Il est 10 heures en ce matin de mai sur l'autoroute, à
5 km de Metz. Pierre est au volant, en route pour un rendez-vous.
La circulation est fluide, les conditions météorologiques
clémentes. Soudain son attention est attirée
par un message d'alerte diffusé par un panneau à
messages variables (PMV) : "Ralentissez, danger".
Immédiatement, Pierre réduit son allure et allume
son autoradio sur la fréquence 107.7.
Sur la radio FM de l'autoroute, un journaliste est justement
en train de prévenir les automobilistes circulant dans
le secteur de Metz: "Un objet est signalé sur
la chaussée entre la sortie X et Y. Prudence, ralentissez
dans ce secteur, les patrouilleurs se rendent sur place. D'autres
informations vous seront données dès que possible."
Prévenir du danger
Pierre poursuit sa route et un kilomètre
plus loin, il aperçoit le gyrophare orange des services
de sécurité. Sur la voie de droite, une impressionnante
masse de ferraille, sans doute perdue par un camion. Arrivé
quelques minutes plus tôt, s'il n'avait pas été
mis en garde, Pierre n'aurait sans doute pu éviter
la collision. Dans cette situation fictive, l'accident a été
empêché, grâce à toute une chaîne
de collecte, de traitement, puis de diffusion de l'information.
Cela marche aussi dans la réalité, mais pour
être efficace, ce système nécessite une
organisation sans faille, à tous les niveaux.
Les infos remontent du terrain
Sur le terrain, l'information peut provenir
de sources très différentes. Les usagers tout
d'abord, témoins ou victimes d'un accident, appellent
par le réseau des postes d'appels d’urgence ou
par téléphone mobile. L'information est alors
retransmise par les services d'urgence. Ensuite, les patrouilleurs
des sociétés d'autoroutes, de la DDE, des forces
de l’ordre, les ouvriers travaillant sur les chantiers
et les personnels des péages signalent directement
les incidents et accidents. Sur le terrain, l'information
peut provenir de sources très différentes. Les
usagers tout d'abord, témoins ou victimes d'un accident,
appellent par le réseau des postes d'appels d’urgence
ou par téléphone mobile. L'information est alors
retransmise par les services d'urgence. Ensuite, les patrouilleurs
des sociétés d'autoroutes, de la DDE, des forces
de l’ordre, les ouvriers travaillant sur les chantiers
et les personnels des péages signalent directement
les incidents et accidents.
Deux centres pour les autoroutes
mosellanes
En Moselle,
ces informations sont collectées par deux centres distincts,
du fait de la présence de deux types d'autoroutes,
concédées et non concédées. Niché
dans une bretelle d’autoroute, le centre d'Ingénierie
et de Gestion du trafic (CIGT) a été lancé
par la DDE à Metz en 1999 pour gérer le réseau
non concédé de la Moselle. Courant 2003, les
moyens de ce CIGT seront mis en commun avec ceux de son voisin
de Meurthe-et-Moselle pour gérer le "sillon lorrain",
180 km d'autoroutes ou 2x2 voies, l'une des voies les plus
fréquentées de France, avec une moyenne de 100
000 véhicules par jour sur les autoroutes A31, A30,
A313, A33, A330 et la RN 431.
Cinquante caméras prévues
Le CIGT de Metz est géré conjointement
par la DDE et la police nationale (CRS). Dans la salle d'exploitation
commune, des écrans informatiques et des écrans
vidéo fonctionnent 24 heures sur 24 et 7 jours sur
7, veillés au minimum par un agent de la DDE et un
CRS. Les agents peuvent s’appuyer sur la vidéosurveillance,
puisqu'une dizaine de caméras est installée
en milieu urbain à Metz, tandis que sur le réseau,
quatre caméras surveillent le tunnel de Hayange et
trois autres, le triangle de Richemont (l'échangeur
entre l’A 30 et l'A31). À terme, une cinquantaine
de caméras devrait couvrir l'ensemble du sillon lorrain.
"Grâce à notre organisation, le temps d'information
est passé de la demi-heure à 5 minutes",
se félicite Didier Ohlmann, chef du service des routes
à la DDE de la Moselle. Reste maintenant à détecter
plus finement les événements et à crédibiliser
l'information. En effet, les automobilistes ne font pas forcément
confiance aux informations délivrées sur leur
parcours." Lorsqu'un panneau conseille de sortir de l'autoroute,
seuls 10 % des automobilistes le font", regrette le responsable.
Plus de 100 panneaux à
messages variables pour le PC routier
En parallèle de ce centre routier fonctionne
également à Metz le poste central (PC) d'exploitation
de la Sanef
(Société des autoroutes du nord et de l'est
de la France) qui s'occupe exclusivement de l'autoroute A4
dans sa partie est, reliant la Voie Sacrée à
Strasbourg via Metz – soit 240 km. Un PC dont les moyens
ont été considérablement renforcés:"En
trois ans, nous sommes passés de 2 PMV à près
de 100 faces entre Paris et Strasbourg et, depuis juin 2002,
la fréquence 107.7 FM couvre l'A 4 de Paris à
Strasbourg", raconte Daniel Aïli, le chef du réseau
de Metz. L’apparition de la radio, nouvel outil de l’information
routière, a fortement mobilisé les personnels
présents sur le terrain."Ils se sont approprié
l’outil et cela a profondément changé
leur vision des choses", souligne le chef du réseau
de la Sanef.
