"Éducation routière" : le changement
de nom de cette sous-direction [1]
en dit long sur les orientations de la Sécurité
routière. "C’est entériner le fait
que l’apprentissage de la conduite ne se limite pas
au permis de conduire", résume Dominique Lefèvre-Bataille,
sous-directrice adjointe. La mutation de ce service est le
couronnement d’une longue réflexion sur ce sujet,
amorcée en 1997 lors de la table ronde présidée
par J. Verré. Ses recommandations : promouvoir une
formation continue, adaptée à chaque âge
de la vie et à chaque usager de la route. En effet,
il ne doit pas y avoir d’oubliés de la formation
: les piétons et les cyclistes sont aussi concernés
par les accidents. De plus, cet apprentissage doit commencer
dès le plus jeune âge et perdurer tout au long
de la vie. Le travail commun avec l’Éducation
nationale a abouti à ce que les attestations scolaires
de sécurité routière [2]
passées au collège soient indispensables pour
se présenter à l’examen du permis de conduire
(ASSR 2e niveau, passée en classe de 3e) et pour conduire
un cyclomoteur ou quadricycle léger (ASSR 1er niveau,
passée en classe de 5e). En outre, l’attestation
de première éducation à la route (APER),
qui vient de se mettre en place, valide l’acquisition
des données élémentaires à la
sécurité routière enseignées dès
la maternelle et à l’école primaire.
Des formations postpermis
Pour ce qui est du permis et de l’"après-permis",
la Sécurité routière compte s’appuyer
sur le permis probatoire, prévu par la loi renforçant
la lutte contre la violence routière, qui devrait être
adoptée avant l’été. Munis de 6
points au départ, les jeunes conducteurs acquerront
les 6 points manquants s’ils ne commettent pas d’infractions
dans les trois années qui suivent l’obtention
du permis. "Nous souhaitons favoriser la formation pendant
cette période probatoire, à l’instar de
ce qui se fait dans d’autres pays", souligne Dominique
Lefèvre-Bataille (lire la rubrique Europe de ce numéro).
La sous-direction entend également mettre l’accent
sur les formations postpermis en les rendant un jour obligatoires.
Enfin, la visite médicale, qui sera bientôt imposée
aux candidats au permis et aux conducteurs âgés
de 75 ans et plus, sera une étape supplémentaire
dans l’encadrement des conducteurs.
Une cellule "éducation
routière" dans les DDE
La réorganisation de la sous-direction
de la formation du conducteur en "éducation routière"
a aussi pour objectif d’accompagner la déconcentration
des délégués et des inspecteurs du permis
de conduire et de la sécurité routière
(IPCSR), qui a été instaurée le 31 mars
2003. Désormais, la gestion du service des examens
du permis de conduire – jusque-là assumée
au niveau national par la sous-direction de la formation du
conducteur – est transférée aux directions
départementales de l’Équipement (DDE).
Les délégués [3]
et les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité
routière – environ 1000 personnes sur tout le
territoire – sont donc sous l’autorité
hiérarchique des directeurs départementaux de
l’Équipement. La déconcentration dote
en effet les DDE de nouvelles compétences en matière
d’éducation routière. "Les DDE vont
davantage s’impliquer dans ce domaine essentiel de la
lutte contre l’insécurité routière
et, grâce à leur réseau de partenaires,
elles seront de bons relais locaux de la politique éducative.
Cette nouvelle organisation permet de mieux responsabiliser
l’échelon local", déclare Sylviane
Dubail, chef du bureau d’animation de la politique éducative.
Récemment créé au sein de la sous-direction
éducation routière, ce bureau est un peu un
chef d’orchestre. À lui de susciter des "synergies,
au plan local, à partir de la DDE, pour monter des
actions en faveur de la formation, en partenariat avec l’Éducation
nationale, les auto-écoles, les associations…",
ajoute Sylviane Dubail. En effet, cette dimension formation
continue doit s’intégrer de plus en plus aux
plans de prévention du risque routier en entreprise
et dans les plans départementaux d’actions de
sécurité routière, et ce en s’appuyant
sur ces nouveaux acteurs en DDE que sont les IPCSR et les
délégués. D’ores et déjà,
de nombreux inspecteurs ont mis en place des actions fructueuses,
en complément de leur fonction d’examinateurs.
Labelliser les activités
des auto-écoles
L’intégration des inspecteurs et
des délégués dans les DDE devrait leur
permettre de développer d’autres missions. Ainsi,
parmi les missions qui vont être renforcées :
le suivi pédagogique des auto-écoles et des
autres organismes de formation à la conduite. On songe
à une labellisation des activités pédagogiques
des auto-écoles. Pour cela, le bureau de Sylviane Dubail
poursuit la réflexion sur la formation des délégués
et des inspecteurs, dans l’optique de mieux prendre
en compte l’éducation routière. Si le
chantier est vaste, la motivation est là : "Je
sens une réelle volonté de mener des actions
en faveur de l’éducation routière",
confie avec optimisme Sylviane Dubail.
- Le nouveau permis de conduire
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La France a été sanctionnée
pour ne pas s’être mise en conformité avec
une
directive européenne de 1991 sur le permis de conduire.
Aussi la réforme de l’épreuve pratique
du permis B est-elle actuellement mise en œuvre. Celle-ci
stipule que l’examen doit durer 35 minutes (contre 22
actuellement) et inclure 25 minutes de conduite, deux opérations
de manœuvre – dont une en marche arrière
– et des questions orales sur les caractéristiques
techniques du véhicule. À ce jour, dix départements
expérimentent la "nouvelle formule" du permis
de conduire (Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Aube, Charente-Maritime,
Charente, Corrèze, Lot, Haute-Marne, Tarn-et-Garonne,
Haute-Vienne). En 2003 et 2004, de nombreux départements
devraient suivre le mouvement, afin que la réforme
soit étendue à tout le territoire français
en 2005.
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