Pourquoi
cette réforme du permis probatoire ?
Il est impératif de responsabiliser les conducteurs
novices et de mieux les encadrer. Il n’est plus possible
de continuer à accepter que les 18-24 ans – qui
constituent 9 % de la population – représentent
près de 22 % des tués sur la route. Mais le
permis probatoire concerne également les moins jeunes
dont le permis a été invalidé. Il importe
d’ancrer dans l’esprit du public que, désormais,
l’obtention du permis de conduire s’effectue dans
une certaine durée. Plus qu’un document administratif
exigé pour la conduite des véhicules à
moteur, le permis obtient là un statut plus affirmé,
celui d’un titre sanctionnant une véritable aptitude
à respecter la règle, à respecter les
autres et à bien se conduire sur la route.
Est-ce à relier aux nouvelles épreuves
théorique et pratique ?
Bien entendu. La réforme de fond du permis de conduire
initiée par les pouvoirs publics se décline
autour de plusieurs actions et constitue un ensemble cohérent
grâce à des épreuves rénovées
et allongées de l’examen du permis de conduire.
Il importe d’assurer une meilleure formation des conducteurs.
À l'instar des pays européens qui enregistrent
les meilleurs résultats dans le domaine de la sécurité
routière, le permis de conduire est confirmé
comme un élément déterminant du volet
éducatif et préventif de la lutte contre l’insécurité
routière.
Qu’en est-il du nouveau rôle des inspecteurs
du permis de conduire et de la sécurité routière
?
Il est évident que les inspecteurs du permis de conduire
et de la sécurité routière sont les acteurs
privilégiés de la réforme de l’examen
du permis de conduire, et je tiens à les remercier
pour leur dévouement quotidien à cette mission.
Le renforcement très important de l’effectif
de ce corps, entrepris entre 2001 et 2003 (+ 230 postes),
a été poursuivi en 2004 avec la création
de 100 postes supplémentaires. L’objectif est
de permettre un accès plus rapide à l’obtention
du permis de conduire et de répondre dans les plus
brefs délais aux dispositions de la directive
européenne du 29 juillet 1991 augmentant la durée
de l’examen pratique. Mais en complément de cet
aspect essentiel du métier, les inspecteurs du permis
de conduire sont de plus en plus appelés à jouer
un rôle actif dans la politique de sécurité
routière au plan local. Désormais rattachés
aux DDE et dotés de compétences importantes
en matière de sécurité routière,
les inspecteurs vont de plus en plus participer aux opérations
menées localement telles que les actions de formation,
les animations, l’amélioration de la lisibilité
de la route. Les évolutions importantes de leur contexte
professionnel sont assurément de nature à valoriser
l’image de marque de ces fonctionnaires dans l’esprit
du public.
Les réformes s’inscrivent dans un nouvel
esprit d’éducation routière…
En effet. Si, comme nous venons de le voir, l’examen
du permis de conduire est l’un des temps forts de la
formation des conducteurs, il n’est pas suffisant à
lui seul. Il est très important d’assurer une
formation s’étalant dans le temps, avant et après
le permis. Cette formation continue a pris corps avec le renforcement
des liens avec l’Éducation
nationale et la nouvelle obligation de présenter
l’ASSR 2e niveau (ou l’ASR) pour se voir délivrer
le permis de conduire. Cette obligation concerne toutes les
personnes qui ont atteint l’âge de 16 ans au 1er
janvier 2004. De même, après le permis, les conducteurs
qui commettent des infractions sérieuses entraînant
le retrait d’au moins 3 points sont obligés de
suivre un stage spécifique de sensibilisation à
la sécurité routière. Enfin, il convient
d’amplifier le développement des actions de formation
dans le cadre des plans de prévention du risque routier
dans les entreprises.
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