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Passer le permis
Quand l’apprentissage de la conduite passe par la prise de conscience du risque…

Étonnante auto-école que celle de Christian Belvetti, à Boulay, en Moselle… Les élèves n’y apprennent pas seulement à conduire et à retenir les règles du code. Ils y acquièrent surtout une solide culture du principe de précaution appliqué au risque routier.


Photo : Christian BelvettiChristian Belvetti a ouvert son auto-école il y a vingt deux ans, à Boulay, une bourgade de cinq mille habitants entre Metz et Forbach. En 1995, il suit la formation BAFM : il prend alors pleinement conscience de l’importance de la sécurité routière… "C’est en intervenant dans les stages de récupération des points que j’ai réalisé les failles de notre système d’apprentissage de la conduite, dit-il. En principe, lorsque les personnes sont mieux informées sur les raisons qui fondent les règles, elles admettent plus volontiers la nécessité de les respecter. Donc, lors des stages de récupération de points, je commence par décortiquer un thème, par exemple les distances de sécurité et le freinage, le port de la ceinture, le respect des limitations de vitesse ou encore la fatigue au volant. J’essaie de faire comprendre le pourquoi et le comment des règles en faisant "plancher" les stagiaires sur des situations concrètes. Et régulièrement, à l’issue de ces séances, il y en a deux ou trois pour regretter que personne, jusque-là, n’ait pris la peine de leur expliquer ces choses avant. Et surtout, pour s’étonner qu’à l’auto-école, on ne leur ait pas enseigné ces notions..."

L’apprentissage en question
En tant que moniteur, ces réflexions ne pouvaient que l’interpeller et l’amener à se poser des questions sur certains aspects superficiels de l’apprentissage. Et de fait, peu à peu, Christian Belvetti a introduit des innovations dans sa méthode. La nouvelle "épreuve théorique générale" du permis de conduire lui a d’ailleurs facilité la tâche car, dit-il, "elle permet d’insister sur de nombreux points autrefois négligés" .

De l’intérêt de la règle…
"Un jeune qui veut apprendre à conduire ne voit que les aspects positifs de son projet. Il ne pense pas aux aspects négatifs… et surtout pas au risque accident ! C’est donc à nous, à l’auto-école, de lui en parler. De lui faire comprendre que la règle ne doit pas être respectée pour l’examen, mais parce qu’elle a une raison d’être. Elle existe au nom du principe de précaution. Dans ma préparation au permis, j’inclus désormais des séances de travail en groupes. Les élèves doivent réfléchir sur les situations de risques. Tout particulièrement sur les cas où le danger n’est pas perceptible à première vue. Là où l’on croit, par exemple, qu’on peut rouler vite ou doubler ou bien s’arrêter, alors que les panneaux de limitation ou d’interdiction disent le contraire. Ils concluent généralement d’eux-mêmes : pour ne pas mettre en danger leur vie ou celle d’autrui, c’est vrai, des précautions s’imposent… et les règles qui leur paraissaient a priori inadaptées sont fondées."

Former des conducteurs responsables
La méthode se révèle plutôt efficace puisque l’auto-école Belvetti affiche un taux de réussite de 75 à 80 % aux épreuves du code et de la conduite, et cela dès la première présentation des candidats. Mais, précise-t-il, "ce qui me motive, c’est d’abord et avant tout que les jeunes formés ici deviennent des conducteurs responsables et qu’ayant bien intégré le principe de précaution, ils n’aient pas d’accident".

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