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Passer le permis
L'AAC (apprentissage anticipé de la conduite) : savoir plus pour risquer moins
L’AAC est une formation approfondie à la conduite, qui s’adresse particulièrement aux jeunes à partir de 16 ans. Plus progressif et étalé dans le temps que l’apprentissage traditionnel, l’AAC a déjà convaincu nombre de jeunes et de parents.
Un exemple de rendez-vous pédagogique prévu par l'AAC à Forbach, en Moselle, où cinq apprentis conducteurs et leurs accompagnateurs se sont retrouvés autour de Christian Gaudioso, enseignant de la conduite depuis plus de dix ans.
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  • L'AAC : savoir plus pour risquer moins


Photo : l'AAC ou la conduite accompagnée Dès l’âge de 16 ans
L’AAC – ou "conduite accompagnée" [1] – offre la possibilité, dès l’âge de 16 ans, d’acquérir une expérience concrète de la conduite avant l’obtention du permis de conduire.

Une "formation initiale" à la fois théorique et pratique
Une "formation initiale" à la fois théorique et pratique ouvre l’apprentissage. Toutes les connaissances nécessaires pour adapter ses comportements à l’environnement et aux autres y sont abordées, comme dans la filière traditionnelle. Le candidat doit réussir l’épreuve théorique générale (l’examen du code), qui permet de contrôler l’acquisition des connaissances. Côté pratique, l’apprenti conducteur acquiert la maîtrise du véhicule et des situations de conduite – sur route et en agglomération, sur voie rapide et autoroute – au cours des quatre étapes de la formation qui figurent dans son livret d’apprentissage. Après la réussite du "code" et la validation de la quatrième étape, le formateur délivre l’attestation de fin de formation initiale.

La conduite accompagnée peut commencer
Avec cette attestation, la conduite accompagnée à proprement parler peut commencer. L’apprenti conducteur est autorisé à conduire un véhicule en présence d’un accompagnateur, ayant une expérience suffisante de la conduite (au moins 28 ans et trois ans de permis). Au fil d’au moins 3000 km et pendant au moins un an, et trois ans au maximum, il peut se confronter à de multiples situations de conduite (de jour, de nuit, par temps de pluie, de neige…).

Deux rendez-vous pédagogiques pratiques et théoriques
L’AAC fait l’objet d’un suivi pédagogique particulièrement sérieux. Même après la formation initiale, l’enseignant reste lié à l’apprenti et son accompagnateur, via au moins deux rendez-vous pédagogiques pratiques et théoriques (deux fois trois heures), véritables moments clés pour faire le point sur leur expérience de conduite et pour réfléchir ensemble sur différents thèmes de sécurité routière (vitesse, alcool, fatigue, vigilance, assurance… Voir l'article sur le rendez-vous pédagogique ci-dessous et "Quand l'apprentissage de la conduite passe par la prise de conscience du risque...").

Une démarche éducative collective
L’AAC s’inscrit dans une démarche éducative collective visant à responsabiliser tous les acteurs : apprentis conducteurs, accompagnateurs, enseignants de la conduite et même assureurs. Accompagner l’apprenti conducteur, c’est être garant de son comportement, mais c’est aussi l’occasion de remettre en question ses propres pratiques et apprendre à mieux partager la route.

Un moyen efficace de lutte contre les accidents
L’AAC se veut surtout un moyen efficace de lutte contre les accidents dont sont victimes les jeunes conducteurs, le plus souvent par manque d’expérience.

75 % contre 50 % de taux de réussite à l'épreuve pratique du permis
L’AAC est à ce jour choisi par plus d’un quart des apprentis conducteurs. Signe révélateur de la qualité de cette formation, leur taux de réussite à l’épreuve pratique du permis est bien supérieur à celui des jeunes ayant suivi la filière traditionnelle : 75 % contre 50 %.

Réduction de la surprime jeune conducteur
Les assureurs ne s’y trompent pas. Une fois le permis obtenu, ils sont nombreux à accorder aux jeunes de la filière AAC 50 % de réduction de la surprime jeune conducteur la première année, voire sa suppression totale la deuxième année.

