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Accueil  > Ressources  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 133L’information routière en temps réel
Reportage
L’information routière en temps réel
La diffusion de l'information routière permet d'éviter des accidents graves. Mais cette information, pour être efficace, doit être collectée dans un temps très rapide et diffusée en temps réel. Reportage en Moselle, où trois centres assurent cette mission.

 
Apparus dans les années 1960, les PMV sont implantés sur les autoroutes et les voies rapides urbaines.  Photo  F. Cepas/DSCR Il est 10 heures en ce matin de mai sur l'autoroute, à 5 km de Metz. Pierre est au volant, en route pour un rendez-vous. La circulation est fluide, les conditions météorologiques clémentes. Soudain son attention est attirée par un message d'alerte diffusé par un panneau à messages variables (PMV) : "Ralentissez, danger". Immédiatement, Pierre réduit son allure et allume son autoradio sur la fréquence 107.7. Sur la radio FM de l'autoroute, un journaliste est justement en train de prévenir les automobilistes circulant dans le secteur de Metz: "Un objet est signalé sur la chaussée entre la sortie X et Y. Prudence, ralentissez dans ce secteur, les patrouilleurs se rendent sur place. D'autres informations vous seront données dès que possible."

Prévenir du danger

Pierre poursuit sa route et un kilomètre plus loin, il aperçoit le gyrophare orange des services de sécurité. Sur la voie de droite, une impressionnante masse de ferraille, sans doute perdue par un camion. Arrivé quelques minutes plus tôt, s'il n'avait pas été mis en garde, Pierre n'aurait sans doute pu éviter la collision. Dans cette situation fictive, l'accident a été empêché, grâce à toute une chaîne de collecte, de traitement, puis de diffusion de l'information. Cela marche aussi dans la réalité, mais pour être efficace, ce système nécessite une organisation sans faille, à tous les niveaux.

Les infos remontent du terrain

Sur le terrain, l'information peut provenir de sources très différentes. Les usagers tout d'abord, témoins ou victimes d'un accident, appellent par le réseau des postes d'appels d’urgence ou par téléphone mobile. L'information est alors retransmise par les services d'urgence. Ensuite, les patrouilleurs des sociétés d'autoroutes, de la DDE, des forces de l’ordre, les ouvriers travaillant sur les chantiers et les personnels des péages signalent directement les incidents et accidents. Sur le terrain, l'information peut provenir de sources très différentes. Les usagers tout d'abord, témoins ou victimes d'un accident, appellent par le réseau des postes d'appels d’urgence ou par téléphone mobile. L'information est alors retransmise par les services d'urgence. Ensuite, les patrouilleurs des sociétés d'autoroutes, de la DDE, des forces de l’ordre, les ouvriers travaillant sur les chantiers et les personnels des péages signalent directement les incidents et accidents.

Deux centres pour les autoroutes mosellanes

En Moselle, ces informations sont collectées par deux centres distincts, du fait de la présence de deux types d'autoroutes, concédées et non concédées. Niché dans une bretelle d’autoroute, le centre d'Ingénierie et de Gestion du trafic (CIGT) a été lancé par la DDE à Metz en 1999 pour gérer le réseau non concédé de la Moselle. Courant 2003, les moyens de ce CIGT seront mis en commun avec ceux de son voisin de Meurthe-et-Moselle pour gérer le "sillon lorrain", 180 km d'autoroutes ou 2x2 voies, l'une des voies les plus fréquentées de France, avec une moyenne de 100 000 véhicules par jour sur les autoroutes A31, A30, A313, A33, A330 et la RN 431.

