Quels sont les résultats concrets des travaux
de la mission ?
L'objectif qui nous a été donné en février
dernier était d'installer 100 radars avant la fin 2003
et 1 000 à l'horizon 2005, et de faire fonctionner
un système de contrôle-sanction automatisé.
Tous les appels d'offres ont été lancés,
pour les appareils comme pour les systèmes informatiques
de traitement des amendes. Les délais seront respectés.
Comment y êtes-vous parvenus ?
Ce vaste chantier recouvrait une large mission de coordination.
Nous avons mobilisé les services de cinq ministères
et d'une vingtaine de directions de services : la
comptabilité publique pour le recouvrement des
amendes, la
Justice, pour le respect des règles, lois et procédures,
l'Industrie,
pour l'homologation des appareils, l'Intérieur,
l'Équipement…
Nous avons travaillé sur le lancement des études
préalables, y compris juridiques, jusqu'à l'élaboration
des cahiers des charges et le lancement des appels d'offres.
Quels grands choix ont été faits pour
lancer le système ?
Nous avons opté dès le départ pour un
système fondé sur l'automatisme, depuis le contrôle
des véhicules sur les routes jusqu'à l'envoi
des contraventions et au paiement des amendes. Nous avons
fait le choix de passer directement au numérique, la
seule technologie permettant l'automatisation de la quasi-totalité
des opérations. Nous avons aussi fait le choix de la
centralisation. Un centre de traitement unique va être
monté, géré par un prestataire extérieur.
Il sera à la fois chargé de développer
les logiciels et d'en assurer le fonctionnement, sous le contrôle
d'officiers du ministère public.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées
?
Les principales difficultés sont de nature juridique,
technique et organisationnelle. Par exemple, normalement,
l'officier ministériel compétent est celui du
domicile du contrevenant. Il a fallu adapter la loi pour que
cela devienne le lieu de traitement. Sur le plan technique,
il fallait que les appareils soient homologués et que
toutes les institutions intervenantes (Justice, Finances,
fichiers des immatriculations etc.) se mettent d'accord sur
l'organisation du système de circulation des informations.
Il y a eu aussi la mise en conformité avec les exigences
de la CNIL
qui a imposé de rendre disponible la photo sur simple
demande, avec une obligation de discrétion concernant
les passagers du véhicule.
Quelles solutions novatrices ont été
trouvées ?
Pour le paiement spontané des amendes, nous allons
mettre en place un nouveau système avec le ministère
des Finances pour faire face à l'afflux des paiements.
En cas de contestation ou de désignation d'un conducteur
n'étant pas le propriétaire, un système
d'appui et de remontée d'informations devra faciliter
la tâche, y compris par l'envoi en direct d’informations
au greffe du tribunal pour faciliter sa tâche.
Que se passerait-il si le système était
noyé sous le nombre des infractions ?
Normalement, le système est dimensionné pour
que cela n'arrive pas. Mais cette possibilité a néanmoins
été étudiée ; le système
est souple et adaptatif. Le but n'est pas de "faire"
de la contravention, mais bien que les conducteurs ralentissent.
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