Lorsqu'on analyse les filières de formation initiale
à la conduite en Europe, on constate l'existence de
3 modes d'enseignement:
• la formation théorique et pratique, exclusivement
dans le cadre d'une auto-école,
• la possibilité de combiner cette même
formation avec une période de conduite accompagnée,
• enfin, la formation avec un accompagnateur sans participation
d’une auto-école.
Cela étant, la première formule est celle qui
prévaut dans une majorité de pays en Europe.
"Les systèmes les plus efficaces de formation
initiale sont ceux qui font appel à des professionnels
compétents, estime Jean-Pierre Fougère, chef
du bureau des permis de conduire à la Sécurité
routière. Ce sont aussi ceux qui consacrent suffisamment
d’heures à la formation des élèves."
Des durées minimales peuvent être imposées
pour cette formation théorique ou pratique (28 h de
théorie et 36 h de pratique en Allemagne, un minimum
de 5 h de théorie et de 30 h de pratique au Royaume-Uni,
20 h de théorie et 30 h de pratique en Finlande…).
Quoi qu’il en soit, une majorité de pays, et
notamment ceux qui obtiennent les meilleurs résultats
en matière de sécurité routière,
s’attachent à une validation de cette formation,
grâce essentiellement à la mise en place d’épreuves
du permis de conduire d’une durée et d’un
niveau significatifs, dont la réussite impose un très
bon niveau de formation. Exemple: le Royaume-Uni, où
l’épreuve pratique dure 45 minutes.
Prolonger l’action de formation au-delà
du permis
Par ailleurs, de plus en plus de pays européens
sont convaincus de la nécessité de prolonger
l’action de formation au-delà de l’obtention
du permis de conduire. L’étude "Advanced",
réalisée par la Commission
internationale des examens de conduite automobile (Cieca),
et qui analyse toutes les formations postpermis européennes,
prouve que les formations étalées dans le temps
ont un effet très important sur la sinistralité
des conducteurs novices. Ce type de formation multiphasée
s’étend donc très rapidement. Le 1er janvier
2003, l’Autriche a rendu obligatoire l’apprentissage
continu de la conduite, après avoir constaté
une baisse de 15 % des sinistres chez les candidats qui l’avaient
expérimenté. La formation suivie comprend un
audit de conduite et un entretien avec un psychologue permettant
de mieux cerner ses habitudes de conduite. Autre conclusion
de l’étude "Advanced": le premier retour
en formation des conducteurs novices doit avoir lieu très
rapidement après l’obtention du permis de conduire,
c’est-à-dire dans un délai de trois à
quatre mois. Ces formations n’ont pas pour objectif
de développer les habiletés du conducteur novice,
telle que la maîtrise du dérapage, ce qui pourrait
créer un sentiment de confiance excessif, mais bien
d’aborder la manière de conduire dans un contexte
de sécurité routière. Une étude,
financée par la Commission européenne et menée
par la Cieca, baptisée "NOVEV" a justement
pour objet d’apprécier les effets positifs de
ce type de formation à partir d’une expérimentation
menée dans 6 pays (France, Espagne, Autriche, Pays-Bas,
Belgique et Allemagne). Des recommandations sont attendues
à ce niveau.
Le permis probatoire
Avec l’instauration du permis probatoire,
la France rejoindra les pays qui ont déjà basculé
dans ce système plus strict, qui se généralise.
Avec ce système, selon les pays, les jeunes conducteurs
sont soumis à des restrictions, qui portent soit sur
des limitations de vitesse, soit sur une diminution du taux
d’alcool réglementaire. Ainsi en Europe, les
limitations de vitesse spécifiques sont plus sévères
qu’en France : 80 km/h sur autoroutes en Espagne au
cours de la première année de l’obtention
du permis de conduire, 90 km/h sur autoroutes et 75 km/h sur
routes ordinaires au Luxembourg pendant deux ans, 72 km/h
sur tous les réseaux non urbains pendant les douze
premiers mois au Royaume-Uni. L’Autriche a préféré
durcir le taux d’alcoolémie des jeunes conducteurs,
fixé à 0,2 g/l de sang pendant deux ans au lieu
de 0,5 g/l pour les autres conducteurs. La durée de
la période probatoire est le plus souvent de deux ans.
Les infractions commises pendant cette période peuvent
donner lieu à des points de pénalité
et peuvent conduire à un allongement de cette période
probatoire, à l’obligation de suivre des cours
d’amélioration de la conduite ou à l’annulation
du permis.
Un volet de formation continue
Certains pays, comme la Finlande, la Norvège
et l’Allemagne, ont mis en place pendant la période
probatoire, à côté du système de
pénalités, un volet de formation continue. Le
candidat finlandais est ainsi obligé de suivre un apprentissage
en deux étapes en auto-école, après six
mois de conduite. En fin de période probatoire, il
suit une seconde période d’apprentissage, nécessaire
à l’obtention du permis définitif. L’instauration
de ce système en Finlande a conduit à une baisse
de 30 % de sinistres chez les jeunes conducteurs.
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