Cinquante caméras prévues

Le CIGT de Metz est géré conjointement par la DDE et la police nationale (CRS). Dans la salle d'exploitation commune, des écrans informatiques et des écrans vidéo fonctionnent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, veillés au minimum par un agent de la DDE et un CRS. Les agents peuvent s’appuyer sur la vidéosurveillance, puisqu'une dizaine de caméras est installée en milieu urbain à Metz, tandis que sur le réseau, quatre caméras surveillent le tunnel de Hayange et trois autres, le triangle de Richemont (l'échangeur entre l’A 30 et l'A31). À terme, une cinquantaine de caméras devrait couvrir l'ensemble du sillon lorrain. "Grâce à notre organisation, le temps d'information est passé de la demi-heure à 5 minutes", se félicite Didier Ohlmann, chef du service des routes à la DDE de la Moselle. Reste maintenant à détecter plus finement les événements et à crédibiliser l'information. En effet, les automobilistes ne font pas forcément confiance aux informations délivrées sur leur parcours." Lorsqu'un panneau conseille de sortir de l'autoroute, seuls 10 % des automobilistes le font", regrette le responsable.

Plus de 100 panneaux à messages variables pour le PC routier

En parallèle de ce centre routier fonctionne également à Metz le poste central (PC) d'exploitation de la Sanef (Société des autoroutes du nord et de l'est de la France) qui s'occupe exclusivement de l'autoroute A4 dans sa partie est, reliant la Voie Sacrée à Strasbourg via Metz – soit 240 km. Un PC dont les moyens ont été considérablement renforcés:"En trois ans, nous sommes passés de 2 PMV à près de 100 faces entre Paris et Strasbourg et, depuis juin 2002, la fréquence 107.7 FM couvre l'A 4 de Paris à Strasbourg", raconte Daniel Aïli, le chef du réseau de Metz. L’apparition de la radio, nouvel outil de l’information routière, a fortement mobilisé les personnels présents sur le terrain."Ils se sont approprié l’outil et cela a profondément changé leur vision des choses", souligne le chef du réseau de la Sanef.

Le CRICR centralise les informations

Ces deux PC routiers à Metz, le CIGT et le poste central d’exploitation de la Sanef agissent dans leurs domaines de compétences respectifs. À un échelon plus large, c'est le CRICR (centre régional d'Information et de Coordination routières) qui est chargé de recueillir, traiter et diffuser les informations routières sur les 18 départements et 5 régions de la zone défense Est auprès des autorités, des professionnels et des usagers de la route. En outre, il coordonne les actions de terrain pour la gestion du trafic, notamment en temps de crise. Les CRICR ont l'originalité d'être des organismes interministériels gérés conjointement par le ministère des Transports, de l'Intérieur (police) et de la Défense (gendarmerie). Il en existe 7 en France. Créé en 1972, le CRICR de Metz gère la circulation de 2000 km d'autoroutes, 5400 km de routes nationales et 7200 km de routes départementales à grande circulation. "Ici, tout se fait en temps réel, raconte Alain Fabre, le codirecteur Transports du CRICR de Metz. On reçoit, on traite et on diffuse l'information auprès de nos 295 abonnés, les radios 107.7 de la Sanef et de la SAPRR (Société des autoroutes Paris Rhin Rhône), 98 radios locales et régionales comme France Bleu Lorraine Nord ou Sud et bien sûr tous nos abonnés institutionnels comme les préfectures, les DDE, les sociétés concessionnaires d’autoroutes comme la Sanef et la SAPRR, la gendarmerie, la police."

Faire passer l’information routière

Bouchon, pluie, brouillard, neige, travaux ou accident : les 295 abonnés [1] reçoivent l'information en même temps, quel que soit le mode choisi : e-mail, intranet, fax, réseau ministériel Rescom. Charge ensuite à tous ces abonnés de retransmettre l’information auprès des usagers, les utilisateurs du système RDS-TMC [2] la recevant directement sur leur terminal embarqué. Parallèlement, l’information remonte jusqu’au centre national d’Information routière de Rosny-sous-Bois et jusqu’au ministère des Transports pour élaborer les prévisions de trafic, un service identifié sous le nom Bison Futé, en fonction des habitudes des usagers, des congés scolaires, mais aussi des travaux en cours. Car les automobilistes l’oublient souvent, un voyage, cela se prépare et beaucoup d’informations sont connues avant le départ. Consulter le site Internet de Bison Futé (www.bison-fute.equipement.gouv.fr), le minitel 3615 ROUTE ou le téléphone 0826 022 022, c’est se laisser la possibilité de différer son départ ou de changer d’itinéraire. Changer les comportements, c’est aussi l’enjeu de l’information routière en temps réel.

