Quelle place cette loi prend-elle dans le
chantier présidentiel et dans le contexte d’amélioration
des statistiques d’accidents ?
La lutte contre l’insécurité routière
est le premier des trois grands chantiers présidentiels.
Elle s’inscrit dans la durée et est marquée
par un engagement et une détermination inébranlables
du gouvernement pour mettre fin à la barbarie routière.
Certains trouvent ce terme, comme d’ailleurs celui de
délinquance routière, excessif, mais existe-t-il
d’autres façons d’exprimer le sort de victimes
le plus souvent innocentes, et d’imaginer les drames
vécus par les familles ? Face à cette situation
intolérable, notre priorité, comme cela a été
rappelé lors des États généraux,
consistait en premier lieu à mieux faire respecter
les règles existantes. La mobilisation exemplaire de
l’ensemble des services de l’État, rencontrant
une opinion publique qui n’attendait que cela, a permis
d’obtenir de premiers résultats encourageants
avec une baisse de 1 405 tués et de 25 215 blessés
entre juillet 2002 et juin 2003. Nous ne pouvons pour autant
nous satisfaire de cette situation et accepter que l’inconscience
routière puisse encore tuer plus de 6 000 personnes
chaque année sur nos routes. Pour que cette tendance
se confirme et s’amplifie, il nous fallait un signe
fort porté par la représentation nationale.
C’est le sens de la loi adoptée par le Parlement
en juin dernier. S’agissant de la vie des gens, il faut
bien que chacun comprenne que la pression ne se relâchera
pas et qu’il est du devoir du gouvernement d’agir
avec toujours plus d’efficacité. Je ne voudrais
pas pour autant que l’on considère que la prévention
et la formation sont oubliées. De nombreuses dispositions
sont prévues en ce sens dans la loi, mais j’insiste
encore sur le respect des règles, qui est à
la base du changement de comportement du conducteur, et qui
nous permettra de sauver chaque année des milliers
de vies, et d’épargner des centaines de milliers
de souffrances physiques ou morales.
Sur quels aspects préventifs cette
loi met-elle l’accent ?
Comme je le disais précédemment, ce volet
préventif est très présent dans la loi.
C’est ainsi que le permis
probatoire va permettre aux nouveaux conducteurs de se
former progressivement. Des mesures aussi attendues que l’aggravation
des sanctions à l’égard de ceux qui commercialisent
des détecteurs de radars ou des kits de débridage
des cyclomoteurs préviendront certains excès
meurtriers. La loi permet de s’attaquer plus efficacement
aux causes d’accidents pouvant provenir de l’infrastructure,
en particulier des obstacles latéraux, ou des véhicules.
Elle prévoit également la possibilité
d’améliorer les moyens de connaissance de l’accidentologie
en développant nos échanges d’informations
avec les collectivités territoriales, qui ont un rôle
tout à fait essentiel à jouer en matière
de prévention et, le cas échéant, de
répression. Enfin, et sans être exhaustif, seront
renforcés un certain nombre de dispositifs de prévention
concernant les professionnels de la route qui ont la volonté
d’être exemplaires en la matière.
À quel moment considérerez-vous que le combat
sera "gagné" ?
J’ai dit à plusieurs reprises que toute
mort sur la route est intolérable. Je redirai donc
qu’il faut se battre jusqu’au dernier mort et
jusqu’au dernier blessé. Notre objectif "zéro
mort, zéro blessé sur les routes" se fonde
sur l’engagement des pouvoirs publics que tous les accidents
liés à une faute humaine doivent être
combattus avec la plus totale détermination. Cela passe
par la certitude que l’on n’échappera pas
au contrôle et qu’il n’y a rien à
attendre d’une éventuelle indulgence. Ma seule
conviction est que nos marges de progrès sont encore
très importantes et qu’il est de notre devoir
de les faire progresser sans attendre.
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