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On estime qu'en moyenne, le nombre de conducteurs alcoolisés
[1] sur les routes
de France ne dépasserait guère 2 % de la totalité
des conducteurs en circulation. Ce qui représente tout
de même 20 conducteurs dangereux rencontrés chaque
heure, soit un toutes les trois minutes ! En termes de risque,
ce n'est pas négligeable. La preuve : dans les accidents
mortels, on relève un taux d'alcoolémie excessif
[1] chez quelque
30 % des conducteurs impliqués [2]
(et même chez 45 % d'entre eux lorsque le véhicule
accidenté est seul en cause). Le risque "alcool"
est aussi présent dans 10 % des accidents corporels
(mais plus de 20 % s'il s'agit d'un accident à un seul
véhicule). Et dans les contrôles effectués
à la suite d’une infraction, près de 5
% des conducteurs présentent une alcoolémie
trop élevée.
> Télécharger
ce que dit la loi (PDF 174 ko)
> Télécharger
le graphique des équivalences entre alcools (PDF
175 Ko) NB : A 0,5 g/l, le risque est bien multiplié
par 2 et non par 10, comme nous l'indiquions par erreur dans
le numéro spécial sur la loi (septembre 2003).
- Les effets de l'alcool
sur la conduite
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Même à faibles doses, l'alcool
agit directement sur le cerveau. Des perturbations interviennent
dès 0,3 g/l, mais deviennent plus sensibles à
partir de 0,5 g/l. Voici, par ordre décroissant de
dangerosité, les effets constatés :
- un conducteur, habituellement prudent, se prend à
sous-évaluer les risques et à transgresser les
interdits ; parce que l'alcool le désinhibe, il va
rouler plus vite, doubler sans visibilité, etc.,
- sa vigilance et sa résistance à la fatigue
diminuent,
- la coordination des mouvements est perturbée,
- le champ visuel est modifié ; il rétrécit,
entraînant une mauvaise perception latérale (danger
aux intersections) ; la perception du relief et de la profondeur
(donc des distances) est modifiée (danger dans les
dépassements),
- le temps de réaction visuelle augmente ; même
avec une alcoolémie légèrement positive,
la durée de réaction augmente de 50 %, ce qui
fait la différence en cas de freinage d'urgence !
- la sensibilité à l'éblouissement s'accroît.
- Le calcul des taux d'alcoolémie
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À partir de 0,5 g d'alcool par litre
de sang (ou 0,25 mg d'alcool par litre d'air expiré),
on dépasse la limite légale. Comment calculer
ce taux en l’absence d’appareil de mesure ? On
admet qu’un verre de boisson alcoolisée contient
environ 10 grammes d’alcool pur, et cela, quelle que
soit la boisson. Mais il faut savoir que la même quantité
d'alcool ingérée par deux individus ou même
par un seul individu à des moments différents
entraînera des taux d'alcoolémie variables. La
constitution corporelle et le sexe du buveur [3]
jouent en effet un rôle important. Ainsi, on estime
que pour ne pas dépasser 0,5 g/l, un homme peut boire
un verre de vin par tranche de 28,5 kg et une femme un verre
par tranche de 33 kg. Autrement dit, un homme de 70 kg peut
boire deux verres et demi alors qu'une femme de 50 kg doit
s'en tenir à un verre et demi pour rester dans les
limites prescrites. Ces doses, calculées à jeun,
peuvent cependant être augmentées si l'alcool
est ingéré au cours d'un repas. À l’inverse,
elles doivent être minorées en cas de maigreur,
de fatigue, de forte chaleur, de prise de médicaments,
etc. Aussi, la Sécurité routière recommande
de ne pas dépasser deux verres d’alcool.
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À jeun, on ressent l'effet maximum environ
une demi-heure après l'absorption, et une heure s'il
est pris au cours d'un repas. C'est le foie qui, par un processus
d'oxydation, permet l'élimination de l'alcool. Mais
ce processus est lent : entre 0,10 g et 0,15 g d'alcool dans
le sang par heure. Pour calculer le moment où l'on
peut reprendre le volant après avoir bu, il faut donc
partir du moment où le taux d'alcoolémie maximum
est atteint. Un exemple concret : au cours d'un dîner,
M. et Mme C. boivent chacun, entre 20 h et 22 h 30, deux apéritifs,
trois verres de vin et un digestif. Mme C., très menue,
atteint un seuil d'alcoolémie de 1,20 g/l vers 23 h
30 et devra attendre 4 h 30 du matin pour repasser sous la
barre des 0,5 g/l, alors que son mari, grand et fort, ne dépasse
pas 0,8 g/l et pourra reprendre le volant à 2 h du
matin. Cette élimination lente explique que, chez un
consommateur régulier, il reste souvent un petit résidu
d'alcoolémie. De ce fait, le taux légal peut
être dépassé après seulement un
verre ou deux... parce que les doses ingérées
la veille n'ont pas encore été complètement
éliminées.
- La guerre aux idées
reçues
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Moi, je "tiens bien l'alcool";
même après plusieurs verres, ma lucidité
reste totale.
Faux. Lorsqu’on boit de l'alcool régulièrement,
on en perçoit moins les effets, mais cela ne change
rien au taux d'alcoolémie... et pas grand-chose aux
effets néfastes sur la conduite (mauvaise perception
du danger, baisse de la vigilance, réflexes troublés,
restriction du champ de vision, etc.).
Quand j'ai trop bu, j'avale un café fort et
salé (ou plusieurs verres d'eau, une aspirine, etc.)
et je peux conduire sans problème...
Faux. Il faut en moyenne 90 min pour que le corps élimine
un verre de boisson alcoolisée. Et quoi qu’on
fasse, boire de l'eau, du café, trois aspirines ou
marcher à l'air, cela ne permet pas d'éliminer
plus vite. La seule recette : attendre.
J'ai un peu trop bu, mais je sens que je peux conduire...
Faux. Justement, le problème majeur lorsque l'on a
bu, c'est qu’on n'est plus à même de juger
ce qu’on est apte à faire ou à ne pas
faire. L'alcool crée un sentiment d'euphorie fort dangereux
car il laisse supposer que tout est possible. Y compris de
prendre le volant alors qu'il vaudrait mieux dormir sur place,
par exemple.
Quand je conduis, je ne bois jamais d'alcool fort...
mais du vin ou quelques bières à table, c'est
sans danger.
Faux. On ne le répétera jamais assez : un demi
de bière, c'est 25 cl à 5°, un ballon de
vin, c'est 12,5 cl à 10 ou 12° et un whisky ou
un pastis, c'est 3 cl d'alcool à 40°. Et à
chaque fois, cela représente à peu près
10 g d'alcool pur. En revanche, il est vrai qu'absorber de
l'alcool pendant un repas n’a pas le même effet
qu’à jeun, mais dans des limites bien précises.
En fait, ce sont les alcooliques qui provoquent les
accidents, pas ceux qui consomment "normalement".
Faux. Dans 85 % des accidents mortels liés à
l'alcool, les responsables sont des buveurs occasionnels.
Des gens "normaux" qui, sortant d'une fête
de famille, d'un repas d'affaires ou d'un pot entre amis,
ont consommé un peu plus que de coutume et ont repris
le volant sans la moindre conscience du danger.
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