Le CRICR centralise les informations
Ces deux PC routiers à Metz, le CIGT
et le poste central d’exploitation de la Sanef agissent
dans leurs domaines de compétences respectifs. À
un échelon plus large, c'est le CRICR (centre régional
d'Information et de Coordination routières) qui est
chargé de recueillir, traiter et diffuser les informations
routières sur les 18 départements et 5 régions
de la zone défense Est auprès des autorités,
des professionnels et des usagers de la route. En outre, il
coordonne les actions de terrain pour la gestion du trafic,
notamment en temps de crise. Les CRICR ont l'originalité
d'être des organismes interministériels gérés
conjointement par le ministère des Transports, de l'Intérieur
(police) et de la Défense (gendarmerie). Il en existe
7 en France. Créé en 1972, le CRICR de Metz
gère la circulation de 2000 km d'autoroutes, 5400 km
de routes nationales et 7200 km de routes départementales
à grande circulation. "Ici, tout se fait en temps
réel, raconte Alain Fabre, le codirecteur Transports
du CRICR de Metz. On reçoit, on traite et on diffuse
l'information auprès de nos 295 abonnés, les
radios 107.7 de la Sanef et de la SAPRR
(Société des autoroutes Paris Rhin Rhône),
98 radios locales et régionales comme France Bleu Lorraine
Nord ou Sud et bien sûr tous nos abonnés institutionnels
comme les préfectures, les DDE, les sociétés
concessionnaires d’autoroutes comme la Sanef et la SAPRR,
la gendarmerie, la police."
Faire passer l’information
routière
Bouchon, pluie, brouillard, neige, travaux ou
accident : les 295 abonnés [1]
reçoivent l'information en même temps, quel que
soit le mode choisi : e-mail, intranet, fax, réseau
ministériel Rescom. Charge ensuite à tous ces
abonnés de retransmettre l’information auprès
des usagers, les utilisateurs du système RDS-TMC [2]
la recevant directement sur leur terminal embarqué.
Parallèlement, l’information remonte jusqu’au
centre national d’Information routière de Rosny-sous-Bois
et jusqu’au ministère des Transports pour élaborer
les prévisions de trafic, un service identifié
sous le nom Bison Futé, en fonction des habitudes des
usagers, des congés scolaires, mais aussi des travaux
en cours. Car les automobilistes l’oublient souvent,
un voyage, cela se prépare et beaucoup d’informations
sont connues avant le départ. Consulter le site Internet
de Bison Futé (www.bison-fute.equipement.gouv.fr),
le minitel 3615 ROUTE ou le téléphone 0826 022
022, c’est se laisser la possibilité de différer
son départ ou de changer d’itinéraire.
Changer les comportements, c’est aussi l’enjeu
de l’information routière en temps réel.
- Quels messages pour les
PMV ?
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Bouchon, accident, branche d’arbre sur
la route: les panneaux à messages variables et la radio
de l’autoroute doivent-ils tout dire? Devant le nombre
d’incidents signalés sur son réseau, la
Sanef a pris la décision de ne passer aux automobilistes
que le strict nécessaire à leur sécurité
et de localiser au maximum l’information. Les PMV ont
été paramétrés pour ne donner
une information qu’à 30 km alentours. "Et
nous avons établi une politique d’information
qui limite les messages aux événements susceptibles
de surprendre les automobilistes", détaille Daniel
Aïli, de la Sanef à Metz. Par exemple, les chantiers
ne sont pas tous annoncés, car ils sont balisés.
Mais un véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence
et un accident seront signalés car l’automobiliste
ne peut en être averti par d’autres moyens.
- Situation délicate
cet hiver sur les autoroutes de l’Est
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On en a moins parlé, mais cet hiver, les automobilistes
de l’est de la France ont bien failli connaître
le même sort que les "naufragés " de
l’A10, bloqués toute une nuit par la neige en
région parisienne. Dans l’après-midi du
5 janvier, après une chute brutale des températures,
la pluie battante s’est transformée en neige
en seulement 45 minutes, le tout rythmé par le fort
trafic du retour des fêtes de fin d’année.
" C’est une situation très délicate
à gérer, explique Daniel Aïli, de la Sanef.
Impossible de traiter préventivement, car la pluie
lave la route ; on est obligé d’attendre que
la précipitation se transforme en neige ". Or,
pendant ce temps, avec 1200 véhicules par heure, les
autoroutes s’engorgent très rapidement. Il suffit
qu’un véhicule ou un camion se mette en travers
de la route pour bloquer toute une région… Le
même scénario s’est reproduit dans la nuit
du 13 au 14 janvier. Au CRICR de Metz, on prend rapidement
la mesure de la situation et le préfet de la zone défense
Est décide d’interdire la circulation des poids
lourds sur tous les axes remontant vers le Nord et l’Est,
y compris sur l’autoroute A6, et de les faire stationner
dans des emplacements réservés. Les panneaux
à messages variables ont été utilisés
comme vecteurs d’information, ainsi que la radio 107.7
FM afin de dissuader les automobilistes de prendre la route.
Avec cette gestion au plus près, le blocage total de
la circulation a pu être évité.
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