 

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  • Quels messages pour les PMV ?

Bouchon, accident, branche d’arbre sur la route: les panneaux à messages variables et la radio de l’autoroute doivent-ils tout dire? Devant le nombre d’incidents signalés sur son réseau, la Sanef a pris la décision de ne passer aux automobilistes que le strict nécessaire à leur sécurité et de localiser au maximum l’information. Les PMV ont été paramétrés pour ne donner une information qu’à 30 km alentours. "Et nous avons établi une politique d’information qui limite les messages aux événements susceptibles de surprendre les automobilistes", détaille Daniel Aïli, de la Sanef à Metz. Par exemple, les chantiers ne sont pas tous annoncés, car ils sont balisés. Mais un véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence et un accident seront signalés car l’automobiliste ne peut en être averti par d’autres moyens.

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  • Situation délicate cet hiver sur les autoroutes de l’Est

On en a moins parlé, mais cet hiver, les automobilistes de l’est de la France ont bien failli connaître le même sort que les "naufragés " de l’A10, bloqués toute une nuit par la neige en région parisienne. Dans l’après-midi du 5 janvier, après une chute brutale des températures, la pluie battante s’est transformée en neige en seulement 45 minutes, le tout rythmé par le fort trafic du retour des fêtes de fin d’année. " C’est une situation très délicate à gérer, explique Daniel Aïli, de la Sanef. Impossible de traiter préventivement, car la pluie lave la route ; on est obligé d’attendre que la précipitation se transforme en neige ". Or, pendant ce temps, avec 1200 véhicules par heure, les autoroutes s’engorgent très rapidement. Il suffit qu’un véhicule ou un camion se mette en travers de la route pour bloquer toute une région… Le même scénario s’est reproduit dans la nuit du 13 au 14 janvier. Au CRICR de Metz, on prend rapidement la mesure de la situation et le préfet de la zone défense Est décide d’interdire la circulation des poids lourds sur tous les axes remontant vers le Nord et l’Est, y compris sur l’autoroute A6, et de les faire stationner dans des emplacements réservés. Les panneaux à messages variables ont été utilisés comme vecteurs d’information, ainsi que la radio 107.7 FM afin de dissuader les automobilistes de prendre la route. Avec cette gestion au plus près, le blocage total de la circulation a pu être évité.

 

 

[1] Préfectures, gendarmeries, radios d’autoroutes, radios locales, etc.

[2] Ce système appelé Radio data system-traffic message channel permet de diffuser des données numériques via les émetteurs de radio FM. Lire La Revue n° 128, pages 22-23.

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Le schéma directeur d’information routière
Ce programme gouvernemental engagé en octobre 2000 concerne la mise en œuvre d’un véritable service public d’information routière sur un réseau de plus de 20000 km, concentrant la majorité des flux de circulation. Le schéma directeur d’information routière (SDIR) a trois objectifs: disposer d’une information en temps réel sur la sécurité et les conditions générales de circulation. Ensuite, la rendre accessible au plus grand nombre par une large diffusion sur le réseau routier mais aussi sur des serveurs télématiques et par la mise à disposition auprès des médias et des opérateurs. Enfin, elle doit circuler en temps réel entre les différents acteurs. Pour y parvenir, le SDIR prévoit de structurer la chaîne (recueil-traitement-diffusion) de l’information routière dans une optique temps réel, en favorisant notamment la cohérence des données provenant des différentes sources (gestionnaires de réseaux routiers, forces de l’ordre, etc.).
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