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Accueil  > Ressources  > La revue "Sécurité Routière"  > n° 133 La formation et la réglementation pour les jeunes conducteurs
Europe
La formation et la réglementation pour les jeunes conducteurs
Comment encadrer et former les jeunes conducteurs, premières victimes de la route, en France comme ailleurs en Europe ? À l’heure où la France s’apprête à instaurer un permis de conduire probatoire, il est intéressant de sonder les mesures mises en place par nos voisins européens en matière de législation et de formation des jeunes conducteurs.

 
Le système du permis probatoire gagne du terrain en Europe. Les infractions commises pendant cette période peuvent donner lieu à des points de pénalité. Photo Photodisc Lorsqu'on analyse les filières de formation initiale à la conduite en Europe, on constate l'existence de 3 modes d'enseignement:
• la formation théorique et pratique, exclusivement dans le cadre d'une auto-école,
• la possibilité de combiner cette même formation avec une période de conduite accompagnée,
• enfin, la formation avec un accompagnateur sans participation d’une auto-école.
Cela étant, la première formule est celle qui prévaut dans une majorité de pays en Europe. "Les systèmes les plus efficaces de formation initiale sont ceux qui font appel à des professionnels compétents, estime Jean-Pierre Fougère, chef du bureau des permis de conduire à la Sécurité routière. Ce sont aussi ceux qui consacrent suffisamment d’heures à la formation des élèves." Des durées minimales peuvent être imposées pour cette formation théorique ou pratique (28 h de théorie et 36 h de pratique en Allemagne, un minimum de 5 h de théorie et de 30 h de pratique au Royaume-Uni, 20 h de théorie et 30 h de pratique en Finlande…). Quoi qu’il en soit, une majorité de pays, et notamment ceux qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de sécurité routière, s’attachent à une validation de cette formation, grâce essentiellement à la mise en place d’épreuves du permis de conduire d’une durée et d’un niveau significatifs, dont la réussite impose un très bon niveau de formation. Exemple: le Royaume-Uni, où l’épreuve pratique dure 45 minutes.

Prolonger l’action de formation au-delà du permis

Par ailleurs, de plus en plus de pays européens sont convaincus de la nécessité de prolonger l’action de formation au-delà de l’obtention du permis de conduire. L’étude "Advanced", réalisée par la Commission internationale des examens de conduite automobile (Cieca), et qui analyse toutes les formations postpermis européennes, prouve que les formations étalées dans le temps ont un effet très important sur la sinistralité des conducteurs novices. Ce type de formation multiphasée s’étend donc très rapidement. Le 1er janvier 2003, l’Autriche a rendu obligatoire l’apprentissage continu de la conduite, après avoir constaté une baisse de 15 % des sinistres chez les candidats qui l’avaient expérimenté. La formation suivie comprend un audit de conduite et un entretien avec un psychologue permettant de mieux cerner ses habitudes de conduite. Autre conclusion de l’étude "Advanced": le premier retour en formation des conducteurs novices doit avoir lieu très rapidement après l’obtention du permis de conduire, c’est-à-dire dans un délai de trois à quatre mois. Ces formations n’ont pas pour objectif de développer les habiletés du conducteur novice, telle que la maîtrise du dérapage, ce qui pourrait créer un sentiment de confiance excessif, mais bien d’aborder la manière de conduire dans un contexte de sécurité routière. Une étude, financée par la Commission européenne et menée par la Cieca, baptisée "NOVEV" a justement pour objet d’apprécier les effets positifs de ce type de formation à partir d’une expérimentation menée dans 6 pays (France, Espagne, Autriche, Pays-Bas, Belgique et Allemagne). Des recommandations sont attendues à ce niveau.

Le permis probatoire

Avec l’instauration du permis probatoire, la France rejoindra les pays qui ont déjà basculé dans ce système plus strict, qui se généralise. Avec ce système, selon les pays, les jeunes conducteurs sont soumis à des restrictions, qui portent soit sur des limitations de vitesse, soit sur une diminution du taux d’alcool réglementaire. Ainsi en Europe, les limitations de vitesse spécifiques sont plus sévères qu’en France : 80 km/h sur autoroutes en Espagne au cours de la première année de l’obtention du permis de conduire, 90 km/h sur autoroutes et 75 km/h sur routes ordinaires au Luxembourg pendant deux ans, 72 km/h sur tous les réseaux non urbains pendant les douze premiers mois au Royaume-Uni. L’Autriche a préféré durcir le taux d’alcoolémie des jeunes conducteurs, fixé à 0,2 g/l de sang pendant deux ans au lieu de 0,5 g/l pour les autres conducteurs. La durée de la période probatoire est le plus souvent de deux ans. Les infractions commises pendant cette période peuvent donner lieu à des points de pénalité et peuvent conduire à un allongement de cette période probatoire, à l’obligation de suivre des cours d’amélioration de la conduite ou à l’annulation du permis.

Un volet de formation continue

Certains pays, comme la Finlande, la Norvège et l’Allemagne, ont mis en place pendant la période probatoire, à côté du système de pénalités, un volet de formation continue. Le candidat finlandais est ainsi obligé de suivre un apprentissage en deux étapes en auto-école, après six mois de conduite. En fin de période probatoire, il suit une seconde période d’apprentissage, nécessaire à l’obtention du permis définitif. L’instauration de ce système en Finlande a conduit à une baisse de 30 % de sinistres chez les jeunes conducteurs.

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