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Interview
Rémy Heitz, délégué interministériel à la sécurité routière

2003 restera, dans le domaine de la sécurité routière, une année particulièrement marquante. Jamais, en effet, le nombre de tués et de blessés sur les routes n’a connu de baisse aussi importante sur une période aussi courte. Rémy Heitz souhaite se voir confirmer cette tendance en faisant de l'année 2004, "l'année du permis de conduire... avec l'objectif prioritaire de protéger les jeunes". Une réforme du permis de conduire qui passe par un impératif : "assurer une formation s’étalant dans le temps, avant et après le permis".


Photo : Rémy Heitz, délégué interministériel à la sécurité routièrePourquoi cette réforme du permis probatoire ?
Il est impératif de responsabiliser les conducteurs novices et de mieux les encadrer. Il n’est plus possible de continuer à accepter que les 18-24 ans – qui constituent 9 % de la population – représentent près de 22 % des tués sur la route. Mais le permis probatoire concerne également les moins jeunes dont le permis a été invalidé. Il importe d’ancrer dans l’esprit du public que, désormais, l’obtention du permis de conduire s’effectue dans une certaine durée. Plus qu’un document administratif exigé pour la conduite des véhicules à moteur, le permis obtient là un statut plus affirmé, celui d’un titre sanctionnant une véritable aptitude à respecter la règle, à respecter les autres et à bien se conduire sur la route.

Est-ce à relier aux nouvelles épreuves théorique et pratique ?
Bien entendu. La réforme de fond du permis de conduire initiée par les pouvoirs publics se décline autour de plusieurs actions et constitue un ensemble cohérent grâce à des épreuves rénovées et allongées de l’examen du permis de conduire. Il importe d’assurer une meilleure formation des conducteurs. À l'instar des pays européens qui enregistrent les meilleurs résultats dans le domaine de la sécurité routière, le permis de conduire est confirmé comme un élément déterminant du volet éducatif et préventif de la lutte contre l’insécurité routière.

Qu’en est-il du nouveau rôle des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière ?
Il est évident que les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière sont les acteurs privilégiés de la réforme de l’examen du permis de conduire, et je tiens à les remercier pour leur dévouement quotidien à cette mission. Le renforcement très important de l’effectif de ce corps, entrepris entre 2001 et 2003 (+ 230 postes), a été poursuivi en 2004 avec la création de 100 postes supplémentaires. L’objectif est de permettre un accès plus rapide à l’obtention du permis de conduire et de répondre dans les plus brefs délais aux dispositions de la directive européenne du 29 juillet 1991 augmentant la durée de l’examen pratique. Mais en complément de cet aspect essentiel du métier, les inspecteurs du permis de conduire sont de plus en plus appelés à jouer un rôle actif dans la politique de sécurité routière au plan local. Désormais rattachés aux DDE et dotés de compétences importantes en matière de sécurité routière, les inspecteurs vont de plus en plus participer aux opérations menées localement telles que les actions de formation, les animations, l’amélioration de la lisibilité de la route. Les évolutions importantes de leur contexte professionnel sont assurément de nature à valoriser l’image de marque de ces fonctionnaires dans l’esprit du public.

Les réformes s’inscrivent dans un nouvel esprit d’éducation routière…
En effet. Si, comme nous venons de le voir, l’examen du permis de conduire est l’un des temps forts de la formation des conducteurs, il n’est pas suffisant à lui seul. Il est très important d’assurer une formation s’étalant dans le temps, avant et après le permis. Cette formation continue a pris corps avec le renforcement des liens avec l’Éducation nationale et la nouvelle obligation de présenter l’ASSR 2e niveau (ou l’ASR) pour se voir délivrer le permis de conduire. Cette obligation concerne toutes les personnes qui ont atteint l’âge de 16 ans au 1er janvier 2004. De même, après le permis, les conducteurs qui commettent des infractions sérieuses entraînant le retrait d’au moins 3 points sont obligés de suivre un stage spécifique de sensibilisation à la sécurité routière. Enfin, il convient d’amplifier le développement des actions de formation dans le cadre des plans de prévention du risque routier dans les entreprises.

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