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Passer le permis
Le nouveau permis, un outil pour la sécurité

Depuis quelques années, tous les travaux et rapports sur l’insécurité routière soulignent la nécessité de mieux former les conducteurs. La nouvelle architecture du permis B fait désormais de cet examen la sanction d’une formation exigeante, à la conduite, mais aussi au comportement sur la route. Une "nouvelle formule" qui concerne les deux aspects de l'examen : l'épreuve théorique et l'épreuve pratique.

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  • La nouvelle épreuve théorique

Photo : la nouvelle épreuve théoriqueLa nouvelle épreuve théorique, désormais opérationnelle sur tout le territoire, introduit une vraie révolution dans l’apprentissage du code.

La nouvelle épreuve théorique générale
Pendant longtemps, "passer le code" a été vécu par les candidats au permis de conduire comme une simple formalité, éventuellement précédée d’une brève période de "bachotage". Aujourd’hui, la nouvelle épreuve théorique générale, autrement dit la nouvelle épreuve du "code", exige une préparation soutenue et une véritable prise de conscience de ce qu’est la route et aussi de ce qu’implique la conduite d’un véhicule.

L’apprentissage des comportements sur la route
Au-delà de l’apprentissage des règles, naturellement toujours inscrit au cœur de la formation, l’apprentissage des comportements sur la route est également abordé. L’accent est mis sur le partage de la route, la prise en compte des autres usagers – des motos et des camions, mais aussi des usagers les plus fragiles, piétons, cyclistes, enfants, personnes handicapées –, dans le sens d’une conduite apaisée. Bref, la relation aux autres, trop souvent passée sous silence autrefois et laissée à la discrétion de chacun, tient aujourd’hui une place essentielle.

Acquérir des connaissances sur tous les grands thèmes de la sécurité routière
Les apprentis conducteurs doivent également acquérir des connaissances sur tous les grands thèmes de la sécurité routière : la vitesse, le freinage, le port de la ceinture, la fatigue, l’alcool, les médicaments, les mauvaises conditions climatiques et autres états dégradés de la conduite, etc. Cette nouvelle épreuve du "code" intègre en effet tous ces sujets aujourd’hui considérés comme une base indispensable pour qui veut un jour obtenir le droit de tenir un volant.

400 nouvelles questions
Dans la forme, l’épreuve a beaucoup changé. Il a fallu incorporer 400 nouvelles questions se référant aux nouveaux thèmes. Mais, surtout, ces questions ne reposent plus sur des images fixes et vieillottes. Les anciennes diapositives ont été remplacées par des séquences actuelles sur des supports techniques beaucoup plus performants. Désormais, grâce au système informatisé et sécurisé de projections des épreuves audiovisuelles (Sispea), les feux clignotants clignotent, les feux tricolores changent de couleur… et les candidats se trouvent confrontés à des situations beaucoup plus réalistes et "parlantes". Pour répondre à bon escient, les candidats doivent anticiper les situations, chercher les indices pertinents. Ils ne peuvent le faire que si leurs formations théorique et pratique sont étroitement liées.

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  • l'épreuve pratique "nouvelle formule"

D’ici à avril prochain, l’épreuve pratique "nouvelle formule" sera en place dans la moitié des départements français. Le dispositif devrait couvrir l’ensemble du territoire, courant 2005.

L’examen passe de 22 à 35 minutes
Pour les candidats, le changement le plus visible est d’ordre quantitatif : dans la nouvelle formule, l’examen passe de 22 à 35 minutes. En réalité, il s’agit surtout d’un changement qualitatif : le temps de conduite effective double. Il ne dépassait guère 12 minutes dans l’ancienne version, compte tenu du temps nécessaire à l’accueil du candidat à bord du véhicule, au remplissage des documents administratifs, au contrôle de la vision, etc. Désormais, il est fixé à 25 minutes minimum (auxquelles il faut toujours ajouter la période réservée à l’accueil, etc.). On arrive ainsi à 35 minutes.
Cette durée de conduite est mise à profit par les inspecteurs sur trois points essentiels :

- Une réelle vérification de la capacité du candidat à gérer son stress au volant
D’abord, une réelle vérification de la capacité du candidat à gérer son stress au volant. Une étude européenne a en effet démontré que le pourcentage de fautes graves, faible pendant les premières minutes – même chez des conducteurs très inexpérimentés – grimpe en flèche après 20 minutes au volant. Une épreuve de 25 minutes de conduite effective permet de voir si le candidat passe ce cap sans problème.

- Un meilleur contrôle de la maîtrise du véhicule
Ensuite, un meilleur contrôle de la maîtrise du véhicule par le candidat. Ce dernier doit effectuer, non plus une seule mais deux manœuvres, dont une obligatoirement en marche arrière. Parmi celles-ci, il peut également lui être demandé d’exécuter un arrêt de précision.

- Un contrôle des connaissances concernant le véhicule
Enfin, un contrôle des connaissances concernant le véhicule : le candidat est interrogé sur l’utilisation des accessoires intérieurs, sur certaines pièces maîtresses du moteur, sur les feux, les pneumatiques et leur usure, etc., ainsi que sur certains phénomènes comme l’aquaplanage.

> Pour en savoir plus : Les textes de références

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  • 3 questions à Jean-Pierre Fougère, adjoint au sous-directeur de l’éducation routière

Pourquoi ce nouveau permis ?
Il répond à des demandes maintes fois exprimées par l’ensemble des partenaires (formateurs, inspecteurs), mais aussi à la nécessité d’appliquer la directive européenne de 1991 sur la durée et le contenu de l’examen de conduite automobile. Il s’inscrit par ailleurs dans le chantier présidentiel : l’enjeu est de faire du nouveau permis un outil de sécurité. Pour cela, il fallait améliorer la qualité des épreuves théorique et pratique. C’est ce que nous avons fait.

Pour les candidats, il est beaucoup plus difficile à obtenir…
Non, on ne peut pas dire que l’examen soit plus difficile. En revanche, l’obtention du permis de conduire résulte désormais d’une préparation plus complète, portant sur l’ensemble des objectifs théoriques et pratiques du Programme de formation contenus dans le livret d’apprentissage de l’élève. L’objectif est d’obtenir des conducteurs mieux formés, plus sûrs et plus respectueux du code de la route. Le permis de conduire est l’un des outils efficaces pour y parvenir, comme on peut le constater dans de nombreux pays d’Europe.

Pourquoi ne pas avoir instauré la nouvelle épreuve pratique partout en même temps ?
C’était impossible ! Elle implique en effet une logistique plus lourde. Les inspecteurs ne peuvent examiner que 12 candidats par jour (au lieu de 20). Il faut donc former 450 nouveaux inspecteurs. Entre 2001 et 2003, 230 ont déjà été recrutés. En 2004, il y en aura 100 de plus et les efforts devront être poursuivis en 2005. Difficile d’aller plus vite : bien recruter et bien former, cela prend du temps…

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Des résultats en progrès régulier

Avant la réforme de l’épreuve théorique générale, le taux de réussite à l’examen était de 68% environ : situation compréhensible puisqu’il s’agissait de séries de questions très anciennes et connues de tous. Dans les mois qui ont immédiatement suivi la mise en place de la nouvelle épreuve, les résultats ont incontestablement chuté, de plus de moitié. Cependant, grâce aux efforts consentis par les écoles de conduite pour rénover leurs méthodes et leurs outils de formation, le taux de réussite a régulièrement progressé, pour atteindre désormais plus de 53%. Ce chiffre devrait continuer à augmenter dans les mois qui viennent.
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