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Un bénéfice d’image pour les entreprises "sûres"
Concernées au premier chef par les problèmes d’insécurité routière, des entreprises de transport de marchandises figurent aussi parmi les pionnières en matière de plan de prévention.

 
Pour les transports de marchandises, la majorité des accidents se produit lors des opérations de chargement et de déchargement. Photo DREIF/GOBRY En termes d’accidents du travail, le transport routier de marchandises reste encore en France l’un des secteurs les plus accidentogènes : le taux de risque est deux fois plus élevé que pour l’ensemble des secteurs d’activité. Il est vrai que la majorité des accidents se produit lorsque le véhicule est à l’arrêt, lors des opérations de chargement et de déchargement. Cela dit, la profession est en train de prendre conscience de l’enjeu sécurité. Les 426 contrats de prévention signés par des entreprises de transport routier de marchandises en sont la preuve.

Un "relevé de compte sécurité"

Prenons le cas des Transports Lassalle, une PME installée à Varennes-sur-Allier. Trente-cinq tracteurs, quarante-cinq salariés, une activité généraliste sur la France mais aussi vers l’étranger. "Nous avions de très mauvais résultats qui nous coûtaient cher en immobilisations, réparations et primes d’assurance, explique Alain Lassalle, le patron. Nous avons décidé de développer, il y a une douzaine d’années, une démarche de sensibilisation auprès de nos chauffeurs et de nous faire aider, pour cela, par un cabinet extérieur." Celui-ci aide effectivement l’entreprise à développer une démarche de sensibilisation en réalisant les audits des conducteurs, en organisant des réunions d’information, en concevant des documents pour les nouveaux embauchés. L’entreprise, de son côté, a engagé une personne qui gère ces problèmes en interne: dès qu’il y a le moindre incident, le plus petit accrochage, elle décortique les faits avec le chauffeur. Enfin, chaque mois, les salariés reçoivent avec leur feuille de paie un relevé de leur compte sécurité ainsi que celui de l’entreprise. Résultat: "Nous avons atteint le million de kilomètres sans accidents. Maintenant, il nous faut atteindre le million et demi…" Autre cas, celui de Le Calvez, une solide entreprise brestoise de huit cents salariés spécialisée dans le transport de matières dangereuses. Naturellement axée sur la sécurité, elle s’est intéressée à la sécurité routière dès 1995. Depuis, de "trouvailles ad hoc" (tel l’arrêt automatique de la radio en cabine lorsque le poids lourd effectue une marche arrière) en méthodes plus classiques (le moindre accident est analysé avec le conducteur responsable), elle n’a cessé d’investir pour prévenir les risques: "Notre taux de sinistralité a diminué et a fait chuter le montant de notre assurance", affirme Pascal Boulanger, responsable de la sécurité. Les conseillers de la caisse régionale d’assurance maladie se positionnent sur ce registre-là lorsqu’ils veulent sensibiliser les entreprises au risque routier. Mais avec un transporteur, ils peuvent jouer une seconde carte: celle de l’image! "Beaucoup de clients nous confient leurs marchandises parce qu’ils connaissent nos exigences et nos résultats en matière de sécurité sur la route", reconnaît Pascal Boulanger.

Entreprises chartées

Ce besoin de sécurité n’est pas moindre pour les entreprises qui disposent de leur propre flotte de poids lourds pour assurer leurs transports [1]. Certaines l’ont déjà compris. Ainsi, BP France (3625 salariés), qui a signé une charte de sécurité routière en octobre 2001 avec la DSCR. Si celle-ci concerne l’ensemble des salariés (avec interdiction formelle de téléphoner en conduisant, par exemple, y compris avec le kit mains libres), des mesures plus spécifiques visent les conducteurs de poids lourds: ceux-ci, sous la houlette de cinq inspecteurs dédiés à la sécurité routière, sont, entre autres, tenus de suivre tous les trois ans une formation spécifique au transport des matières dangereuses, de boucler leur ceinture de sécurité depuis 1999, de ne dépasser en aucun cas les 45 heures de conduite par semaine.


[1] . Comme pour celles qui font appel à des sociétés de transport sous-traitantes auxquelles elles fixent des conditions strictes de sécurité à respecter.

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