. Une démarche en faveur d’une approche interministérielle, qui peut faire progresser la sécurité routière à grands pas.

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  • Des thèmes transversaux

En 1995 est né le réseau des écoles de service public, qui regroupe aujourd’hui 31 établissements et organise des sessions interécoles sur des thèmes transversaux. L’objectif est de confronter des logiques professionnelles diverses, d’apprendre à traiter des problèmes en coopération avec d’autres institutions, et restituer les problèmes dans un cadre plus global. Chaque session accueille une trentaine de participants issus d’organismes formant, outre les futurs directeurs d’hôpitaux, des policiers ou pompiers, des cadres des organismes de Sécurité sociale, inspecteurs du travail, magistrats, des gendarmes, fonctionnaires des douanes, ou encore bibliothécaires, agents des impôts, vétérinaires…

> Pour en savoir plus : www.resp-fr.org

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  • Témoignages

Olivier Mottu, étudiant à l’ENS police [1]
"À la sortie de l’école, nous sommes en majorité affectés dans des commissariats de police, donc en lien direct avec les accidents de la route. Nous avons tendance à voir l’accident uniquement d’un point de vue policier et judiciaire. Grâce à cette session, nous avons abordé le problème avec le regard d’autres acteurs : celui d’un économiste, d’un médecin, du personnel de centres de rééducation, etc."

Amélie Decker, étudiante au Cnesss [2]
"Les agents des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) ont parfois à traiter les pathologies d’invalidité, la prise en charge des soins des accidentés de la route. Mais en tant que cadre d’un organisme social – CPAM ou autre –, je ne serai pas amenée à travailler directement avec des accidentés de la route. Cela dit, la sécurité routière est un thème transversal, qui, de plus, nous touche au niveau personnel. Cette session nous permet d’avoir une vision différente de ce problème, en évoquant l’indemnisation, la réinsertion professionnelle, les secours… "

Gaëlle Marc, étudiante à l’INTEFP [3]
"En tant que futurs inspecteurs du travail, nous serons concernés par les accidents de travail en voiture ou les accidents de trajet domicile-travail. Il peut y avoir une enquête dans l’entreprise concernant un accident de voiture lié à une mission. Dans ce cas, nous pourrons être destinataires des procès-verbaux établis par la police ou la gendarmerie."

> Pour en savoir plus : ENSP, avenue du Professeur-Léon-Bernard, 35043 Rennes Cedex. Département Politiss, Tél. : 02 99 02 28 52

[1] École nationale supérieure de la police.
[2] Cnesss : Centre national d’études supérieures de sécurité sociale.
[3] INTEFP : Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

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Repères

- 30%
d’accidents à Rennes depuis deux ans. Une baisse due, selon la gendarmerie, aux annonces du gouvernement, mais aussi à la présence renforcée des forces de l’ordre, à la RTT (réduction du temps de travail) qui a modifié les conditions de circulation, et à la mise en service du métro.

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