- L'AAC
: savoir plus pour risquer moins
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Dès l’âge de 16 ans
L’AAC – ou "conduite accompagnée"
[1] – offre
la possibilité, dès l’âge de 16
ans, d’acquérir une expérience concrète
de la conduite avant l’obtention du permis de conduire.
Une "formation initiale" à la fois
théorique et pratique
Une "formation initiale" à la fois théorique
et pratique ouvre l’apprentissage. Toutes les connaissances
nécessaires pour adapter ses comportements à
l’environnement et aux autres y sont abordées,
comme dans la filière traditionnelle. Le candidat doit
réussir l’épreuve théorique générale
(l’examen du code), qui permet de contrôler l’acquisition
des connaissances. Côté pratique, l’apprenti
conducteur acquiert la maîtrise du véhicule et
des situations de conduite – sur route et en agglomération,
sur voie rapide et autoroute – au cours des quatre étapes
de la formation qui figurent dans son livret d’apprentissage.
Après la réussite du "code" et la
validation de la quatrième étape, le formateur
délivre l’attestation de fin de formation initiale.
La conduite accompagnée peut commencer
Avec cette attestation, la conduite accompagnée à
proprement parler peut commencer. L’apprenti conducteur
est autorisé à conduire un véhicule en
présence d’un accompagnateur, ayant une expérience
suffisante de la conduite (au moins 28 ans et trois ans de
permis). Au fil d’au moins 3000 km et pendant au moins
un an, et trois ans au maximum, il peut se confronter à
de multiples situations de conduite (de jour, de nuit, par
temps de pluie, de neige…).
Deux rendez-vous pédagogiques pratiques et
théoriques
L’AAC fait l’objet d’un suivi pédagogique
particulièrement sérieux. Même après
la formation initiale, l’enseignant reste lié
à l’apprenti et son accompagnateur, via au moins
deux rendez-vous pédagogiques pratiques et théoriques
(deux fois trois heures), véritables moments clés
pour faire le point sur leur expérience de conduite
et pour réfléchir ensemble sur différents
thèmes de sécurité routière (vitesse,
alcool, fatigue, vigilance, assurance… Voir l'article
sur le rendez-vous pédagogique ci-dessous et "Quand
l'apprentissage de la conduite passe par la prise de conscience
du risque...").
Une démarche éducative collective
L’AAC s’inscrit dans une démarche éducative
collective visant à responsabiliser tous les acteurs
: apprentis conducteurs, accompagnateurs, enseignants de la
conduite et même assureurs. Accompagner l’apprenti
conducteur, c’est être garant de son comportement,
mais c’est aussi l’occasion de remettre en question
ses propres pratiques et apprendre à mieux partager
la route.
Un moyen efficace de lutte contre les accidents
L’AAC se veut surtout un moyen efficace de lutte contre
les accidents dont sont victimes les jeunes conducteurs, le
plus souvent par manque d’expérience.
75 % contre 50 % de taux de réussite à
l'épreuve pratique du permis
L’AAC est à ce jour choisi par plus d’un
quart des apprentis conducteurs. Signe révélateur
de la qualité de cette formation, leur taux de réussite
à l’épreuve pratique du permis est bien
supérieur à celui des jeunes ayant suivi la
filière traditionnelle : 75 % contre 50 %.
Réduction de la surprime jeune conducteur
Les assureurs ne s’y trompent pas. Une fois le permis
obtenu, ils sont nombreux à accorder aux jeunes de
la filière AAC 50 % de réduction de la surprime
jeune conducteur la première année, voire sa
suppression totale la deuxième année.
> Pour en savoir plus : L'AAC
sur le site de la Sécurité Routière
- Le rendez-vous pédagogique
: un partage d’expériences
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À Forbach, en Moselle, un samedi après-midi
du mois de décembre. Cinq apprentis conducteurs et
leurs accompagnateurs se retrouvent autour de Christian Gaudioso,
enseignant de la conduite depuis plus de dix ans. Pour la
plupart d’entre eux, il s’agit du premier rendez-vous
pédagogique prévu dans le cadre de l’AAC.
"Si vous pensez qu’au fond, un accident de la
route est une fatalité, alors ce que l’on fait
ici, en ce moment, ça ne sert à rien."
Voilà pour Christian Gaudioso, enseignant de la conduite,
l’occasion de rappeler l’utilité de ces
rendez-vous pédagogiques dans le processus de formation
qu’ils ont choisi.
Autour de lui, dix personnes : cinq duos, père-fils,
père-fille ou mère-fils, qui font un point d’étape
sur l’apprentissage de la conduite qu’ils suivent
ensemble. Pour Nathalie, tout roule : déjà 3200
km parcourus à bord de la Ford Focus de son père.
"Nathalie est extrêmement prudente… tout
le contraire de son frère tout feu tout flammes. Elle
veut tout maîtriser, surtout sa vitesse. De ce fait,
quand c’est moi qui conduis en sa présence, j’apprends
à me maîtriser!", avoue Luis, son père.
Pour Laoussine, jeune retraité des Houillères
du bassin de Lorraine, c’est tout le contraire avec
sa fille Nora: 3000 km de routes et de parcours variés
ont suffi à lui donner un peu trop confiance dans ses
nouvelles capacités. Une "surconfiance",
comme on dit dans ces formations, que procurent les progrès
dans la maîtrise technique du véhicule. Mais
bien conduire, c’est avant tout bien regarder la route,
d’un regard qui s’acquiert patiemment au fil des
ans et des kilomètres. Laoussine le sait, tempère
sa fille, et Nora acquiesce.
Rendre compte de ses pratiques sur la route
La pédagogie, au cours de ces rendez-vous, c’est
aussi ça: un partage collectif d’expériences,
où chacun rend compte de ses pratiques de la route.
"On n’est pas là pour juger ou contrôler.
On est là pour se former et éventuellement changer
nos représentations des dangers de la route",
précise Christian Gaudioso, qui anime cette séance
avec chaleur et brio pédagogique.
Combattre les idées reçues
Au cours de ces rendez-vous pédagogiques, Christian
doit aussi lutter contre nombre d’idées reçues.
Ainsi, Monique, qui accompagne sa fille Aline depuis 2 000
kilomètres, confie soudain à l’assemblée
: "Petite, j’ai assisté à un accident.
Une voiture brûlait dans le fossé et les gens,
coincés à l’intérieur à
cause de leur ceinture, tentaient en vain d’en sortir."
Depuis, quand elle est seule, elle préfère ne
pas mettre sa ceinture. Calmement, Christian commence par
rappeler que le fonctionnement des ceintures a énormément
progressé depuis le temps où Monique était
petite fille. Qu’aucun accident de ce genre, depuis
quinze ans qu’ils sont répertoriés de
façon exhaustive dans les enquêtes
"Réagir", ne s’est jamais reproduit.
Que la ceinture de sécurité est avant tout faite
pour prévenir l’éjection à laquelle
ne survit qu’une personne sur 100. Il invoque même
quelques images choc, rapportées de l’expérience
des pompiers... De quoi frapper les consciences.
"Ancrer" la règle dans les esprits
"Nous ne souhaitons pas nous limiter à la transmission
passive de la règle. ça ne suffit pas. Il faut
l’ancrer plus profondément. C’est ça,
l’esprit des rendez-vous pédagogiques",
conclut Christian Gaudioso.
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