> Pour en savoir plus : L'AAC sur le site de la Sécurité Routière

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  • Le rendez-vous pédagogique : un partage d’expériences

À Forbach, en Moselle, un samedi après-midi du mois de décembre. Cinq apprentis conducteurs et leurs accompagnateurs se retrouvent autour de Christian Gaudioso, enseignant de la conduite depuis plus de dix ans. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit du premier rendez-vous pédagogique prévu dans le cadre de l’AAC.

"Si vous pensez qu’au fond, un accident de la route est une fatalité, alors ce que l’on fait ici, en ce moment, ça ne sert à rien." Voilà pour Christian Gaudioso, enseignant de la conduite, l’occasion de rappeler l’utilité de ces rendez-vous pédagogiques dans le processus de formation qu’ils ont choisi.
Autour de lui, dix personnes : cinq duos, père-fils, père-fille ou mère-fils, qui font un point d’étape sur l’apprentissage de la conduite qu’ils suivent ensemble. Pour Nathalie, tout roule : déjà 3200 km parcourus à bord de la Ford Focus de son père. "Nathalie est extrêmement prudente… tout le contraire de son frère tout feu tout flammes. Elle veut tout maîtriser, surtout sa vitesse. De ce fait, quand c’est moi qui conduis en sa présence, j’apprends à me maîtriser!", avoue Luis, son père. Pour Laoussine, jeune retraité des Houillères du bassin de Lorraine, c’est tout le contraire avec sa fille Nora: 3000 km de routes et de parcours variés ont suffi à lui donner un peu trop confiance dans ses nouvelles capacités. Une "surconfiance", comme on dit dans ces formations, que procurent les progrès dans la maîtrise technique du véhicule. Mais bien conduire, c’est avant tout bien regarder la route, d’un regard qui s’acquiert patiemment au fil des ans et des kilomètres. Laoussine le sait, tempère sa fille, et Nora acquiesce.

Rendre compte de ses pratiques sur la route
La pédagogie, au cours de ces rendez-vous, c’est aussi ça: un partage collectif d’expériences, où chacun rend compte de ses pratiques de la route. "On n’est pas là pour juger ou contrôler. On est là pour se former et éventuellement changer nos représentations des dangers de la route", précise Christian Gaudioso, qui anime cette séance avec chaleur et brio pédagogique.

Combattre les idées reçues
Au cours de ces rendez-vous pédagogiques, Christian doit aussi lutter contre nombre d’idées reçues. Ainsi, Monique, qui accompagne sa fille Aline depuis 2 000 kilomètres, confie soudain à l’assemblée : "Petite, j’ai assisté à un accident. Une voiture brûlait dans le fossé et les gens, coincés à l’intérieur à cause de leur ceinture, tentaient en vain d’en sortir." Depuis, quand elle est seule, elle préfère ne pas mettre sa ceinture. Calmement, Christian commence par rappeler que le fonctionnement des ceintures a énormément progressé depuis le temps où Monique était petite fille. Qu’aucun accident de ce genre, depuis quinze ans qu’ils sont répertoriés de façon exhaustive dans les enquêtes "Réagir", ne s’est jamais reproduit. Que la ceinture de sécurité est avant tout faite pour prévenir l’éjection à laquelle ne survit qu’une personne sur 100. Il invoque même quelques images choc, rapportées de l’expérience des pompiers... De quoi frapper les consciences.

"Ancrer" la règle dans les esprits
"Nous ne souhaitons pas nous limiter à la transmission passive de la règle. ça ne suffit pas. Il faut l’ancrer plus profondément. C’est ça, l’esprit des rendez-vous pédagogiques", conclut Christian Gaudioso.

[1] L’AAC a été expérimenté en 1984 et généralisé en 1988.

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Avantage majeur :

à partir du 1er mars 2004, les jeunes qui auront suivi l’AAC seront soumis à une période probatoire de deux ans au lieu de trois ans (voir "le permis probatoire, ce qui change au 1er mars 2004").

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