Le contrôle-sanction automatisé
constitue-t-il une avancée importante du système
de
sanctions ?
Il s’agit d’une évolution essentielle de
notre procédure pénale. La certitude de la sanction
importe autant que sa sévérité. Il était
donc indispensable de favoriser au maximum le recours à
des appareils de contrôle automatique, qui flashent
les véhicules en infraction, identifient informatiquement
leur propriétaire, et adressent à ce dernier
un avis d’amende forfaitaire. La loi
du 12 juin 2003 comporte de nombreuses dispositions en
ce sens. La plus importante est celle qui, pour limiter les
réclamations abusives ou dilatoires qui risqueraient
d’asphyxier les tribunaux, restreint ces réclamations
à de strictes conditions. Par exemple, le titulaire
de la carte grise qui conteste l’amende forfaitaire
qu’il a reçue devra soit prouver le vol ou la
destruction de son véhicule, soit communiquer l’identité
de la personne à qui il avait prêté son
véhicule, soit, à défaut, s’acquitter
du paiement d’une consignation préalable, égale
au montant de l’amende.
Sentez-vous une forte mobilisation des autorités
judiciaires en faveur de la sécurité routière
depuis le 14 juillet 2002 ?
Il est clair que les magistrats du parquet et du siège
ont pris conscience de la gravité des infractions routières
et qu’ils se sont mobilisés. Les
propos du président de la République, ainsi
que les réformes engagées, n’ont pu que
renforcer leur détermination. Je voudrais donner trois
exemples. Concernant les modes de poursuites, on observe que
la procédure de comparution immédiate est de
plus en plus utilisée en cas de délit de conduite
sous l’empire de l’alcool, surtout si la personne
est récidiviste ou si son permis a été
suspendu. S’agissant des peines prononcées, celles-ci
sont de plus en plus sévères. À cet égard,
la loi étend les cas dans lesquels les accidents mortels
de la circulation commis avec deux circonstances aggravantes
seront punis de dix ans d’emprisonnement. La loi a rajouté
comme circonstances aggravantes l’usage de stupéfiants
au volant, l’absence de permis de conduire et le très
grand excès de vitesse. Concernant les primo-délinquants,
j’ai voulu que, dans la loi
du 9 septembre 2002, des stages de sensibilisation à
la sécurité routière comme alternatives
aux poursuites puissent constituer une des mesures de la composition
pénale. Avec la loi du 12 juin 2003, ces stages constituent
une peine.
Quelles seront les actions du ministère pour assurer
une plus grande égalité de traitement du contentieux
routier sur le territoire national ?
L’arsenal législatif mis en place depuis
un an est très diversifié. Il permet de répondre
à des profils de conducteurs très différents
qui vont du jeune conducteur qui, pour la première
fois, commet une contravention au Code de la route, au récidiviste
qui cause un accident mortel. Par ailleurs, il est essentiel
d’assurer la cohérence des politiques pénales
de lutte contre la violence routière sur l’ensemble
du territoire. D’ici quelques mois, je crois qu’il
conviendra d’établir un premier bilan de la mise
en application de ces nouvelles dispositions. Si cela est
nécessaire, j’adresserai au parquet une circulaire
générale de politique pénale récapitulant
les différentes réformes intervenues, donnant
des directives précises concernant l’application
des nouveaux textes. Ces instructions générales,
sortes de "guidelines" (directives), permettront
ainsi d’harmoniser les pratiques des différents
parquets.
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