La Fédération
nationale du transport routier compte quelque 15000 entreprises
adhérentes pour un total de 200000 véhicules
utilitaires: presque un empire. Aussi, lorsqu’en septembre
2000, cette puissante fédération a signé,
la première, une charte de sécurité routière
avec le ministère des Transports et de l’Équipement,
le geste n’est pas passé inaperçu. Près
de trois années plus tard, où en est-on? "Nous
arrivons au bout de notre contrat et nous songeons à
renouveler notre engagement sur de nouveaux objectifs",
explique Francis Babé, délégué
à l’action professionnelle de la FNTR. La baisse
tendancielle des accidents de poids lourds avait déjà
commencé il y a une vingtaine d’années;
la charte a donc été une étape sur cette
route. "Cela dit, reconnaît-il, nous avons mis
en place un dispositif d’incitation à l’action
qui a été relayé par nos différentes
structures départementales et régionales. Aujourd’hui,
chacune mène ses propres réalisations. Cela
donne des initiatives très variées…"
En participant à toute une série d’opérations
"sécurité sur la route", la FNTR veut
être une "caisse de résonance", contribuant
ainsi à faire passer le message auprès de ses
adhérents et à mettre en valeur les réalisations
exemplaires. Et Francis Babé de citer, parmi les "outils"
de cette évolution, les formations obligatoires qui,
dit-il, ont donné de bons résultats. La FNTR
a d’ailleurs incité à sa généralisation
en Europe. "Nous croyons aussi beaucoup aux nouveaux
simulateurs de conduite qui vont permettre aux conducteurs,
lors de ces formations, de mieux comprendre leurs limites
en situation de danger. C’est essentiel…"
Mais il est plus dubitatif sur la suppression des permis blancs:
"Je pense que cette disposition ne sera acceptée
que si les contrôles ne sont pas aléatoires…
et si les étrangers sont traités sur un pied
d’égalité. Mais si une entreprise doit
engager un chauffeur étranger parce que les siens ont
perdu leur permis, la sécurité routière
n’aura rien gagné! "
Réduire de 50 % les sinistres matériels
Autre grande organisation professionnelle du transport routier
et de la logistique, la fédération
des entreprises de transport et logistique de France (TLF,
4500 entreprises adhérentes, 200000 véhicules)
a signé une charte de sécurité routière
en octobre 2001 avec la DSCR et la Caisse nationale d’assurance
maladie. Son objectif : réduire de 50 % le nombre de
sinistres matériels dans un délai de cinq ans
maximum. "C’est un peu tôt pour en évaluer
les effets, estime Stéphane Levesque, chargé
de suivre ce dossier. Mais nous constatons avec satisfaction
que les chefs d’entreprise ont bien compris l’intérêt
de la démarche. Ils savent aujourd’hui que le
coût d’un audit du risque routier et des actions
correctives à entreprendre peut être largement
contrebalancé par les gains potentiels que représente
la baisse du nombre d’accidents et de leur gravité."
Au-delà de l’intérêt économique,
il y a un intérêt en termes d’image. Dans
le contexte social actuel, les routiers se sentent souvent
mis en accusation. "Or, explique Stéphane Levesque,
la prise en compte du risque routier par une entreprise peut
constituer un élément valorisant aussi bien
sur le plan commercial qu’au plan de la communication
interne. Les routiers, qui sont sensibles à leur image
dans l’opinion publique, apprécient ces démarches
citoyennes qui contribuent à les valoriser. C’est
un effet miroir dont les entreprises commencent à prendre
conscience et à utiliser en toute intelligence…"
|