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Visite du ministre : Encourager la recherche

 
A l'Inrets, le ministre a pu assister à un crash-test. Photo Inrets Gilles de Robien, ministre de l’Équipement, s’est rendu à Lyon le 10 avril dernier. Objectif de cette visite : encourager la recherche en sécurité routière. Il a rendu visite aux chercheurs du laboratoire de l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité). Le ministre est aussi allé à la rencontre des futurs ingénieurs de l’École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE). Nous avons recueilli son point de vue sur la recherche.

 

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  • Trois questions à Gilles de Robien, ministre de l’Équipement

Quelle est, selon vous, la place de la recherche en matière de sécurité routière ?
La recherche a une place tout à fait fondamentale aussi bien pour comprendre les mécanismes à l’origine des accidents et identifier les facteurs aggravants, que pour innover et proposer des solutions. La recherche permet ainsi d’orienter et d’éclairer les décisions que les responsables politiques sont amenés à prendre. Notre action doit en effet reposer sur des données scientifiques incontestables. Pour être bien intégrés par les décideurs, il faut aussi que ces résultats de la recherche soient plus accessibles à tous, c’est-à-dire qu’on en comprenne mieux la finalité. Nous avons encore à progresser sur ce point.

Vous avez entrepris un tour d’Europe de la sécurité routière. Qu’espérez-vous de ce tour d’horizon ? Un colloque international est-il à l’ordre du jour ?
On rappelle en permanence que la France est l’un des plus mauvais pays en Europe en ce qui concerne l’accidentologie, ce qui est malheureusement vrai. Aussi me semble-t-il essentiel de me rendre dans un certain nombre de pays voisins pour voir de quelle façon ils ont apporté des solutions aux problèmes de l’insécurité routière. À cet égard, je me suis effectivement rendu, courant avril, au Royaume-Uni où le nombre de victimes est deux à trois fois moins important qu’en France. Je me rendrai ensuite aux Pays-Bas pour prendre connaissance du fonctionnement de leur chaîne de contrôle-sanction automatisée. Ma collègue, la ministre belge des Transports, m’a également proposé une coopération sur ce sujet entre nos deux pays. Il va de soi que la lutte contre la délinquance routière est un problème qui doit trouver des solutions à l’échelle européenne et la France est prête à prendre des initiatives en ce sens. L’organisation d’un colloque européen, dans la droite ligne des États généraux que nous avons organisés en septembre 2002, est un projet sur lequel j’ai demandé à mes services de travailler.

Vous rappelez que ce n’est pas la route qui tue, mais les comportements. On sait pourtant que les infrastructures jouent parfois un rôle aggravant. Comment cela est-il pris en compte par l’ENTPE ?
L’insécurité routière est le produit de dysfonctionnements dans un système complexe associant le conducteur, le véhicule et l’infrastructure. Les études mettent en évidence que si dans un accident il y a effectivement presque toujours un problème de comportement, l’infrastructure est un des facteurs aggravants dans près d’un accident mortel sur deux. L’ENTPE forme des ingénieurs dans les domaines du génie civil, des transports, de l’aménagement et de l’urbanisme et intègre, bien entendu, la sécurité routière dans son enseignement sur la conception des infrastructures. Les voies d’approfondissement "transport" et "génie civil" comportent en outre des interventions de spécialistes de l’Inrets sur l’interaction conducteur-infrastructure. Cette pédagogie de la sécurité routière est mise au service de l’État sur le réseau national, puisque les trois quarts des deux cents ingénieurs diplômés chaque année rejoignent le ministère de l’Équipement, mais aussi, avec les ingénieurs civils, le service des entreprises et des bureaux d’études.

 

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